I. \ nrDRMinnir.i ISÎI
Nous lVissomiùiin.'S. llt-liel laissa tomber sur la tahie ses mnins désespérées.
— Ail î (lit-il, jo croyais à l'éternilé de te voir!
Il rxprimait noln; sonlinient. Carnes cœurs vibraient à l'unisson, et nous étions chacun la corde d'une lyre unique dont le doigt d'Isiah réveillait l'àni'e liarnioni«'Use.
— iléliel ! Oael nuage enveloppe ton génie? As-lu donc oul)lié pourquoi tu es ici? Poète, doux missionnaire du Verbe, sache supporter l'amertume de l'exil en un monde où lu n'es pas entendu. Ta voix révèle la beauté et l'amour, deux d'entre les plus hautes manifestations des dieux. Et puisqu'elle annonce la parole des dieux, qui donc la comprendrait parmi des hommes ayant renoncé l'énergie de la croyance ? N'importe, tu feras ton devoir de Héros. Tu chanteras, comme ton frère Orphée, parmi les bètes ; tu réfléchiras, fils du Soleil, la lumière s'jr les sombres enfants de Saturne.
— Isiah! non, je ne puis plus oublier les Causes. Je fus appelé vers ta présence poiir qu'un enthousiasme embrase, inextinguible, ma vie d'apôtre.
— Aucun de nos gestes n est sans cause, comme aucun sans effet. Si chacun de vous lut
choisi pour vonir près de moi, c'est en vertu de raisons immémoriales dont je sais les origines. Chez vous tous, la douleur exalta la vie. Or chacun de vous est un anneau de la chaîne qui m'attache encore à la terre. J'y suis envoyée pour une mission. Le fleuve de vos volontés alliées, j'en dirigerai le cours vers l'océan du mystère.
— Isiah ! demandai-je tremblant comme un enfant, Jésus de Nazareth était le fils de Dieu. Hélas! nous ne savons plus adorer les pieds sanglants de Jésus. Isiah! Es-tu, toi, la fille de Dieu ?
— Jésus, mon frère suprême, a dit : « Je vous enseigne en me servant des paroles de la terre, et vous ne m'entendez pas; si je parlais le langage du ciel, comment pourriez-vous ma comprendre ? )) Et je vous dis : Tout homme est fils de Dieu ; toute chair vivante est le symbole d'une pensée divine. Tout homme est un Adam appelé à devenir un Ghristos, Il est trois Adams. Méditez, vous qui entendez le sens des paroles ! Or, il naît des êtres qui sont une révélation plus profonde de la Vérité Ils arrivent sur terre, d'âge en âge, délégués et sanctifiés, afin de montrer aux hommes la Lumière incréée. Ils ne lacèrent pas tous les voiles dont les destins la couvrent, car les yeux mortels se
LA HKUn.MPmiCK 101
brilleraient à son éclat. Quand Moïse descendit du Sinaï, ayant conitcmpl6 la Lumière incrt'ée, il savait que les hommes n'en pourraient supporter l'éblouissant reflet sur son front, et il se cacha la face d'un pan de son m.inleau. Les Révélateurs, ses frères sacrés, les Bouddha, Mahomet, Bab et tou3 les Messies lèvent sur le monde, dans leurs poings prédestinés, le (lambeau que chacun deux alluma au même resplendissant foyer. Mais s'ils dévoilaient la gloire toute nue du foyer lui-mcmo, ils en aveugleraient la prunelle des races. A la Vérité unique et éternelle ils bâtissent des sanctuaires d'architectures différentes. Us chantent le même hymne en des langues diverses. Et quand ils expirent, victimes volontaires, leur dernier souffle balaie un des nuages interposés entre la planète et l'Absolu. La suprême haleine du Crucifié déchire le voile qui couvre le Temple. Ca il a donné à une partie du monde les clefs de l'Initiation. »
Sa voix nous emportait comme un fleuve de force. Elle reprit, ayant reposé sur une vision la lueur do ses yeux.
— Je suis venue vers vous pour vous mettre en la voie. Puis je retournerai.
Sa tête se pencha vers son épaule. Sa beauté
nous semblait plus profonde que les cieux. Nos mains sejoignirent, tendues vers elle. De notre groupe, des sanglots montaient :
— Isiahl Isiah! ne nous quille pas!
Sa voix nous caressa :
— Amis, ce sera mon boniieur de soulhir pour vous. La Loi est inéluctable : l'initiateur périt par Tinitié.
Son sourire fondit notre angoisse. Un enthousiasme s'irruait en nous, plus vaste que la mer bleue dont, par la fenêtre, nous apercevions les vagues. Ah vivre, vivre cette heure... Les mondes étaient pour nous transparents comme des globes de cristal, et nous existions dans la puissance.
