‹ Contes suissesChapitre 145 sur 159 · HAP1TRE VIL · texte numérisé non relu

HAP1TRE VIL

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Quelques moments après le docteur se présenta devant le lit de la tante Sara. 11 lui prit la main avec reconnaissance, en disant : Ma chère tante, Suzette et moi nous vous devons beaucoup pour ce nouveau bienfait!

— Mon neveu, dit gracieusement Sara, il y a' longtemps que j'avais une dette h acquitter envers vous.

— Me pardonnez-vous mes paroles étourdies? dit le docteur.

La tante se «ouvrit le visage de son mouchoir. Après un instant de silence, elle répondit sans le regarder : Mon neveu, j'ai mis toute ma confiance en vous... ma vie en dépend. Pourrez- vous, voudrez-vous me garder le secret?

Le docteur promit tout ; mais elle ne se calma pas. Elle lui jura qu'il aurait un jour toute sa fortune, s'il savait se taire. Il fit alors un serment solennel. — Je sais que votre jeune ménage est souvent embarrassé , lui ditelle. Je veux venir loger chez vous, car ma vieille servante devient trop cassée; et d'ailleurs il faut bien que je quitte cette maison, ajouta-t-elle en gémissant. Tant que vous me garderez le secret, je vous donnerai chaque année mille florins, et a ma mort tout vous reviendra.

Le docteur passait de surprise eu surprise.

— Mais il faut que tous alliez demeurer avec moi hors de la ville. Je tous céderai en toute propriété ma grande maison devant le rempart, avec toutes ses dépendances. — Vous connaissez bien ma maison, auprès de l'auberge de la Bataille d'Aboukir, celle dont j'ai hérité de mon frère?

Le docteur promit d'aller habiter cette maison dès le lendemain, en dépit de la rigueur de la saison.

— D'abord , pour les premiers frais que vous aurez k faire, vous trouverez sur cette table quatre rouleaux d'écus neufs. Prenez-les, mon neveu.

Le .docteur étendit la main sur la table, et promit de garder un silence éternel sur le secret qu'elle allait loi conûer.

Mais, après tous ces préambules , Sara ne pouvait encore se décider a révéler ce grand secret. Chaque fois qu'elle se disposait a parler, la parole expirait sur ses lèvres , et elle se cachait le visage en gémissant. Ses hé* sitations et ses pleurs durèrent assez longtemps. Les deux mains appuyées sur sa canne, le docteur attendait avec patience.

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