‹ Contes vrais [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 39 · LEE · texte numérisé non relu

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pleurent y sont souvent laissées à elles.

mémes,.

Dubosquet avait placé les siens en avant, sur des chaises, près de la grand’/maman, et il s'était retiré un peu ‘en arrière au milieu d'un groupe d'amis, afin de rire plus à son aise.

Un jongleur déguisé en derviche ouvrit la céance dune facon galante. IA sortit, d’un chapeau de soie haut et vide, une douzaine de bouquets parfumés qu'il offrit aux dames, Un loustie remarqua d’un ton sentencieux :

—Cela paraît naturel, mais ça ne l’est pas. Les couleurs viennent de vos yeux et l’od'ur, de votre nez . . .

C’étaient de vrais bouquets cependant. KEnsuite, il mangea de l'étoupe, cracha des flammes et déroula entre ses dents un long ruban rose. Î[l y eut un murmure d'approbation, surtout parmi les jeunes filles.

—On dirait que c’est du feu, reprit le même loustie ; il nous le fait voir ; c’est à qu'est la magie. Quant au ruban rose, J'en ferais un” boucle pour les cheveux de ma mie.

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Puis, entre outres choses stupéfiantes, il s’arma d’un couteau dont il fit reluire la lame à la lampe fumeuse, et d’une voix grave et légèrement tremblante, il annonça qu’il allait se couper le poignet. Il y eut un frémissement d'horreur. Ik n'écouta point la terreur des femmes, et, bravement, il fit glisser le taillant du couteau sur son bras nu. Le sang coula et des cris s’élevèrent.

Calmez-vous, tendres âmes, repartit encore

le connaisseur, c’est une vaine . . . illusion ; le coutean seul est vrai.

Quand le vieux jongleur eut fini ses sortilèges, deux jeunes filles se mirent à danser en secouant, d’un bras gracieux, des tambourines garnies de petites feuilles métalliques. Leurs pieds souples et légers, glissant en cadence, décrivaient sur les planches sonores, des figures étranges comme font sur les ondes bleues ou les sables d’or, les vols d’hirondelles. Et, sous la tente encombrée, petit à petit comme un écho qui s’éveille, il se fit un bruissement plaisant et mesuré. Involontairement, tous les pieds frémissaient, toutes les bouches

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Souriaient, C'était l’irrésistible entrainement de l'exemple, la Suggestion , , .

Enfin, on annonça le potit piwdige, le prince de l'air, le favori des fées,

En attendant Je lever du rideau, et pendant que le héraut de la troupe fait l'éloge de son Jeune sujet, Je vais prendre mon récit de plus loin et le rendre aussi clair que pos-

sible.

Balthazar Piquefer n'était pas intraitable dans les affaires ordinaires de la vie. Il ne refusait pas de rendre un petit service, ni d’en solliciter un grand. [Il se montrait reconnais- Sant comme tout le monde, quand la reconnaissance entrafnait pas de sacrifices. IT fredonnait en revenant du champ si ]n Journée avait été bonne ; 1] maugréait s’il était SUrvenu un contretemps. Il allait à la messe tous les dimanches et chantait au lutrin. Mais il ne fallait pas lui parler politique, ou bien il fallait lui en parler de la façon qu'il aimait. La contradiction l'irritait ; 1} ne dis-

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