CHAPITRE III
La yie retirée de M. Quint augmentait encore la gauebe timidité qu'il apportait dans les relations de sa vie; cependant on ne pouvait nier qu'il ne fût un homme agréable. Les hommes qui vivent dans la solitude ressemblent aux plantes de nos Alpes : ils sont simples sans éclat, mais pleins de saveur, de durée et de forée.
Il était fort naturel qu'en dépit de la différence de leurs caractères, M. Pyk et M. Quint devinssent amis. Tous deux ils avaient une âme bonne et pure, et leurs aulres oppositions donnaient un charme piquant à leurs entretiens. Des hommes de môme opinion et de môme tempérament se conviennent rarement. Nous sommes habitués a apprécier dans les autres ce que nous n'avons pas nousmêmes; aussi la brune donne-t-elle d'ordinaire la préférence au blond , et la belle aux cheveux dorés préfère le héros à la chevelure noire. Pour M. Quint, il avait les cheveux châtains; il pouvait donc aussi bien aimer les brunes que les blondes ; mais le brave homme semblait les redouter toutes également.
M. Quint, quel que fût son éloignement pour le monde, eût préféré la société de vingt hommes à celle d'une seule femme bien élevée. Il se croyait toujours ridicule, et éprouvait le plus grand embarras lorsque le destin le condamnait à s'entretenir un quart d'heure avec une
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jeune fille. Il avait d'ailleurs remarqué que plus il cherchait à se rendre aimable , plus il paraissait roide et guindé.
Depuis qu'il connaissait M. Pyk, a l'exception des sa- Taots et de quelques paysannes, il n'avait pas aperçu cbez lui l'ombre d'une seule créature féminine. Cela ne contribua pas peu k lui faire prendre plus de goût pour le vieux château qm pour toutes les habitations dans le genre nouveau qui te trouvaient en deçà et au-delà de la vallée;
Anssi se promk-il d'y retourner dans la semaine, si le soleil , qui luisait depuis quelques jours, lui restait fidèle.
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