CHAPITRE III
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La lante Sara n'avait pas la moindre envie de mourir, el elle laissait sans inquiétude les quatre facultés se disputer son héritage. Elle gagnait à cette rivalité : les mor- î ceaux friands du philosophe, les consolations de la théo- j logie, la protection et le secours de la jurisprudence, et les soins de la médecine. Le docteur Falk n'était pas moins bien venu que les autres, mais il n'obtenait nulle préférence; seulement, lorsque la mort frappait en passant à la porte de la vieille fille, le médecin devenait tout à coup le plus cher de ses neveux.
— Vite, monsieur le docteur! accourez! mademoiselle Sara est dangereusement malade ! s'écria un matin la gouvernante de la bonne demoiselle en entrant dans la maison de Falk. En ce moment il se trouvait assis dans un fauteuil, et tenait dans ses bras sa Suzette qui pleurait. Falk savait trop bien que les maladies de sa tante n'étaient jamais dangereuses. Il promit à la gouvernante d'y courir promptement, mais il resta auprès de sa femme pour la consoler.
Cependant ses consolations ne produisaient pas d'effet; Suzette pleurait toujours, et le pauvre docteur ne savait pas pourquoi.
— Mais qu'as-tu donc, ma chère Suzette? disait-il. Tu me tues par tes pleurs et ton silence !
— Eh bien, écoute-moi donc! dit-elle. Ah!
— Bon, Suzette, j'ai entendu; mais après?
— Nous avons quatre enfants.
— Qui sont les plus jolis de la ville, doux, bien élevés
— Ah! de vrais anges!.... Et elle se mit de nouveau à gémir.
— Tu as raison; de vrais anges Mais est-ce donc
une raison pour pleurer ?
— Non, mon ami; mais que deviendront- ils par la suite ? Ah !
— Suzette, console- toi, Dieu y pourvoira.
— Mais plus ils grandissent , plus ils nous embarrassent. Comment ferons-nous pour les élever convenablement? Ah! mon ami, si maintenant.....
— Quoi donc?
— Ah! dit-elle en gémissant avec plus de force.
— Mais quoi donc ? s'écria le docteur dans une inquiétude mortelle.
Elle cacha son visage contre le sein de son mari et l'embrassa avec tendresse. Puis elle lui dit à voix basse : Je vais être mère pour la cinquième fois.
A la nouvelle de cette paternité inespérée, le docteur fut a son tour tenté de gémir; mais il cacha sa stupeur le mieux qu'il put : Ce n'est rien que cela, Suzette ! ditil. Bon, il ne faut pas se désoler!
— Mais, mon ami, nous sommes déjà si pauvres !
— Tranquillise-toi ; le ciel ne nous abandonnera pas !
Sozette «ftU suffisamment pleuré ; etyt g* IrqvfKlUsa d'elle-même. Mais le docteur» qpi n'avail pu donner <*urs à ses larmes, était moins tranquille ty ^U^t ot VflUfttft dans la chambre , regardait par la fenêtre; x\m ty> pâmait le distraire. — Tous les ans plus d'enfante, $i moins de pain! se disait-il en soupirant, il en tôt oublié la maladie de la tante Sara, si Suzette ne lui eût rappelé qu'il était temps de courir auprès d'eW£.
LA VIBUXE ÏJLLB. 453