‹ Contes surhumainsChapitre 15 sur 30 · I.K MYSTKItK n'iNF. INCARNATION · texte numérisé non relu

I.K MYSTKItK n'iNF. INCARNATION

vrail pdiiit. j)arc'c (jn'clle l'Iait |)liis bt'llccjue les anj^os (lu l)on Dieu ! Si vous l'aviez vue quand elle souriait ! Ah ! ma Doué, bien sûr qu'elle eiit('ii(lait les anges l'appeler !

De cet enfant qu ellf a\ ait apeivu quelques instants il y a\ait presque un demi-siècle, la vieille femme semblait conserver un sou\ enir toujours présent. Je ne m'en étonnais pas, sachant avec quelle indestructible énergie la mémoire de ces êtres simples retient les images qu'elle reçoit au courant d'une vie monotone.

(Ju«'lques semaines après l'arrivée, l'enfant, mourut.

— Monsieur, dit Katell. \ ous n'allez pas me croire. Des fois j'ai raconté la chose à des messieurs peintres qui passaient par ici, et j'ai bien vu (|U ils me prenaient pour une vieille folle. Mais tout de mèmr il faut que je vous le dise! Sur la terre qui recouvrait le pauvre petit corps, les parents mirent des fleurs en brassées. De belles Heurs monsieur, comme il n'en pousse pas chez nous. Il y avait des roses en plein février. C'étaient des roses fleuries dans des serres comme on en voit <lans les châteaux. Eh bien, pendant plus d'un mois, monsieur, les roses restèrent aussi fraîches (jue si l'on venait de les cueillir. Pourtant, cet hivcr-là, il

lit (les froids cl des pluies comme on n'en connaît g-uère. Six semaines après^ il y avait encore des fleurs fraîches. Ce n'était pourtant pas de nouvelles fleurs car aucun de nous dans le pays n'aurait pu trouver des roses en février, et les parents étaient partis pour Paris. Demandez si je mens à Jean-Marie Elias, le fossoyeur, qui est bien vieux, mais qui se rappelle encore tout ce que je vous explique là. Et toi, Charlotte, ajouta-t-elle en breton à l'hôtesse qui mettait le couvert, tu es trop jeune pour avoir vu ça, mais ta défunte mère a dû te le raconter.

— la. répondit Charlotte qui ne parlait pas français, ma mère m"a dit souvent qu'une fois mon frère aîné, Lomic, celui qui navigue à l'État en ce moment, était bien malade quand il était tout petit. Le médecin prétendait qu'il n'y avait plus d'espoir. Ma mère, porta Lomic sur la tombe de la petite fille et fit des prières ; et mon frère fut guéri dans les trois jours.

Ames candides, pensai-je, pour lesquelles tous les événements conservent leur nimbe de mystère; âmes heureuses dont la floraison ne fut pas desséchée par l'haleine des villes tristes et du siècle mauvais.

— Mais, demandai-je à KatelL les parents, que sont-ils devenus?

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