‹ Contes suissesChapitre 51 sur 159 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

II aperçut , à cinq pouces au plus 4$ son visage, deux 1 * pieds appartenant à une créature hqraaiue qui faisaient dans le gazon un désordre effroyable — 11 faut cepeadant convenir que c'était une paire de pieds charmag) M. Quint leva un, pet) Ws yen*; fixais la nappe qui ii tendait devant lui, lui déroba la vy# de la personne à tfjj les pieds appartenaient.

M. Quint, qui se trouvait bien dans sa situation, resjj immobile, et attendit que cette apparition se fut éloij Pendant ce temps, il examinait sans contrainte la foffl et le costume de ces jolis pieds. Il les trouva fort petU» ils étaient couverts de bas d'une couleur éclatante, et j| pantoufles de maroquin rouge presque neuves et nettes. — 11 était impossible qu'ils appartinssent à autre personne qu'à un enfant de douze à quinze ans, à une jeune fille de quinze à vingt ans. Cette dernitf supposition était pour M. Quint la plus embarrassante 41 toutes. 11 éprouva un léger trouble. Qui pourrai t-ce do(j| être? Le château gothique ne renfermait pas de garnû si jeune.

Dans de telles circonstances , il faudrait pardonner peu de curiosité au philosophe le plus calme. Maisl'idâ d'avoir devant lui une femme causait au pauvre Quia une inquiétude mortelle. 11 résolut de se tirer d'embar*

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ras, tandis qu'il était encore temps. Conformément a celle résolution , il leva le doigt index de la main droite, souleva un peu la nappe , avança la lete , la releva en s'inclinant, et vit, — malheureuse découverte! il vit le bord d'un tablier rayé de rouge et le bas d'une jupe de fine percale.

11 relira en tremblant le doigt audacieux. Quelque préparé qu'il fût a tous les événements, celte vue le jeta un nouveau trouble. Il se voyait pour la première ^aux pieds d'une femme, et d'une femme qui, d'après «s ses observations, et comme le faisaient conjecturer j feas, ses pantoufles et le bord de sa jupe, appartenait \ classe des créatures supérieures et polies. 11 n'eût 4qué, pour compléter son embarras, que la présence ||. Pik avec son éloquence.

ps celle situation critique, il restait a délibérer s'il ^ t se lever ou demeurer tranquillement sur le gazon. £ 'emier parti n'était pas entièrement sans danger. La ' inconnue pouvait s'effrayer de la subite et voisine *rilion d'un étranger. M. Quint aurait été nécessaireforcé de lui dire quelques paroles polies sur sa sion antérieure, sur sa nouvelle connaissance, — Dieu encore sur quoi ! et personne au monde ne s'entenl moins à cela que M. Quint. — 11 résolut donc de $ier autant que possible dans sa position, afin de n'être ? ^découvert.

Hais la colère du destin n'était pas encore apaisée.

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