CHAPITRE PREMIER
La Tallée qu'habitait M. Quint, et dont sa maison faisait le point central^ était certainement l'une des plus belles de la Suisse. Au printemps surtout, quand des bouquets blancs et rouges paraient tous les arbres; quand des fleurs s'épanouissaient sur le bord des ruisseaux, sur le tapis des prés, sur le sein des jeunes filles; alors il semblait que ce fût une fôte perpétuelle dans ce vallon , et les dieux d'Homère l'eussent sans nul doute choisi pour le lieu de leurs ébats, s'il s'était offert a eux au temps de leurs jeunes années.
Ce vallon forme un cercle allongé de trois lieues d'étendue, et il est ceint de hautes montagnes couvertes de pâturages verdoyants et de hameaux paisibles. Au pied des monts s'élèvent sur de grands rochers de vieux châteaux du temps des grandes guerres, dont les ruines sont cachées par des arbres épais et de riantes demeures.
Dans toute la longueur de ce charmant vallon, coule uu torrent rapide qui, dans son humeur capricieuse, franchit souvent ses bords, et qui est le seul moteur.de troubles que connaissent les heureux villageois à la ronde; la
route passe de chaque côté du fleuve, s'élève en circulant le long des montagnes, et redescend en longs anneaux vers la plaine.
Trois ponts qui traversent le torrent, l'un au milieu de la vallée, et les deux autres a ses extrémités, unissent les deux rives et leurs habitants.
La vallée se trouve décrite par ces données avec une exactitude géographique , et quiconque Ta vue en sait maintenant le nom.
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