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CHAPITRE III

Colin.

Mais tous les hommes n'ont pas reçu le don de la douce pitié. Le jeune Colin , le plus riche des fermiers de la Na poule, Colin qui n'aurait pas pu parcourir en un jour toutes ses vignes et ses plants d'oliviers, ses bois de citronniers et d'orangers, était un exemple de cette dureté d'âme. Ce qui démontre déjà la méchanceté de son caractère, c'est qu'il était arrivé à l'âge de vingt-sept ans sans avoir demandé à quoi bon est une fille.

Beaucoup de gens, surtout les femmes d'une certaine jeunesse, tenaient, il est vrai, Colin pour le meilleur garçon de la terre. Sa tournure, ses manières simples et aisées, son regard, son sourire surtout, avaient le bonheur de plaire à ces gens-la; mais il ne faut pas se fier aux décisions de semblables juges.

Toute la Napoule s'était réconciliée avec l'innocente Mariette, et Colin était le seul qui n'eût pas montré de pilié pour la pauvre enfant. Si la conversation se tournait sur Mariette, Colin restait muet; s'il la rencontrait dans la rue, il devenait tour a tour rouge et pâle de colère, et il lui lançait des regards meurtriers quand elle s'éloignait.

Lorsque le soir les jeunes gens se rassemblaient au

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bord de la mer, près des ruines d'un vieux château | pour se livrer a mille jeux , danser sur là verdure ou chanter les airs de la Provence, Colin n'y manquait pas; mais, dès que Mariette arrivait, il Cessait de chanter ou de rire. Toutes les filles voyaient Colin avec plaisir, et il se montrait aimable avec toutes; ce n'était que pour Ma* riette qu'il n'avait jamais un compliment.

La vengeance est douce ; mais la fille de Manon ne connaissait pas ce plaisir-là. Elle eûi pu répondre an ier Colin par ses dédains; mais loin de la* quand il devenait triste, le sourire disparaissait des lèvres de Mariette) lorsqu'il s'éloignait de la danse > elle n'y restait pas longtemps, et, rentrée au logis, elle versait des larme» aant abondantes que celles.de sainte Madeleine, bien qu'elle n'eût pas péché moitié autant qu'elle.

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