‹ Contes suissesChapitre 59 sur 159 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Ici s'élevait une nouvelle opposition entre le caractère des deux philosophes. M. Pyk aimait le faste et le mouvement. C'était un aristocrate qui regrettait intérieurement de n'être pas noble. Son château était tapissé de vieux portraits de seigneurs féodaux qu'il conservait avec soin ; il aimait les manchettes de dentelle qui retombaient sur ses doigts, et de toutes les danses le menuet était celle qui lui semblait préférable, parce qu'il la trouvait noble et majestueuse.

11 ne restait au pauvre M. Quint qu'à composer avec M. Pyk, et à tâcher d'obtenir qu'il n'inviterait aux fiançailles que les proches parents de Baetely et les (émoins nécessaires. Cette discussion dura une partie de la nuit. Le nombre des convives fut fixé à vingt-deux personnes, en y comprenant le fiancé et sa future. Quant au repas et aux cérémonies, M. Pyk s'en réserva le soin , vu que les fiançailles devaient avoir lieu dans sa maison.

On pense bien que M. Quint ne dormit pas. — Il n'est donc pas de roses sans épines ! se disait-il en se retournant avec inquiétude dans son Ht. 0 pauvres humains! pourquoi vous tourmentez-vous vous-mêmes? pourquoi ne laissez-vous pas la joie pénétrer dans votre cœur, sans la ternir par votre folie et vos faiblesses ?

M. Pyk partit de grand malin. Les invitations furent

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laites, le notaire et le ministre avertis , le repas préparé;

bref, tout ce qui était nécessaire pour des fiançailles et

Qoe petite fête domestique se trouva prêt le dimanche

suivant.

A dix heures du matin, Baetely arriva chez M. Pyk, accompagnée de sa tante. La pauvre enfant ignorait que ce fût le jour de ses fiançailles. Sou oncle avait recommandé qu'on lui en fît un mystère.

A dix heures et demie, parurent le ministre, le notaire, ainsi que les cousins et les cousines, tous en habits de fête et en bon ordre. Il ne manquait que le fiancé.

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