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XII ESQUISSE

revint à Magdebourg pour s'y reposer six mois à l'ombre de ses jeunes lauriers. Notre philosophe-théologien de vingtdeux ans y mena une vie fort agréable. Il partagea son temps entre des excursions dans les environs de sa ville natale et les plaisirs que ses parents et ses amis d'enfance cherchèrent à lui procurer. Il retourna ensuite à Francfort, où il ouvrit des cours d'histoire ecclésiastique , de philosophie morale et de philosophie des beaux-arts, auxquels il ajouta, les semestres suivants, des cours sur le droit, sur le droit naturel, et sur l'interprétation du Nouveau-Testament. Mais, malgré ses études de chaque jour et l'affection des étudiants, il conservait peu d'espoir d'obtenir le professorat du ministère prussien : sa grande jeunesse fut le prétexte dont on se servit pour le lui refuser; mais le véritable motif fut plutôt qu'on ne lui pardonna pas l'audace avec laquelle il osa critiquer Tédit fameux de Frédéric- Guillaume II.

Cette circonstance , la crainte de consommer son patrimoine, et avant tout son ancienne prédilection pour la Suisse et pour ses institutions libres, le déterminèrent (9 mai 1795) à aller se fixer dans une des petites démocraties de ce pays, après avoir parcouru l'Allemagne, la France et l'Italie.

Le 3 septembre 1795 il mit le pied sur le sol de la Suisse. A l'aspect de ces montagnes, de ces cataractes, de ces torrents limpides et verdâtres, de cette végétation enchanteresse, il se crut dans un inonde supérieur, et ne put retenir quelques larmes de satisfaction. Avant de choisir définitivement le lieu de sa résidence , il parcourut la Suisse en tous sens afin d'étudier les institutions, les mœurs et la manière de vivre des montagnards, dont il voulait devenir le compatriote.

L'hiver le retint à Zurich , dans la société de M. Hirzel , l'auteur du Paysan philosophe, du savant Hottinger, de Lconhard Meister, de Fœsi, du compositeur Nœgeli, et d'au-

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