‹ Contes vrais [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 39 · Partie de lorient en fleur · texte numérisé non relu

Partie de lorient en fleur

. au milieu de la nuit profonde,

une vague d'amour et de lumière s’est avancée jusqu’à nous !... Elle s’est avancée jusqu’à nous, et nos ne'ges et nos vents glacials ne

épaisses l'ont point re-

froidie "Elle roule maintenant, pleine de mélodies suaves, vers le couchant éloigné qui veille dans l'attente. Sur son passage, tour à tour tressaillent les mers et les rivages, les peuples, tour à tour, se prosternent et adorent !

Noël !

Le ciel est sans nuages, et dans l’azur sombre, parmi les étoiles, la lune promène son croissant orgueilleux. Nul souffle ne berce les rameaux, et des ombres étranges dorment ça et là sur la couche immaculée de la neige.

Noël ! Noël !

Les cloches sonnent à toute volée dans les clochers étincelants, au-dessous des croix de fer qui les surmontent comme des étendards glorieux, et les échos des lointaines collines répètent de plus en plus mollement leurs appels sacrés. Ces voix de lairain qui montent de partout graves ou légères, claires ou sonores, enveloppent d’harmonies nos campagnes pieuses et nos villes superbes... La terre qui porte Dieu fait homme s’en va chantant dans les espaces infinis, sous les regards des mondes \ à étonnés ! | L

Noël !

Les voitures trottent à la file sur la rou*s d'argent, entre les branches verdoyantes des jeunes sapins, et au cou des chevaux ou sur leur dos, joyeusement résonnent les grelots de cuivre, gaiement “ tintinent ” les sonnettes évetllées !

Noël ! Noël !

L'église s’illumine. .. Des reflets clairs, au bercement des lampes, passent comme des ailes d’avre dans la pénombre des arceaux... Les fenêtres jettent des gerbes chaudes sur la neige des toits voisins... Un murmure inaccoutumé s'élève et grandit... La foule se préc'pite comme un flot puissant !

Noël !

Les banderolles aux vives couleurs tombent gracieusement de la voûte, les cierges s’allument parmi les fleurs, l’encens fume devant l'autel, et le tabernacle adorable disparaît au fond d’une nuée lumineuse !

Noël ! Noël !

: ee L’orgue frémit comme une

âme dans l’allérresse, et la ne

f s’'emplit de mélodies saintes.

Le prêtre, vêtu d’or, s’avance pour le sacrifice ;

ro gr annet es Uma Re ne LATE En mr RE

Fra

les hymnes montent à D.cu, l'assemblée prosterne ! :

Noël !

Ouand se reposent les chants magestueus a la messe, des voix fraîches redisent les cantiques anciens qui faisaient palpiter nos à ues au matin de la vie, et dont les échos bénis se répereutent de plus en plus doux jusqu'en notre vieillesse !

Noël ! Noël !

On revo:t toutes les années vécues. Elles défilent comme une procession de bereeaux divins où s'éveillent et sourient les espérances et les joies, comme une procession de tombeaux mystérieux où s’endorment les douleurs et les regrets.

Noël !

L'âme, touchée de l’amour de Dieu, pardonne et s’humilie ; l'esprit enivré d’espo:r se soumet au mystère ; le coeur se dilate dans l'ivresse d’une volupté divine, et tout l'être, un moment transformé par la grâce, prend son élan vers

l’éternelle Vérité !

Noël ! Noël ! Noël ! |

Pendant qu'à l’église les fidèles adoraient le Verbe fait homme pour sauver l'homme, la jeune malade s'endormait d’un somme.l calme et prolongé, Tout à coup elle se vit, comme à la Noël dernière, au milieu d’une foule de jeunes personnes qui louaient Dieu par des cantiques. Le prêtre distribuait le pain de vie à la pieuse multitude, et des mains palpitantes venaient tour à tour soutenir la nappe blanche de la divine agape, On la pria de chanter, Elle se leva, regarda l'autel radieux comme une constellat on, l’hostie sainte qui s’offrait en nourriture, et la crèche misérable où reposait l'enfant du Ciel si longtemps attendu, puis elle commença d'une voix douce comme un soupir de fauvette :

O saint berceau qu'environnent les anges...

Flle chanta tout le cantique. Sa mère, étonnée, Se pencha sur elle et s’'aperçut qu’elle dormait.

Alors elle tomba à genoux en pleurant.

Au dernier coup de la messe, un jeune homme était entré dans l'égl'se, marchant d’un pas fier, un sourire dédaigneux sur les lèvres. Il vit ces transports d'allégresse qui remuaient la foule, il entendit ces refrains débordant d’une

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