‹ Contes suissesChapitre 7 sur 159 · XVI ESQUISSE · texte numérisé non relu

XVI ESQUISSE

devait briser le vieil état fédératif et nécessiter l'intervention des Français, dont la présence devait causer plus d'un vif regret.

Cependant les Grisons, qui n'étaient attachés à la Suisse que par des traités détachés, restaient en dehors de tout ce qui se faisait. Le nouveau citoyen de la république rélhienne vit de Reichenau le dépérissement de la fédération avec autant d'indignation que de colère contre les usurpations des Français. Les cantons montagnards à l'intérieur avaient encore conservé cette noble indépendance qui a fait pâlir plus d'un tyran; ils étaient prêts à s'armer pour la sainte cause de la liberté. Henri alla trouver le capitaine Àloys Reding, dont il avait fait la connaissance à Schwyz, et s'offrit à marcher sous ses ordres pour repousser l'invasion ennemie. Re- -, ding, après le combat de Rothenturm , lui apprit en termes I douloureux la destruction de toute la confédération. *

Comme, d'un côté, une armée autrichienne par le Tyrol, et de l'autre, une armée française par la Suisse, menaçaient les frontières des Grisons , Henri ferma provisoirement son institution; il hésita d'autant moins que les parents , justement alarmés pour leurs enfants, les rappelaient auprès d'eux.

Quant à lui, il avait su garder jusqu'alors la plus stricte neutralité au milieu des combats des partis, et avait conserve des rapports pacifiques soil avec l'ambassadeur d'Autriche Kronthal, soit avec ceux de France, Comeyras d'abord, et ensuite Florent Guiot. Mais, lorsque plus tard le directoire exécutif de l'Helvétie invita formellement les Grisons à se lier à la Suisse , comme les différents partis ne pouvaient s'entendre sur cette question importante , Tscharner et plusieurs autres hommes respectables engagèrent Henri ù exposer dans une brochure l'urgence de Ja réunion des Grisons à la république helvétique. Eu effet, n'était-il pas évident

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