I.K MYSTKIIK l) INK INi;aUNATIO\ I I
— La iiirre est iiiorU', Monsieur. Le père habite toujours la maison dont vous apercevezla toiture d'ici. Il vif là tout seul, servi parla nourrice de la petite fille, une ôtrauf/ère du pays de Paimpol, qui, depuis les temps, nu jamais quitté son maître. Ah ! le pauvre Monsieur. «I a eu hien du chag^rin. Un si bon homme! Il n'y ajamais eu quehjuun de malheureux dans le pays sans que le Monsieur ne lui ait fait du bien. Malgré ça on a un peu peur de lui. Il a une faeon si drôle de \ous regarder! Sa maison est pleine de livres qu'il passe son temps à lire quand il ne se promène pas sur la cùte.
— Il y a longtemps qu'il vit ainsi ?
— Des ans et des ans, Monsieur. Autrefois, quand il était plus jeune, il partait souvent en voyage. Maintenant, il ne quitte plus le pays.
Pendant mon déjeuner dans la salle d'auberge, Katell^ tout en tricotant, me narra, sur le vieillard, une foule d'anecdotes pour lu plupart oiseuses.
— Cette chose-là, Monsieur, défunt mon homme vous la raconterait bien s'il était encore de ce monde, le pauvre cher. Il avait été quartier-maître et savait lire connne un prêtre. Un jour, — ah ! il y a longtemps de ça, — le monsieur vint chez nous : «Pierre, dit-il à mon
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homme, vouk'z-vous venir prendre un verre de rhum à la maison? jui un service à vous demander. » — « Je suis tout à vous, Monsieur » répondit mon homme. Ah! il s'était passé une drôle de chose! Monsieur le vicomte de X., le maître du château de X.. qui était alors un heau garçon de vingt-deux ans, était venu passer quelques jours dans le pays. 11 s'amusait à tirer les goélands avec son fusil, tout le long de la côte. Le Monsieur aimait les oiseaux, et ça le chagrinait quand on leur faisait du mal. Il écrivit au vicomte une lettre très jolie pour le prier de ne plus tirer les oiseaux de mer. Le vicomte n'en continua pas moins à chasser. Alors le Monsieur lui parla, et il se disputèrent. C'est pour ça que le Monsieur venait cliercher mon homme. « Le Monsieur m'a demandé d'être son témoin, me dit Pierre en rentrant, il va se battre en duel avec Monsieur le vicomte. » 3Ia Doué., si ce n'est pas effrayant que les hommes se massacrent ainsi ! Les deux Messieurs se sont tiré des coups de pistolet dans la lande de Bizien, que vous voyez là-has. Le vicomte tira le premier sur le Monsieur sans l'atteindre. Le Monsieur lui dit : « Monsieur, je vous en prie, voulez-vous me promettre de ne plus tuer les oiseaux du pays? » — « Monsieur, fit le