‹ Contes vrais [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 39 · A USE · texte numérisé non relu

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eutait pas, il tapait. Il n’y avait qu'un bon parti, le sien, ITors de là point de salut.

Il ne comprenait pas que le curé permit à Lubin Dubosquet de chanter au lutrin. Lubin appartenait au groupe des Franes-parleurs, ” Un groupe fait de v'eux qui n'avaient jamais baissé pavillon, et de jeunes qui voulaient aussi mettre Ja main à la hampe. On y voyait germer la révolte, Il supportait mal l'autorité, Il devait obéir aux suggestions du grand orgueilleux b'blique. 11 n'était done pas convenable qu’une voix sortie de ce groupe se mélat de célébrer les louanges du Seigneur, à l'église, chaque dimanche, Il est vrai que ces louanges se chantaient en latin et que nul n’y comprenait goutte ; mais enfin c'était le langage de lPEglise, et les chantres se tenaient auprès de l'autel, comme le prêtre.

Li faisait son possible pour couvrir la voix de son rival, Quand ïls psalmodiaient ensemble, il enflait la sienne jusqu’à lui donner le son du tonneau, et quand l'autre chantait seul, il toussait et crachait comme un phtisique. Il avait même songé à dépouiller la

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chape d'or, puisque Dubosquet s'obstinait à 1 porter, Ce qui le retenait, c'était la peur de passer pour battu. Les gens auraient dit peut-être, qu'il se voyait éclipsé, lui le moins vicux, et que les notes sonnatent mal dans sa gorge ,

Cependant il ne put s'empêcher, un jour, d'en parler au curé. Le curé se mit à rire comme S'il se fut agi d'une chose bien amusante, Îl se sentit déconcerté et comimenca à craindre pour la religion. 1] temporisa, Il temporisa, inais il changea de place, T1 alla s'asseit à gauche, dans la stalle voisine du siége curial, Comme cela, il ne chanterait plus à l'unisson avec l'impie Dubosquet, et il aurait l'air de lui donner la réplique.

Or, Piquefer avait une fille et Dub <quet, un garçon, La fille de Piquefer s'appelait Bluiche et elle était fort brune, le garcon de Dubosquet s'appelait Roch, et il avait le coeur fort tendre, Ils s'aimaient malgré la divergence d'opinion de leurs pères, et ls chantäient à Punisson les espérances qui planaient comme des oiseaux de neige sur leur sereine Jeunesse,

Piquefer n’encourageait guère les avances de Famoureux. Il ne perdait pas une occasion de vanter le mérite de tel autre Jeune homme de bonne famille qui soupirait en secret. TI perdait son temps. IT suffit que vous chuchottiez à l'orcille de votre fille le nom d’un vaillaut amoureux pour que l'oreille se ferme et que votre fille devienne sourde. L'amour cherche son chemin Ilui-mëéme et se montre le plus récalcitrant des sujets.

Quand Roch Dubosquet vint, avec son pêre, faire Ja “ grand” demande ?”, il n’était pas du tout rassuré. Il dut promettre d'élever ses fils dans les bons principes. [ne recevrait aucune gazette à lallure trop libre. Il voterait toujours comine le beau-père. Bref, il changerait de politique et se mettrait en tutelle. Il promit tout et ne tint rien. Sa femme lui pardonna sa ruse et le ménage fut heureux.

Les petits enfants sortaient du nid en gazouillant, comme les oiseaux. L’aile maternelle les couvrait amoureusement, Le plus âgé venait d'avoir six ans. Un joli bambin aux cheveux «or bouclés, à l'oeil bleu doux et fin. Le greud père Piquefer Padorait et le gâtait. I]

ne 7

| T | … TI DORE CARTER à Pan dés re

lemmenait déjà

à la pêche, au large, dans son Caliof, et

Jui apprenait à tenir une ligne. TI

avait voulu lui infliger, au baptôme, le: noms

de Sauveur- #nlthazar-Albert-Victor. S pour qu'il fut sauvé Falthazar,

auveur, des mauvais principes, en souvenir de l'ateul, Albert-Vicar respect et par amour pour la famille royue et l'autorité. Avec cela l'enfant devait Warcher droit et loin

Un dimanche du mois de .

Viens plus de quel mois, dant, eur Jes arbres, | CCUVraient d’une fine

gales Fancaient

tor, ]

- . Je ne me sou- Le . ” + celait en été, cepene long du chemin, $e poussière grise, les cicomme des fusées leur t Monoftones, et. les iieont dans leurs

s notes sfridi ntes €

ruisseaux dorhis de sable, entre leurs Madame Dubosquet avaït

COipagné son mari à l'église, laissant À une

PCtite voisine la garde de $es trois enfants.

trois, Albert-Victor, eonnaissez déjà, et

bords Heuris. ac-

Elle en avait que vous deux petites filles que vous ne Connaîtrez jama's.

Croyez-vous aux pres G

ssentiments, aux aver-

tissements, aux songes, à toutes ces choses inexplicables qui hantent la pensée humaine à certaines heures ? Moi, j'y crois ; et si je n'étais pas si pressée de finir, je vous en raconterais de bien bonnes.

La messe allait se terminer tout à l’heumn L'officiant chantait d’une voix suppliante le ‘ Pater Noster ”, et tous les fidèles, lâme au vol, s’unissaient à lui pour demander le pain quotidien. Le reste les touchait assez peu. Le pardon des offenses, surtout, paraissait une question assez embrouillée et de peu d'urgence. Quand les chantres répondirent avec ensubie :

“ Sed libera nos à malo.

Madame Dubosquet se sentit frappée au eveur. Une pensée douloureuse comme un glaive qui fouille une blessure, lPobséda tout entière, Elle se mit à prier avec une ferveur nouvelke en regardant le saint tabernaele.

Elie s'efforca de chasser cette idée absurde qui ja tenaillait comme une angoisse. Elle se dit que c'était une tentation: Il fallait la mépriser. Dieu était là, sur l'autel. T1 voyait sa peine et ses efforts, Il aurait pitié d'elle et ne

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