La voix d'Héliel formula notre pensée, notrr gratitude et notre espérance :
« 0 Révélatrice,
Je te salue hors du Temps, car je te connais dans l'Eternel. Tu es, ô fille de Dieu, ô symbole suprême de la féminité. L'Ancien dos jours est ton père et tu fus engendrée dans les lianes de la Mère Divine. Salut, tu es la coupe d'argent oij s'abreuve mon âme charmée.
lA rki)Kmpthii;k 193
0 Salvatrice,
Je to salue, tu viens à nous les mains pleines de grâces, et les doigts étendus pour des bénédictions portvnt l'anneau d'amour et Tanneau 'l'oubli (ju'avait forgés Moïse. Sur ta gorge reposant, pendus à ton collier d'argent, les sept talismans que caressa la vapeur des parfums «•nvolés vers le septénaire des Planètes. Et tes yeux sont plus doux aux blessures que l'huile ''t que le vin.
0 Rédemptrice,
Je te salue. En déchiraiit à nos regards le voile qui caciiait la lumière, tu chargeas ton beau front de nos pesants péchés. Toutes les défaillances de nos frôles volontés, tu les assumes adorable affamée de sacrifice; et le plus pâle de nos sourires à Satlian est une flèche qui va percer ton sein. Triomphatrice de la souffrance, je te salue dans l'éternité glorieuse on tu trônes, près d'Horus, h la gauche d'Isis.
Ton Nom est un Mystère. Ton Age est un Mystère. Ta comptes trote-trois ans. Car tu as médité durant les </o?/re heures, et tu as accompli les douze travaux. Dansla calme palais de ta poitrine se sont rués les c/;2y tourments infernaux: 'Amertume, le Gémissement, la Ténèbre, TAr- [rur inextinguible et la Puanteur pénétrante! Et
19i- GONÏKS SURHUMAINS
souriante tu foulas de ton pied victorieux les quatre daimons des éléments qui hurlent aux quatre coins du monde : Samaël, prince des Salamandres; Azazel prince des Sylphes; Azacl prince des Ondins; iVlahazahel, prince des Gnomes.
Toi, lu es un Mystère. Tu sors du cœur de Dieu pour nous y ramener. Fils de la Chute, enfants en exil, nous remonterons dans ton sillage vers le sein de notre père. Les yeux sur la lumière de ta gloire, nous évoluerons, par les cycles supracélestes, ayant méprisé les embûches des serpents, des chiens et du feu. Le Dragon Nahasch qui g'arde les portes du ciel, tu nous donneras la force de le vaincre ; et nous passerons, vêtus de joie, à travers les sonores envolées des Anges, des Ciiérubins et des Séraphins, vers le trône des gemnes musicales oîitu règnes, contemplant le repos des cohortes du Feu. »
Les heures ont passé, caressantes comme des mères. Les heures I Quel mépris n'avions-nous pas pour cette conception liabituelleauxhommes ! Le temps, cette divisionlamentable de l'éternité, nous étions délivrés de son étreinte. Nos esprits
LA HÉDEMPTRICK 193
se mouvaient dans la liberté sans limites, et nos yeux savaient voir les eflets dans les causes.
Sa pn^sence nous enveloppait de bonheur. Que l'air était doux à nos poitrines pendant ces promenades au bord des (lots, tandis que sa voix enchantait nos âmes ! A tenter d'évoquer notre béatitude, je peinerais en vain. Le bonheur est indescriptible. Moi qui l'ai connu, qui l'ai vécu, je n'en saurais éveiller le plus pâle reflet dans le miroir des mots que je présente aux hommes. Les plus lumineux poètes, les plus vertigineux musiciens ont heurté leur génie à cette impossibilité. Si magnifiquement ils traduisirent le cri de la douleur; et nul d'entre eux ne put jeter à la face du soleil riiymne triomphal du bonheur 1 La chaîne est mystérieuse qui retient leur envolée dans le chant de la félicité. Si le plus sublime de ces héros parvenait à incarnerdans le vivant corps d'un poème l'idée du bonheur enfermée au cœur de l'infini, si ce Prométhée dérobait cette flamme au sein des dieux, la terre enivrée posséderait, enchaînée dans la forme, l'âme même du bonheur, et l'humanité déserterait la voie de souffrances oi!i les destins la forcent.
Un jour, nous nous promenions, à la tombée du crépuscule. La brise de mer soufflait fraîche.
196 CONTKS SLHHL'MAINS
et la lune, pâle encore, surgissait dans une brume adoucissant le contour des choses. Je donnais le bras â l'une de nos compagnes, une admirable rousse dont la jeunesse avait pleuré la beauté inutile. Nous marchions tous par groupes, derrière Isiah, dont nous respections la méditation. Nos yeux ne quittaient pas cette silhouette dont la juvénile magnificence s'enveloppait d'un manteau vague enéolienne lilas; et, dans le soir bleu-cendré, le scintillement pâli de paillettes d'or piquées dans la mante de (lentelles caressant sa chevelure d'ombre m'apparaissait la lueur d'une étoile sainte sur le chemin sinistre.'
