SCÈNE II
Sauka.nai'aij:. \h\u-\yoy: puis lehoujjon llAunou
(Cet homme, le prince des mages ninivites, Arad-Anou, est dans la vi(/ueur de l'âge. Il apparat t fait pour If demeurer toujours. On dirait d'une représentation humaine de la force sans cesse renouvelée. Une robe de soie blanche^ coupée de larges franges d'or qui s'etiroulent^ capréolées, autour de ses Jambes et de ses //ancs, srrre son corp>< affranchi des gestes superflus.
Cy'2 CONTES SURHUMAINS
// a des yeu.r d'une tranrjuille audace et d'une invincible Jeufiesse r/ue ne lassa pas V effort d'ax'oir contemplé la lueur de mystérieuses idées.
A l'entrée de ce personnage, le roi a tressailli comme un cheval de guerre àV éclat soudain des fanfares. lona s'est enfuie, colombe effarouchée par un vol d'aigle.)
ARAD-ANOU
Ton jeune orgueil bondit comme une chèvre enivrée. Mais ses audaces plaisent à ceux qui osent au-delà de l'orgueil.
SARDANAPALE
Orgueilleux, moi! Sais-je seulement si je le suis? Ma vision de moi-même est tantôt rouge et tantôt grise. Je m'admire et je me déplore. Mais nul ne m'aime
ARAD-ANOU
Enfant, pour tadmirer, quel effort as-tu fait ?
SARDANAPALE
Celui de vivre.
SAKIU.NAPAI.K ()3
VRAD-ANOr
(ilorifit'-loi doiif duno (ruvro éf^'^Jilonionl jhtoinyilic par les lioininos ol les pourct-aux !
SAIIDANAPAI.E
Ne pouiTais-jc «Hrc «ic-jà un iiiorl. si je rononrais mon tlrriiior espoir?
ARAD-ANOU
Ta dernière heure est grav«'e sur la laide du destin. Crois-tu donc pouvoir la ralui'er de hni y-este débile. LiioniMiee si tué par son vice.Tcu'. tu uiinirras par l'orgueil.
SAIIDANAPALK
Me pi'eruis-tu pour en enlaut (ju'un spectre «'pouvante? Ah ! doù îju'elle vienne \'ers mon scdn. avee (juelle joie je la saluerai, la mort !
ARAD-ANOr
S'ils ne savaient mourir, que leur reslerail-il donc, à ceux «jui sont inhahile.-; à vi\'i"u ?
SARDA.NAPALK
Tu mecoimais. maître, nn'eux(jue je ne meconnaîti'ai jamais. Je n'étais pas né pour vivre. Ah ! t|uand bien même des déesses tendres eussent
64 CO.NTKS SURHUMAINS
baigné mon ccrur d'une atinosphèro de honiieur... Mais saurais-jo jamais qui je suis ?