CHAPITRE XI
Le jour suivant, M. Pyk se présenta chez son ami :Ja journée était pluvieuse; les nuages passaient au pied des montagnes, dont la cime se perdait dans les vapeurs d'un ciel grisâtre. De telles journées plaisaient toujours à M. Quint. Le vaste silence, la triste monotonie de la campagne, l'absence de toute distraction le renfermaient davantage en lui-même. Il lui semblait qu'il vécût plus alors qu'a l'ordinaire, et qu'il fût plus capable de grandes résolutions qu'en d'autres temps.
Oubliant l'influence de sa mauvaise étoHe, il rêvait aux moyens de gagner le cœur de Baetely. Ses projets atteignaient déjà a leur point de maturité, lorsque M. Pyk vint attacher son cheval sous la fenêtre.
Jamais M. Quint n'avait plus désiré la présence de son voisin. 11 arrivait justement de Rottheim : c'était k Rottheim que demeurait Baetely, chez la sœur de M. Pyk. La journée était avancée. On mit le cheval dans l'écurie. M. Pyk se dépouilla de ses vêtements percés de pluie, prit possession de la robe de chambre et des pantoufles de M. Quint, et se disposa a passer la nuit chez son ami, car les routes étaient devenues trop mauvaises pour qu'il se hasardât a traverser la vallée par une nuit obscure.
— Je me mets a mon aise, mon voisin, dit-il, car je me trouve fort bien chez vous. Mais si vous aviez une ménagère gentille qui nous fît bonne mine a table et ja-