‹ Contes suissesChapitre 157 sur 159 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

IJa Sentence*

Tenant les débris de b cruche d'une» main e 6 Manette de l'autre *, la mère Manon se présenta k> Vaudéeitëe do juge> Manoa pwta sa pkak»le avec toute te véhémence dont eUe était susceptible. Mariette pleura amèrement.

A la vue de la cruche cassée, de sa fia&oé&ea tatf&ee, te juge fut saîpi d'une juste colèce contée Coltty. Il te fit quérir pa» son kuissieir.

Cojtai ajwwa fort chagrin. La mèirc Mai*** FecwMttfltift sa plainte avec beaucoup» d'étoqwiftce e* p&ésenco, 4# juge, de tfhjifeater et du goûter* MûM C^lin fe'wfefijfcit créa. Il s'appcocha de Mariette, et te dit à w* bue* : Pardonna-moi, Mariette; jan'aL tafcé qu'uae erwfo> *ft tu as brisé mon cœur !

— Que signifient ces chuchottements? dit le juge. Vous avez entendu l'accusation; défendez-vous!

— J'ai brisé la cruche involontairement, dit Colin.

— Je le crois aussi, dit Mariette. Je suis aussi coupable que lui , car c'est moi qui l'ai offensé. Ce n'est pas sa faute.

— Voyez donc ! s'écria la mère Manon , ma fille ne ya-t-elle pas lui servir d'avocat! Il a cassé la cruche, monsieur le juge, il faut qu'il la paye.

— Comme vous ne le niez pas, Colin, dit le juge, je vous condamne à payer trois cents livres; la cruche vaut ce prix, et...

— Non, dit Colin, elle ne vaut pas cela; je l'ai achetée au marché de Yence pour Mariette, et elle ne m'a coûté que cent livres.

— Vous l'avez achetée, vous! s'écria le juge furieux... Mais il s'arrêta, crainte d'en trop dire.

— Oui , j'ai acheté cette cruche h la foire ! dit Colio furieux a son tour; et je l'ai envoyée par votre valet à Mariette. Jacques est la à la porte; il est témoin. Parle, Jacques : ne t'at-je pas remis une boîte pour la porter a madame Manon ?

Le juge voulut empêcher Jacques de parler; mais le pauvre idiot lui dit avec simplicité : Rappelé»- vous que vous avez voulu la porter vous-même, mon bon juge. La botte est encore la sous vos papiers.

L'audience fut interrompue. Le juge fit mettre Colin à la porte; les assistants se regardaient, et la mère Manon secouait la tête en disant : Qui me payera ma cruche.

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