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sât avec nous, je m'y trouverais mieux encore. J'aime assez qu'une jeune femme soit 1k pour me gronder quand je m'abandonne trop a ma gaité , ou pour rire avec moi et me tourmenter; cela fait passer le temps. Mais n'avoir qu'une servante ou un valet pour nous verser k boire et étendre la nappe ! Mon Dieu, c'est un triste repas !
— Vous avez bien raison, répondit M. Quint dont le teint s'anima, je sens aussi tout cela; mais il est bien difficile de rencontrer une jeune fille que le cœur mène a l'autel, et je n'en connais pas, a vous parler ici franchement, avec qui je croirais être heureux...., si ce n'est votre jolie nièce.
M. Pyk se mit k rire. — Quoi! si vite? dit-il.
M. Quint se baissa un peu confus, et ramassa machinalement sur le plancher un petit morceau de papier; l'aveu était prononcé, il n'y avait plus k s'en dédire.
— Je l'avais déjà remarqué, reprit M. Pyk. Baelely et vous, n'êtes pas comédiens, vous ne savez pas vous composer. Vous étiez ensorcelés, ensorcelés tous les deux. J'ai vu cela au premier coup d'œil. Enfin, pour en finir, en un mot...
M. Quint l'interrompit. — Pensez-vous, mon cher voisin, que Baetely se souvienne... Je voulais dire : croyezvous que votre nièce pense encore.,, car je vous avouerai, puisqu'il faut bien une fois le dire, que... • — Eh! laissez-moi donc parler, s'écria M. Pyk; je regarde cette histoire comme une chose faite et terminée.
— Mais, au nom du ciel, je ne puis même espérer... Baetely ne me connaît pas !
— Bahl vous vous trompez encore; ces petites fem-
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mes ont des yeux de lynx, elles ont la sbienee de Lavater innée, comme les abeilles savent de nature la botanique. Les regards qu'elles jettent sur nous pénètrent jusqu'au fond de l'âtne ; aussi le premier jugement est toujours le plus juste; après cela, les pauvres filtes en croient pins nos paroles que leur instinct, et elles se trompent. Par exemple , Baelely a déjà fait votre portrait comme si elle vous connaissait depuis cinquante ans.
— Quoi! elle à donc parlé de moi? s'écria M. Quint plein de surprise.
— N'avez-vous donc pas vu comme vëlre présence la troublait? Elle l'a nié de toutes ses forcés, il est vrai; elle a prétendu qu'elle ne pensait pas à vous; mais sa tante s'en est aperçue comâe moi, et elle lui a dit ce matin : — Baelely, tu es amoureuse I — Et lui aussi, ai-je répondu. Et cela lés fe fait rire.
— Au nom du ciel, qu'âvez-vous fait 1 Que pensera Baetely de moi ?
— Ce qu'elle pensera? que votis êtes tel qu'elle le désire, et voilà tout. Tenez, je vous aime tous les deitx, moi; j'avais déjà formé le projet de vous unir. Baetely est une bonne fille, elle a une jolie petite fortune, me disais-je; s'ils se plaisent, tout s'arrangera. Il a plu an ciel de vous réunir plus tôt que je ne petisais. N'importe, voici ma main; frappez la, et c'est chose conclue 1
M. Quint était hors de lui de ravissement. ïl prit la main du brave Pyk, se jeta k son cou, et l'embrassa lés yeux remplis de larmes.
— Allons, allons! s'écria M. Pyk, qu'avez-vous? êtesvous aveugle? prenez-vous l'oncle pour la nièce?
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M. Quint se remit à sa place, mais son coeur était soulagé.
— J'ai parlé à ma sœur, coaliuua l'oncle; elle est contente de ce mariage. J'aime les choses qui se font vile ; c'est après-demain dimanche, Baetely et sa tante viendront au château, ainsi que le ministre et le notaire qui dtueut ce jouira chez moi, les fiançailles se feront toutes seules, et ensuite l'église...
— Je vous en supplie, dit M. Quint en «'agitant sur sa chaise, je vous en prie, agissez avec lenteur et prudence; vous parlez trop vite, vous voules faire trop d'éclat : dimanche, les fiançailles, le ministre, le repas, le notaire, les bans!...
— Mon ami , vous vous trompez encore ! de telles choses doivent se faire vilement , mais avec ordre sans doute. D'abord les fiançailles, puis la noce. Il y a trois choses pour lesquelles il faut se hâter : un baptême, une aoce et un enterrement. Ce sont trois chapitres de nôtre vie qui demandent à être traités lestement; mais au reste, jcela dépend de vous , la noce se fera dans un an Si vous voiries.
-• Non! s'écria M. Quint, je me repose entièrement sur vous; je suis le plus heureui des hommes. Je n'ai rien k dire contre les fiançailles , mais seulement contre tout ce cortège de prêtres, de notaires, de témoins. Je bais l'éclat) les compliments, les cérémonies. Ne puis-je doue prendre une femme sans tout ce bruit?
452 LA FIANCEE