J0MAK1AS FROCK
fte dites rieo. Je veux vms faire une question bien sérieuse : Pourquoi n'allez-voiis jamais a l'église?
— Quel rapport cela a-t-ii avec le bonheur, ma chère Lénore?
— Vous le demandez? Ne m'avez- vous pas dit vousmême plus d'trae fois : « Sans la religion il n'est pas de bonheur. •
— - Mais, mademoiselle, l'église n'est pas la religiofi, et Diea est partout.
Léoore réfléchit un moment, secoua la tête, et répondit : Vous savez toujours quelque chose -qui m'embarrasse; et cependant cette fois je vois bien que vous avez tort. Vous pourriez être un homme accompli , si vous alliez à l'église.
— Le Christ n'élait-il pas plus accompli que nous, mademoiselle? mais, dites-moi , allai t-H dans des églises catholiques, luthériennes ou réformées? Si vous pouvez me dire 'positivement où il allait, je suis tout disposé à Fy suivre.
Lénore ne sut que répondre. — fl n'était ni catholique, ni réformé, ni luthérien, di^elle. — Mais qo'êtesvous donc? — Quoi ! vous n'êtes pas catholique comme nous? — Êlès-vous pewt-êlre, ajotffa-t^Be timidement, êtes- vous peut-être luthérien? «0h I non , vous ne l'êtes pas. Dites que vous ne l'êtes pas !
— Perdrais^e quelque chose a vos yeux , sî je n'allais pas a l'église? répondit Frock.
— Ah I cela est bien triste ! dit Lénore «en soupirant et en s'agitant sur une chaise. Frock eut grand'pehfe a l'apaiser.
Lorsqu'il revint il trouva Lénore plus sérieuse que de coutume. 11 remarqua eu elle uue singulière inquiétude et comme une sorte 4e «Oflipstisioa pour lui ; il tira un livre de sa poche, et le lui remit en disant : Ceci vous instruira et vous tranquillisera mieux que je ne le pourrais faire peut-dire.
— Oh! si c'était possible! dit Lénore avec chaleur.
Elle prit le livre. C'était Nathan le Sage, de Lessing.