CHAPITRE VHL
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Je m'arrêtai pour écouter autour de moi. La lueur du feu brillait a travers les arbres. Je portai la main sur moi, et je la relirai souillée du sang du slaroste.
J'arrachai mes habits, et je les cachai dans un épais taillis ; puis je m'essuyai les mains dans le gazon imprégné de rosée. Je m'élançai alors, demi -vêtu, le long de la route.
— Qui es- tu ? me disais-je. Les insensés et les malfaiteurs parcourent seuls les routes dans un état semblable. Je songeai à dire au premier paysan que je rencontrerais que j'avais été volé , et à le prier de me vendre un sarrau ou une veste. «Ainsi déguisé , j'aurais pu gagner une ville et y subsister. Je me rappelai alors que j'avais laissé , dans l'habit que je venais d'abandonner , mon portefeuille qui contenait tous mes billets de caisse.
Je m'arrêtai indécis. Je voulus un instant retourner et chercher mon portefeuille; mais le sang du staroste! Je n'aurais pas consenti à le revoirai eussé-je dû retrouver un million.- Et retourner le long de la route où s'offrirait sans cesse devant mes yeux le tableau de l'incendie...» Non, plutôt les flammes de l'enfer ! — Je me remis à fuir.
Tout à coup j'entendis le roulement d'une voiture. Je me jetai dans le bois , d'où je pouvais tout observer. J'étais agité comme la feuille de tremble. Une lourde calèche, chargée de bagages, s'avançait lentement. Un homme assis dans la voilure dirigeait les chevaux. Il retint les rênes et les arrêta presque devant moi. Il descendit, fit le tour de la voiture, l'examina avec attention; pois il s'éloigna, et entra dans la partie du bois qui bordait l'autre côté de la route.
— Je serais sauvé si j'étais dans cette voiture ! me disje; mes jambes sont brisées et se refusent a me soutenir. Des vêtements, une prompte fuite me seraient assurés. C'est le ciel qui a compassion de moi; comprenons l'avis qu'il me donne.
En un bond je m'élançai sur la route , et de la route dans la voiture. Je saisis les rênes, et fis retourner les chevaux dans une direction opposée a. celle de ma ville natale. En cet instant, le propriétaire de la calèche sortit du bois, et se jeta à la tête de ses chevaux au moment ou je levais le fouet pour les frapper. Je redoublai de coups. Les chevaux se cabrèrent et partirent au galop, et ta malheureux voyageur tomba sous leurs pieds. Je passai sur son corps, et j'entendis ses cris. Sa voix me déchira : c'était une voix qui m'était bien connue, une voix chérie ! h ne pus en croire mes oreilles. J'arrêtai, je me penchai hors de la calèche pour contempler l'infortuné. — C'était loi! — Je frémis encore en l'écrivant, — je vis mon. frère! Il avait terminé ses affaires à Prague, et revenait au milieu de nous.
Je fus comme frappé de la foudre, brisé, anéanti. Ma
Victime gémissait encore; je me (rafnai péttrWemettt v< elle; je me jetai snr lé corps de mon malheureux frèi Une des roues avait écrasé sa poitrine. Je l'appelai d'to Voix tremblante : il ne m'entendait plus; H avait ca fle scruffrir.