CHAPITRE V
lie Faeha.
Le jeune Olivier trouva son oncle k Vienne, et celui-ci mmena au camp hongrois devant Presbourg. La les tpériaux combattaient sous le commandement du mâchai Goetz contre Ragoczy, prince de Transylvanie, qui ait insurgé une partie de la Hongrie, et s'était joint x Suédois guidés par l'illustre Torstensohn. Il y avait rudes journées, de sanglantes rencontres. Olivier $e >uvait k la véritable école de la guerre. 11 apprit à connaître la dure vie des camps; les incenes, les meurtres, les pillages étaient l'entretien et l'ocpation de chaque jour. Son oncle eut d'abord quelques énagemenls pour sa Jeunesse; mais au bout de quelques ois il lui apprit, comme il le disait, a sentir l'odeur de poudre; et après la première campagne, Olivier, qui Hait réellement distingué, fut promu au grade de lieupanf. les soldats le chérissaient a cause de sa valeur, le «ommaieut le petit diable.
Je nt'ai pas dessein de rapporter ici lç$ hauts fatys de jçrre cju jeune Olivier, et de dire comme il se battit ur a tour eu Bohême, en Silésie et en Bavière. Ou coudt l'indiscipline de toutes les armées de ce temps, les fauches; et les cruautés dont les généraux souillèrent
les lauriers qu'ils avaient cueillis dans la guerre de irente ans; je dois seulement ajouter que le jeune Suisse se comporta partout avec honneur, et qu'il fut aussi sévère envers lui-même qu'envers ses subordonnés.
Sa conduite lui valut de l'avancement. Il fut attaché a la personne du général en chef ; et conserva de l'emploi dans l'armée impériale après la guerre de trente ans. 11 fit alors la campagne de Pologne contre les Suédois, sous le comte de Hatzfekl, en qualité de capitaine de cavalerie. Tous ses camarades le recherchaient avec empressement et semblaient faire un grand cas de sa personne. Un seul ofûcier semblait avoir conçu de la haine contre lui. C'était un de ses compatriotes, un Suisse, nommé le baron (TAsperlin de Raren, fils du bailli de 6a vois.
Le baron n'avait d'autre mérite que sa naissance, et agissait comme les gens de celte sorte ont coutume de le faire. 11 se vantait grandement, portait la tête haute, faisait peu de cas de tout ce qui l'entourait, et haïssait cordialement tous ceux qui ne lui accordaient pas la prééminence. Olivier était un de ceux-là. Aussi le baron d'Âsperlin cherchait-il à lui susciter mille embarras, et à l'éloigner du régiment ; mais Olivier accordait peu d'attention a ses manœuvres.
Olivier, se trouvant un jour de mauvaise humeur, se 'plaignait, parmi ses camarades, de la lenteur des opéra* tions de l'armée impériale, du manque d'occasion de se distinguer, et des préférences que l'on accordait au rang et à la naissance sur la valeur et le mérite. Échauffé par la discussion, il s'aventura toujours davantage, et finit par pretendre qu'on agissait plus sensément chez les
Turcs. Enfin, il offrit de parier qu'a vaut (rois ans il pourrait s'élever, au service de la Porte, à la dignité de pacha à trois queues.
Asperlin, instruit de cette sortie, coupa artificieusement les paroles d'Olivier, et, en dénaturant le sens, y trouva le sujet de quelques calomnies qu'il porta au général en chef. Olivier fut obligé de répondre de ses discours devant le général, ejt eut beaucoup de chagrin à essuyer au sujet de l'assurance qu'il avait de devenir pacha à trois queues. Depuis ce temps , on ne le désigna plus à l'armée que sous le nom du pacha.