CHAPITRE XI
A la grande surpris* d'Olivier, Hélène le prit un jour à part et lui dit : — A neuf heures ce soir venez dans le jardin derrière la maison. Soyes exact et discret.
Quelque amertume qu'il ressentit de la conduite d'Hélène, il ne manqua pas de se trouver an rendez-vous a l'heure indiquée. A neuf heures, par une nuit sombre, il franchit une haie et pénétra dans le jardin. La fiancée d'Aiperlin arriva quelque* moments après lui. Elle le conduisit sous une feuiUw, el prenant sa main dans le» siennes, elle lui dit ; — Cher Olivier, ne m'uvez-vous pas juré plusieurs fois de tout sacrifier a mon bonheur?
— Et je tiendrai parole.
— Yoiw le voulez ?
— Oui ; mettflï-mo( & l'épreuve , je suis prêt à donner ma vie pour vouai
— Eh bien l je vous déclare que je no serai jamais la femme d'Àsperlin.
— Pourquoi 4ono avoir consenti à vos fiançailles?
— Écoulet-moi ; ma famille me sacrifiait sans pitié aux richesses du bailli de Bavois. Je n'ai doue plus de famille dans le monde ; désormais je suis seule. Demain je quitte pour toujours cette maison et La Sarrau, J'ai quelques parent* en Frtftco. Voulw-wma n'aooempagner?
Olivier, effrayé de tant de résolution, répondit, sans hésiter, qu'il la suivrait.
Hélène se jeta aussitôt dans ses bras en le nommant son libérateur. Il se sentit enivré; tout le feu de sa passion se réveilla de nouveau ; il la pressa avec force contre son cœur, mais elle le repoussa doucement : — Envoyez vos gens cette nuit même nous attendre sur la route de Jougne. Demain à dix heures du soir je serai a la croix, près de la haute porte. Ayez soiii de me procurer un cheval d'une marche sûre.
11 voulut lui faire quelques objections ; mais elle avait déjà disparu. Olivier s'en revint perdu dans les rêves les plus doux, et accomplit «n tout point les ordres de sa belle Hélène. Il écrivit ensuite une lettre a ses parents pour leur annoncer qu'il avait voulu s'épargner la douleur des adieux , et le lendemain il monta à cheval dans le milieu du jour, en disant qu'il allait visiter un de ses amis a Lausanne.
A dix heures, Olivier se trouva devant la porte de La Sarraz. Bientôt parut Hélène; elle était vêtue comme un jeune écnyer et enveloppée d'un manteau. Olivier la plaça sur son cheval, et ils partirent au grand galop. Vers le matin on trouva les relais au lieu qu'Hélène avait indiqué. Ils montèrent de nouveaux chevaux, et continuèrent rapidement leur route; ce ne fut que vers le soir qu'on fit halte dans une petite vallée. Olivier voulait pousser jusqu'à la ville prochaine; mais Hélène était accablée de fatigue, elle pouvait à peine se soutenir sur son cheval, et refusa d'aller plus loin.
Elle se fit porter plutôt que conduire dan& l'auberge la
plus proche, et demanda aussitôt une chambre pour se reposer. Elle convint avec Olivier de partir au lever du jour, serra avec effusion son libérateur dans ses bras, et se rendit dans la chambre qu'on lui avait réservée.
Olivier, non moins fatigué par deux nuits sans sommeil et une longue traite forcée, se jeta tout habillé sur un lit, et plaça, a tout évéuement, son épée et ses pistolets a son chevet. Il ordonna a ses gens de le réveiller au lever du jour, et s'abandonna a un profond sommeil.
Dès que le jour commença de paraître, il se jeta a bas de son lit, ordonna de préparer les chevaux, et se rendit lui-môme à l'appartement d'Hélène pour l'avertir qu'il était temps de s'éloigner. La porte était fermée; il frappa doucement, puis avec plus de force; il appela, et n'obtint pas de réponse. Les gens de l'auberge craignaient qu'il ne fût arrivé quelque accident au jeune écuyer. Olivier craignait aussi qu'Hélène , trop émue par les événements de la veille, n'eût perdu l'usage de ses sens. Dans son effroi, il brisa la porte, et vit avec une surprise sans égale que la chambre était vide. La fenêtre était ouverte. On ne pouvait douter que la pauvre fille n'eût été enlevée. Àsperlin avait sans doute découvert la trace des fugitifs.
Cependant l'hôte, sa femme et ses valets juraient que le plus grand silence avait régné dans la maison durant toute la nuit; que nul étranger ne s'était présenté, et qu'on n'avait vu arriver ni chevaux ni voilures. On visita toute la maison pour découvrir les traces d'Hélène, mais on ne put rien découvrir.
Olivier était près d'en perdre la raison. Hélène avait
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été etitevéô, et titll «titré tjtmpetfiH fixait pti te îli tt* rir. H remonta aussitôt h cheval; et reprit lé chemin tte Là Sarraz , Jurant de délivrer Hélène toiî de périt.
II interrogea tous ceux qu'il trouva suf ta fmite; mais ce Ait en vain. Le jour était h Ion déditt, et H n'avait encore pu découvrir aucune trace dU ravisseur d'Hélène.
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