‹ Contes suissesChapitre 149 sur 159 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Mariette.

La Napoule n'est, il est vrai, qu'un petit endroit star les bords du golfe de Cannes; mais on le connaît dans toute la Provence. Il repose à l'ombre d'un épais bois d'orangers ; c'est la , dit-on , que l'on trouve les vins les plus généreux, les roses les plus suaves et les filles les plus belles. Je l'ignore , mais je le crois volontiers. C'est dommage que la Napoule soit si petite, et qu'elle ne produise pas plus de vins, de roses et de filles.

Il faut que la petite Mariette ait été un miracle de beauté parmi les belles filles de la Napoule , car la chronique a conservé son nom; et la chronique avait de bonnes raisons pour parler d'elle, car la petite Mariette, qui avait été élevée à Avignon, tourna toutes les têtes du lieu dès son arrivée.

Manon , sa mère , eût peut-être mieux fait de rester à Avignon ; mais elle eut un petit héritage a recueillir a la Napoule, et se trouva propriétaire d'un petit domaine avec quelques vignes, et d'une jolie maison située au pied d'un rocher, entre des oliviers et des acacias d'Afri-

que. C'était une pauvre veuve, et, dans ses idées, elle se trouvait ptas riche et f lus booremo ^tte si eUe eût été comtesse de Provence.

Les Napoulois n'en furent que plus malheureux, lis n'avaient pas lu Homère/ et Us Ignoraient qu'une jolie femme avait mis jadis toute la Grèce et l'Asie en émoi.

LA CRUCftt CASSÉE. 473

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