CHAPITRE VI
lia Providence*
C'est ainsi que les quatre facultés s'étaient mutuellement ruinées de fond en comble. Le docteur Falk riait de ce qui faisait le désespoir de ses trois cousins, mais non pas Suzelte ; elle lui fit de violents reproches au sujet de la gaucherie qui l'avait fait expulser des bonues grâces de la vieille tante. — Tu as raison, lui dit-il en l'entraînant sur ses genoux, je n'aurais pas dû dire une semblable chose, mais je ne pensais pas a elle ; ce n'est pas ma faute, en vérité ; je ne sais où j'avais la tête hier, lorsque te te quittai.
— Je ne te ferais pas ces reproches, si je n'étais persuadée que ma tante nous en voudra jusqu'à sa mort, répondit Suzette; car une vieille fille ne pardonne pas de telles offenses; et cela est plus fâcheux pour nous que jamais. L'hiver est rude, et , tu le sais, notre bourse est presque vide. Ah ! mon ami, qu'as-tu fait?
On frappa à la porte. La vieille servante de Sara se présenta ; elle apportait un billet cacheté, et elle pria le docteur de se rendre au plus tôt chez sa tante qui voulait
lui parler. Elle était encore au lit, mais elle se trouvait mieux que la veille.
— Bien, je viens! dit ledocteup; et il congédia la ser-
vante. Lo billet était assez lourd ; il l'ouvrit avec empressement, et il en tomba dix ducats. — Vois donc, Suzettel s'ccria-t-il avec surprise. 11 eï&mirtâ l'adresse. La suscription portait réellement le nom du docteur Falk. — Voilà un véritable miracle 1 s'écrit H docteur. Vois , la Providence a veillé sur nous et sur nos enfants! Nous voilà pourvus pour l'hiver. Pourquoi donc pleurer encore, ma Suzette ?
~ Ah! s'écria Suzette eu se Jetant au cou de son mari. Je pleure de joie! Mais j'ai tant prié toute la nuit, qu'il devait nôils arrtver quelque bonheur.
Falk serra sa Suzette dans ses bras ; mais il ne lui répondit pas, car il ne lui laissait pas voir volontiers ses émotions.
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