Nous arrivions dans un ravin planté d'arbustes et de ronces. Isiah s'était assise sur un coin de roche. Nous nous étendîmes alentour de ses pieds. Un trouble me hantait. Mais je n'osais parler. Elle m'enveloppa de ses tendres prunelles :
— Toi, tu seras un jour guéri de ton mal, tu souffris pour avoir, dès ta naissance, respii'é l'air environnant.
— Isiah, ta main sur mon front, a chassé tout mon mal.
— Apprenezla Foi! Apprenez l'Amour ! Appre ^ nez à vous agrandir. Hélas! vous comptez trop
i..\ HKDE.MPTRICE 197
sur moi, amis, et vos faibles cœurs se suspendent à mes lèvres. Vous espérez que mon doigt, frappant le roclier, fera jaillir la source où vous boirez l'eau vive. Et vous ne tendez pas vos forces vers l'effort dû. Mais mes ailos ne vous porteront pas endormis, dans le ciel de vos aspirations. Nul n'est rédimd que par lui-même. Nul n'atteindra, sans avoir ensanglanté ses pieds aux pierres de la route, le sommet de la vie universelle. Moi, je vous montre la voie. Marcliez! Amis, créez votre at-
osplièrc de paradis.
Nos yeux la suppliaient. Elle regardait la voûte nocturne où s'allumaient les étoiles.
— Je suis pour apporter la force à vos poitrines. Vous avez souffert d'avoir vécu en un temps do lâcheté. Car l'incroyance, car l'absence d'amour sont filles de la lâcheté. Tout
"pticismc est une défaillance, vile comme une
pour. Toute Foi. tout Amour sont le courage de
la volonté en parturition de son devenir divin.
Osiris est un Dieu noir; mais vous, vous serez
dieux, si vous voulez.
Elle s'était levée. Maintenant elle se détachait, silhouette mystérieuse, sur le velours de la nuit. Sa voix avait la force suave de la "iisique qu'elle avait révélée :
198 CONTES SBIHUMAINS
■ — Ayez l'Amour, vous entendrez le Nombre. Au jour fixé par les destins, quand un Signe nouveau règ-nera sur la terre, quand au Quatre aura succédé le Cm^r; quand sur la sphcreso lèvera l'Étoile Flamboyante à la place de la Croix, alors les hommes auront dédaigné, pour l'évident Amour, la vanité de penser. Ils posséderont l'Amour qui donne la Voyance, et ils verront et ils entendront! Et des courants enceindront la planète qui charrieront l'Amour. Amis, vous à qui j'ai décelé la voie surhumaine, élancez-vous dans l'amour, éperdument. L'Amour, créateur des mondes, se manifeste par deux puissances, la Croyance et la Prière, les deux suprêmes énergies de la volonté. Celui en qui vit la Prière marchera, vêtu de joie, sur les sept Sphères, et sa chair se fera verbe. La Prière est l'action de la Volonté sur le monde. Elle dirige les forces, commande aux éléments ; elle manie les foudres connues des seuls Voyants. Mais ceux là seuls posséderont la Prière au sanctuaire de leurs poitrines, qui accompliront le quadruple devoir annoncé par le Sphinx : Savoir, oser, vouloir^ se taire. Ceux-là, la Prière les guide, de son fulgurant éclat, dans le sombre temple du mystère. 0 frères de mon élection, aimez, croyez, priez ! Vous êtes vingt
LA RÉDKMPTRICK 199
et un et nous sommes vingt-deux. II est vingtdeux Arcanes. Unissez-vous dans l'Amour, et vous serez la chaîne qui attachera au monde le Signe que j'apporte, en mes mains vouées. Car l'humanité est conduite vers ses lins par la vertu des Signes qu'elle ignore.
Pendant une pause, le visage de la révélatrice s'abîma dans unr iiéroïque angoisse. Un combat mystérieux se livrait aux profondeurs de son silence. Une intuition aigiïe me traversa le cœur comme un coup d'épée : il nous sembla que les souffles du soir nous apportaient, du cœur de l'Invisible oij se conserve tout ce qui fut, la totale compréhension de cette indicible douleur dont fut témoin, sous le voile d'un soir pâle, le solitaire jardin des Oliviers. Ah ! toute la majesté d'une angélique souffrance auréolait la beauté de cette créature. Aux lueurs des étoiles, les nuances infiniment subtiles de sa chair s'étaient effacées. Nos regards ne percevaient que le velours noir des yeux parmi la blancheur assombrie du profil dont le pur dessin, superbe au nez légèrement aqutlin. audacieux à la bouche, souverainement fort au menton, se découpait dans une gloire dorée baignant la chevelure. Ce fut la durée d'un envolement d'aigle. Le triompiie de la volonté
200 <;ONTES SURHUMAINS
revêtit de splendeur cette noble tète, et ces mains, ces mains d'apparition...
