‹ Contes suissesChapitre 27 sur 159 · COLA · texte numérisé non relu

COLA

d'Autriche ? personne ne doit soupçonner q*fe fce m*m$ vienne de moi.

— Laissez-moi ce soîta, dit Pauline; tfué fce ferafeje pas pour un prinoe comme vous ! Où J mon frti&Ge, quand je songe à l'idée de vous voit* a te tête d'une arteée, au

rang des premiers guerriers de i'£urfepe Pour volrë

gloire, rien ne semble impossible a muta zèle*

Colas fut aussitôt initié dans te secret de cet entretien ; et il parla , sans perdre de temps, au «DAtte de St&rettberg; celui-ci fit voler un courrier vers Vienne. Pauliité n'attendait pas le voile avec plu* d'impatience que le prince de Sou bise n'attendait la lettre 4e l'impératrice*

Un soir, le prince parut dans te «ercte do madame de Pompadour; celle-ci montrait «ne gafté ofcarmante. Elle prit le prince a part et lui dit eu souriant : «*- Je crains, mon prince, que nous ne devions bientôt &ous séparer.

— Et vous pouvez me te dire d'un ton si transite! dit le prince stupéfait.

— Si je n'ai pas te bonheur de vous revoir, je serai consolée eu songeant que vous remplissez te plus ardent de mes désirs. Je ne doute pas que le roi ne vous accorde avant peu le bâton de maréchal et le commandement d'une de ses armées.

Le visage de Soubise rayonnait de joie. — Est-il possible 1 s'écria-t-il.

— Le roi penche pour l'alliance avec l'Autriche; mais aussi l'impératrice a fait l'impossible. 11 faut convenir que c'est la princesse la plus spirituelle de notre temps. Je vais vous montrer la lettre charmante dont elle m'a honorée.

— L'impératrice vous a écrit?

— Stteffiîô tà-de$su$, prince. Demain vous en saurez davantage.

Dans la môme soirée, vers minuit, deux petits coups furent frappés à la porte de Pauline'; au moment où mademoiselle de Pons venait de qttUter la société du comte d'Oron. Celait Colas : il entra radieux de plaisir, et étendit le magniGque voile sur la belle chevelure de son amie. Elle se jeta dans ses bras , au comble de ses vœux , et le félicita de cette preuve d'amour sans pareille. Quelques jours après, le traité d'alliance entre les deux cours fut signé. Le cardinal de Bernis avait en vain déployé toute son éloquence pour l'empêcher. Il ne pouvait comprendre comment le roi, comment la marquise de Pompadour, comment toute la cour avaient ainsi changé tout à coup; mais il fallut bien, bon gré mal gré, qu'il ratifiât le traité. H maudissait en son cœur le duc de Choiseul , qu'il regardait comme le moteur de cette malheureuse alliance, et il ne se doutait pas que le caprice d'une jolie fille avait déjoué tout l'art des diplomates.

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