‹ Contes suissesChapitre 150 sur 159 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

lin Mallieur.

il y avait h pefaie quinze Jours cfiïe Mariette habitait sa jolie maison an milieu des ôtfVrers et des acacias d'Afrique, que tous les jeunes gens dfe Napoule savaient qu'il n'y avait pas dans fa province une aussi Jolie fille que dans cette maison.

Traversait-elle la Napoule en jupe c<Wirlé avec dés basquittes d'un vert pâle, la tête couverte d'un petit chapeau gris orné d'une fleur d'oranger, oti voyait partout s'ouvrir les portes et les fenêtres sut son passage. — Bonjour, disait l'un ; vous voila, Mariette^ disait l'autre ; et elle saluait tout le monde en souriant.

Quand Mariette entrait dans l'église , les yeux des garçons se détournaient de l'autel ou de la chaire , et leurs doigts s'embrouillaient dans les grains de leurs chapelets; ce qui devait assurément causer un grand scandale, surtout parmi les dévotes.

Dans ce temps les jeunes filles de la Napoule étaient sans doute fort dévotes , car elles se montraient les plus scandalisées. Il est vrai que plus d'un futur s'était montré refroidi , que plus d'uu amant s'était éloigné de sa maîtresse, depuis l'arrivée de Mariette. Cela causa partout beaucoup de disputes et de reproches, de larmes et de

colères. On ne parlait plus de noces, mais de séparations. On se renvoyait les gages de fidélité, les anneaux et les rubans. Les parents se mêlaient des querelles de leurs enfants. La zizanie se répandait de maison en maison. C'était une plainte universelle,

— Mariette est cause de tout cela 1 disaient les jeunes filles ; les mères le répétaient, et les jeunes gens les imitaient pour s'excuser. Mais Mariette, dans sa simplicité et son innocence , ne soupçonnait rien de ce qui se passait, et se montrait la même pour tout le monde. Aussi ne pouvait-on la voir sans l'aimer, et avant qu'une année se fût écoulée elle avait acquis tous les cœurs. Pour elle, elle ne pensait pas qu'elle fût autant aimée, comme elle n'avait pas soupçonné qu'on eût pu la haïr.

C'était a qui réparerait l'injustice qu'on avait commise envers Mariette; et la compassion amenait insensiblement la tendresse. Partout on la recevait plus amicalement que jamais, et il n'y avait pas de fête ui de danse sans elle.

hk CRUCHB CASSÉE; 477

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