LA NUIT DU SABBAT
Elle aimait beaucoup son mari; mais elle portait à son beau-frère la tendresse respectueuse d'un enfant. Elle me raconta que le baron , au retour de longs voyages, s'était retiré dans une petite propriété qu'il possédait en Pologne auprès de celle de son mari , et qu'il y passait ses jours en philosophe bienfaisant au milieu de ses livres et de ses travaux agricoles. Elle parla de lui avec enthousiasme. — Jamais, disait-elle, plus noble cœur n'a battu sur la terre !
— Monsieur, me dit celui-ci lorsque je lui racontai mon rêve, ce songe figurerait bien dans un traité de philosophie morale ou de psychologie. Il renferme des leçons qui valent de l'or. Je ne suis pas fâché, du reste, que le dénoûment soit a mon avantage ; car le rôle que j'y joue n'est pas fort.brillaut.
Nous passâmes une heureuse journée ; moi avec le sage Manleuffel, et Fanny avec Julie.
Lorsque nous nous séparâmes devant la voilure de nos amis, Fanny me dit : — Prends congé de Julie, et ne t'expose pas plus longtemps à la tentation I Ton songe de la nuit de mai renferme aussi de bonnes leçons pour moi. Me conuais-tu maintenant, et sais-tu ce que Fanny veut de toi ?