CHAPITRE E
I<» Cruche camée.
De grand matin Mariette vint & la source avec sa cruche. Il n'y avait pas encore de fleurs sur le rocher; le soleil sortait à peine des flots de la mer.
Elle entendit des pas. C'était Colin; il portait ses fleurs à la main. Mariette rougit extrêmement. Colin balbutia : Bonjour, Mariette ; mais il pouvait a peine parler.
— Pourquoi portes-tu publiquement mon ruban, Colin? dit Mariette en posant sa cruche sur le rocher. Je ne te l'ai pas donné.
— Tu ne me Tas pas donné, chère Mariette? demanda-t-il en pâlissant.
Mais elle eut honte de mentir; elle baissa les yeux, et dit après un moment de silence : Oui, je te l'ai donné, mais non pas pour le porter. Rends-le-moi.
Colin le détacha lentement; sa colère était si grande, que des larmes de dépit roulèrent dans ses yeux.
— Chère Mariette, laisse-moi ton ruban 1 dit-il douce* ment.
— Non ! répondit-elle.
La colère de Colin se changea alors en désespoir. Il leva les yeux au ciel, les reporta sur Mariette, et entourant les fleurs du ruban ; Prends donc tout! s'écria-t-il.
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El il lança le bouquet si malicieusement contre la cruche, qu'ëtîe tomba dtt rocher et se brisa en mille places. Puis il prit la fuite.
La mère de Manoir avait ton? vu et entendu de sa fenêtre. Mais lorsqu'elle vit tomber la cruche, elle en demeura sans voix et sans mouvement. — H me la payera de son or! s'écria-t-elle enfin hors d'elle-même; je vais porter plainte au juge ! Et, prenant Mariette par la main,
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