— Voici venir l'heure où vous ne me verrez plus. Frères, donnez vos fronts; que mes mains y appellent le caresse de la vie, la clémence de la mort et l'emprise de l'éternité. Adieu, cœurs aimés, cœurs humains que la douleur a lavés de ses ondes con-osivcs. Que ne m'est-il donné d'effacer à jamais les blessures passées? Que mon sang soit l'eau lustrale, l'eau vive dont vous sortirez pénétrés d'invincible espérance! Adieu, cœurs rénovés ! Je bénis en vous des Orients rosés où surgit le soleil de l'universel amour.
» Vous êtes de belles pensées de la terre, de cette terre qui est une belle pensée de l'Eternel. Adieu, tiérre où je passe! Puisse ma trace demeurer sur tes flancs, lumineuse comme un phare indiquant le port à tes enfants meurtris ! Adieu, terre où je vins souffrir! Puissc-tu dresser sur ton horizon le Signe vivifiant que j'ai mission de te révéler, arrosé de mon sang comme s'il était arraché de mon cœur !
» Adieu terre ! tu parais une patrie souillée : sur ta face, le génie est bafoué, le juste déchiré, le faibleécrasé, la beauté insultée, les dieux blasphémés. L'écho de tes montagnes renvoie aux
LA RKDEMPTRICE 201
saintes étoileslaclameur du poète étouffé,du saint flag^ellé, de la vierge violée, du pauvre affamé. Tu es pourtant, terre, une chaste patrie. Tu nourris des âmes de dévouement. Je te salue dans tes prophètes, dans tes victimes, dans tes martyrs. Tu es une noble patrie. Car à ceux qui naissent sur ton sol tu peux donner la couronne du génie, de la beauté, du sacrifice et de la douleur. L'héroïsme de quelques-uns de tes fils intercède pour toi dans l'invisible ; et moi, avec mes frères mystérieux qui moururent en croix, j'appellerai, de mes mains blessées, l'infini de la Lumière incréée sur ton sein épanoui. Adieu, fieur de l'infini dont j'apporte, les parfums aux pieds de Dieu ! »
Le lendemain de cette soirée, nous n'essayâmes pas de L\ chercher. Nous savions son apparence abolie. Nousécliangions des regards d'une sereine tristesse. Ah ! c'était pour nous que sans doute, en quelque désert, sa chair adorable souffrait. Hélas ! notre âme commune, l'âme même de nos vingt et une formes, avec (juello volupté nous l'aurions offerte à d'infer-^ naux tourments pour sauver un cheveu de su douce Irlc! \i)n>; îio la voyions phi>;. rnnis sa
présence vivait en nous comme un astre de force.
Nous errions, àmcs en joie et en peine, sur le sable de la grève.
Or ce fut le troisième matin.
Nous vîmes, oui, nous vîmes, de nos yeux dessillés, de nos yeux de Voyants. Le soleil se levait sur la mer, un soleil vaporeux et doré. La plaine des vagues tranquilles s'étalait, immensité d'or pâle qui se volatilisait à l'horizon vers la voûte légère du ciel. Sur le disque rutilant et lointain de l'astre, oh! vision de terreur.... Oh! sa belle tête penchée vers l'épaule, blémie par la douleur ! sa chevelure, mante de deuil fluant vers ses pieds exangues ! Et son corps, ce corps admirable, cloué sur une croix, blessé, brisé, taché de sang pâle, défaillant sous les coups de la torture et de la mort !
Lentement la cruciale apparition s'abîma dans les flots.
Maintenant, dans sa solennelle ascension au zénith, le cercle entier du soleil émergeait, flamboyant d'or rouge.
Et ce fut une seconde vision.
Inscrite dans le disque affleurant l'horizon
LA KKDEMPTRICK 203
marin, parut une majestueuse étoile d'argent à ciiKj pointes, conmic une pièce d'un blason (le mvslère. L'étoile avait une pointe en haut, doux en bas. une à droite, une à gauche. Et sur ce Signe elle saillait, verticale, tendant horizontalement vers les deux pointes de l'étoile ses mains merveilleuses. Et le soleil se faisait l'auréole de sa chair glorieuse, de sa nudité sacrée. Sa tète, — ah! si lumineusement belle dans sa chevelure de nuit, — sa tète se redressait, irradiant le triomphe, embrasée de ses regards vers ce ciel dont elle possédait tous les arcanes, vers cet infini des mondes, son éternelle patrie.
Étoile du divin bonheur...
Et depuis lors, je vis, je marche, passant nostalgique de cette planète; et j'attends toujours, j'attends...