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voillait avee l'amour dans son coeur de vingt ans.
Il prêta l'oreille aux récits un peu fantaisistes de ses aînés, qui revenaient au pays vétus de noir, gantés de chamois, le chapeau de soie sur l’orcille, et la breloque dorée sur le æousset, Il se laissa convaincre ct partit,
Mariette pleura beaucoup. Rien de désolant comme Ja pensée de no plus voir une personne aue lon aime, L'âme se sent tomber dans un vide froid, et elle sg replie sur ell ces fleurs sensibles qui se ferment à l'approche de la nuit, Elle ploura beaucoup... L'amour ne brûlait pas ses veines, mais il réchauffait SON Coeur et donnait des aile lemportait en des régi transport suavo qui Pagitait semblait la rAPprocher de Dieu. C’est ainsi que ]
e-méme comme
S à sa pensée, Il MIS Incounuts, et le
a femme * 0 .
cest ainsi,
Commence toujours par aimer à aimer : c’est dans
souvent, qu'elle continue cet amour demeuré Pur en sa source, qu’elle trouve, plus tard, sa puissance ir dévoñment sans borre, pris de la souffrance
résistible, son et son étonnant mé-
on. =
l'A 1 A 19? 4 (LR EN
Oetave Desruisseaux demanda de l'emploi dans une fabrique de cotonnade, TT devint bientôt une machine habile, parmi toutes Îles machines aveugles ou intelligentes qui font, au profit de quelques uns, suinter la richesse par tous les ais des immenses ateliers, La vie au grand air de la liberté, loin de toute protection et de toute contrainte, le grisa peu à peu, et rien ne lui parut beau comme le ciel étranger.
Il écrivait à sa bonne Mariette et lui peignait son existence nouvelle : ses journées ardues, ses soirées amusantes. Il lui parlait de ses promenades dans les jardins publics ; des bals où les violons faisaient sauter la libre jeunesse ; des théâtres pleins de rires ou de larmes ; des cirques peuplés de clowns et de félines amazone:...
Il jurait bien qu'il l’aimait toujours et n’aimerait jamais qu’elle... Cependant à la lecture de ces choses, une angoisse étrange serrait l’âme de la pauvre enfant, et un soupçon douloureux troublait sa quiétude.
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Une année s'écoula, une année mauvaise, Les semailles avaient été tardives à cause des pluies de mai, et les moissons n'avaient pas rempli les greniers, Alors, séduit par les images riantes que fa'saient passer devant ses veux les lettres de son ami, désireux surtout d'atnélicrer le sort de sa famille, Pierre Verchamp, le frère de Mariette, alla rejoindre Desruisseaux, aux métiers des grandes fabriques.
Tristes furent les jours qui suivirent le départ du frère de Mariette.
L'hiver passa avec ses tourbillons de neige, ses froids vifs, ses nuits étoilées : 1: printemps rendit aux champs leur verdure, aux bois leurs feuillages, aux ru sseaux leurs murmures ; l'été ramena les oiseaux à leurs nids et les fleurs aux arbustes, mais le chagrin des pauvres femmes ne passa point, et rien ne ramena auprès d'elles les deux êtres regrettés,
Madame Verchamp ne se laissait pas a!ler au désespoir cependant. Flle souffrait avec patience, ma's sa résignation n'était pas l’affaissement morne des âmes sans espérance, Eïl:
éprouvait les consolations des humbles. Elle Conversait avec le ciel. Les orgueilleux se
moquent bien de ces relations intimes qui $6 nouent entre les âmes et Dieu ; et il Jeur semble que ce Dieu si haut placé serait un mal
appris s’il passait à leur porte pour aller frap-
per à celle du pauvre.
Il en est ainsi pourtant.
Nul n° peut entendre la voix du Seigneur,
ni comprendre les choses de la religion, #il n'est humble, Mais les épanchements du Sauveur dans le: coeurs sans orgueil, sont d'une la félicité de Et com-
douceur infinie, et rien m'égale ceux qui aiment dans la souflrance.
ment la foi chrétienne aurait-elle pu subjuguer le monde, elle qui n’habite guère que dans les petits et les malheureux, si ele n'apportait avec elle, par ses indicibles charmes et ses consolat'ons suprêmes, la preuve de sa divinité ?
Humiliez-vous et priez. Vous verrez.
Pierre écrivait de temps en temps à sa bonne mère. Il lui parlait des travaux de la ferme, de l’'étable, de la bergerie, et se montrait fort soucieux. De temps en temps aussi, il lui envoyait le fruit de ses épargnes.
C'était un bon enfant.
Verchamp père était mort trop tôt. Il avait eu le temps cependant, de former au bien sa petite famille, Il n'avait pas laissé de r'chesses, mais il avait laissé le souvenir de ses bons exemples. Le plus bel héritage qu'un père puisse léguer à <es enfants c'est l'amour du travail ct de la vertu. Il se trouve cet héritage, à l'abri des vicissitudes de toute: sortes aui troublent le monde, et le: ‘aleuls mauvais ne sauraient l’entamer, Vous l’'emportez avec vous en tous les lieux où vous: allez, et loin de vous causer de l'embarras, il vous assure un secours précieux, La crainte de le perdre ne vous fatigue point ; les voleurs n’en connaissent pas. le prix et le dédaignent ; chaque jour le vo't s'accroître, et vous vous \ attachez de plus en plus, sans trouble et ses remords, Le soir venu, vous reposez d'un sommeil paisible, car vous êtes sûr de le retrouver intact à votre réveil.
Un jour, Pierre se risqua à dire à sa mère que Desruisseaux paraissait oublier un peu Mariette, comme il oubliait, hélas ! ses devoirs religieux...
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En effet, Mariette ne recevait plus qu’à de longs intervalles les lettres tendres qui seules la consolaient dans ses ennuis. Elle suppliait le ciel de la prendre en pit'é, mais le ciel semblait sourd, et le désespoir la tuait lentement. Sa mère voulait la distraire et pleurait avec elle.
Un jour, le médecin fut anpelé. Il jugea le cas fort grave. Il se recueillit. Il inventoria ses petits flacons, suspendit sa légère balance, 1. pesa des poudres, ordonna du vin, et sortit ‘à sans laisser beaucoup d'espoir à cette maison il affligée.
Noël arrivait avec ses d:vines consolations et ses hymnes de reconnaissance. Dans toutes les maisons, il se faisait comme un réveil des al'égresses passées, et toutes les voix chantuient le mystère adorable.
La malade allait s’affaiblissant toujours, et } pour elle les choses de la terre para'ssaient L |: finies. Cependant quand sa mère lui dit qu’on , à a | était à la veille de la grande fête chrétienne, e.le sourit d’un sourire angélique, ouvrit ses
grands veux humides, les referma bientôt, et parut s'endormir dans une vision céleste C’est alors que la porte de la maison s'ouvrit, et que deux hommes entrèrent.
Madame Verchamp
S'aAvançca au devant Tout à coup :
d'eux, surprise, agitée,
—Mon enfant !... Picrre !... s'écria-t-elle.
Mon Dieu, soyez béni.
À ce cri, la malade sortit de son rêve. Elle vit sa mère, son ami, son frère... Elle dit des paroles affectueuses, se sentit soulevée par une
enten- Tout à coup elle mystér'euse force et se dressa sur sa couche.
L’un des deux jeunes hommes s’appr lit :
—Mariette, fit-il te quitter.
ocha du ; Je reviens pour ne plus
Noël ! Noël !