‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 15 sur 56 · RU EU · texte numérisé non relu

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Q.—-Vous ne lui avez jamais demandé s'il voterait pour vous ?

R.—Je ne lui ai jamais demandé s'il Voterait pour moi.

Q.—Vous lui avez demandé pour travailler pour vous ?

R.—Non, monsieur.

Q.—Vousjurez que vous ne lui avez rien demandé, pour votre élection ?

R.—Je jure que je ne lui airien demandé pour mon élection.

Q.—Avez-vous eu quelques conversations avec lui, relativement à votre élection ?

R.—I1 peut se faire, mais je ne m'en rappelle pas.

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR

Q.—Avez-vous jamais promis quelque chose, ou donné quelque chose, de l’avoine ou autre chose, à A. Joseph Bonin, dont il vous a été parlé dans votre examen en chef, avant, pendant ou après votre élection, dans le but de l’influencer pour travailler à votre élection ?

R.—Non, monsieur.

Q.—Avez-vous promis ou donné quelque chose, du buis ou autre chose, à Léon Levesques, avant ou après votre élection, et dans le but de l’influencer à travailler pour votre élection ?

R—Non, monsieur.

Et le SA pem he dit rien de we

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a EE ne

Marie Laroche,

épouse de Joseph Nadeau, CAE de la paroisse de Lauoraie, âgée de 41 ans.

Laquelle etc. eto. dépose et dit :

Je ne suis pas intéressée dans l'événement de ce procès.

Q.—Quel est le nom de votre mari ?

R,—-Joseph Nadeau.

Q.—II est cultivateur ?

ÆR—Qui, monsieur.

Q.—Etait-il voteur et électeur, à l'élection dont il est question en cette cause, tenue en Avril et en Mai 1878, duns laquelle M. Robillard s’est présenté contre M. Sylvestre ?

R.—Oui ; il avait droit de vote dans ce temps-là.

Q:.—le révérend Messire Loranger, curé de Ja paroisse. vous ntil parlé de ce que devait faire votre muri, comme :électeur, :et dans quel seus il devuit voter, en couscicuce, dans cette élection ?

Le défendeur objecte à cette question, comme illégale, parce qu'elle est trop vague el trop générale, et qu'elle tendrait à forcer le témoin à déclarer ce que lui aurait dit son curé, au Tribunal de la Pénitence où dans des ciréonstances qui sont pré vilégiées pour elle ; le défenteur objecte généralement, à toute preuve que l’on tenterait de faire de ce qui a pu être dit par le confesseur au pénitent,

Objection maintenue, par la.Cour, parce que la question est op vague et trop générale.

Q.— Pour quel parti politique votre mari avait-il toujours voté, avant l'élection du défendeur en cette cuuse ? |

Æ.— La dernière élection ?

Q.—Oui, ruadame,

R.—Je ne pourrais pas dire; je sais bieu qu'il a voté rouge une fois et les autres fois, il. a toujours été bleu.

Q.—Ne pouvez-vous pas dire si, à la dernière élection, il a été pour M. Robillard ?

Æ.—II a voté ponr lui, je pense.

Q.—Alors, vous comprenez qu'il a été bleu ?

mis BRL:

Q .— Avant, il avait toujours aie rouge ? ÆR.—11 n'avait été rouge qu'ane fois, À ma connaissance,

&— Pour qui a-t-il voté, cette fois. à ? Pour M. Sylvestre ? R Je ne pense pas.

Q.—Est-ce pour M. Cuthbert ?

R,—11 a voté pour M. Cuthbert et M. Sylvestre, je pense. Q —C'est lu dernière fois que M. Cuthbert s'est prusenté, qu'il | a voté pour lui, u’est-ce pus ? 4

R.—Avant M. Robillurd, il avait voté pour M. Cuthbert.

Q.—Avant M. Robillard, à part cette fois-là, qu'il a voté pour | M. Cuthbert, est-ce qu'il n'avait pas toujours voté libéral ?” R:--Je v'ui pas suivi mon mari, pour savoir ce à à il faisait. Q:-—D'uprès ce qu'il vous disait ?

R.— Je dis ce que jé pense, suivant inn cousoience ; je ne suis | pas pour venir faire des faux serments, ici.

Q.—A:til toujours voté avec son père et avec ses deux tes qui ont toujours été libéraux ?

R.--C'est une chose que je n'ai pas remarquée ; je vous dis ce | que j'en connais, et c'est tout,

| Q.—Pendant l'élection de M. Robillard, M. le curé ne vous at-il | pas parlé, à vous personnellement, soit qu'il vous ait rencontrée chez Jui; dans la rue ou bien chez vous, de l'élection, sur ce que devait faire votre mari, dans l'élection de M. Robillard ?

ÆR.—Il m'a parlé dans la rue, en conversation ordinaire, et il m'a demandé si mon mari se cabalait, et c’est tout ; je n’ai pas mémoire d'autre chose. |

Q.— Qu'est ce que vous lui avez répondu ?

Æ.—J'ai dit que non, comme de raison ; il n’a pas grouillé de sa maison ; je ne pouvais pas faire autrement que de dire la chose justement.

Q.—Est-celongtémps avant la votation, qu’il vous a demandé cela, si votre mari se cabalait:; combien de jours ?

R;—Je n'ai pas remarqué cela; si j'avais su d'en venir à une affaire de même, j'aurais remarqué bien des affaires, con:

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Q.—Kst-ce là tout ce qu'il vous's demaudé, si votre mari se ca-

balait ?

B,—Oui; je n'ai pas connaissance d'autro’chose-

Q. Vous u:t-il demandé pour quel parti/il était, catte aniée-là ?

R.—1I1 m'a demandé s'il grouillait de ma maison er ” #5 ea-' balait, et j'ai dit que non, bar ft

C’est tout ce que j'ai à vous dire, LL II LA Ju

Q.—Bu revenant de chez M, le ‘curé; ou en rovenant de le voir, n'êtes-vous pas arrêtée chez Cyrille Ducharme, et ne lui avez-vous dit, là, quevous veniez de voir M: le curé; et quo celui-ci vous avait dit qu'il fallait ubsoluinent faire chunger votre ER de politique? eu

R,—C'est une chose dont je n'ai parlé à persénne! Je n'ai pas dit ce que mon curé m'avait dit,

@.— Alors vous jurez que vous n'avez P “8 dit cela chez M. Ducharme ? de

R:=Je've puis ls’ jurer, parceque jen rai pas connaisgnnde de l'a. voir dit,

Q.=Si vous n'êtes ps nllée chez M. Ducharme, per vous ri d à quelque part où vous en avez parlé ?

Ride n'en ai pas parlé nulle part. Je n'étais pas pour aeodèb. dre à sept ou huit arpents de l'église, pour réndre v6tnpte us é pouses que mon curé m'avait dites,

Q.—Daus le cominencement de l'élection, votre mari ne s'était-il pas prononcé d’abord, pour M. Sylvestre ? aus

ÆR.— 0e sont des choses qui se sont passées il y a troplongtemps, et je n'ai pas remarqué cela, ;

Q.—Sous votre serment, jurez- -vous que vous ne vous rappelez pas de cela ?

R.—Oui monsieur,

Q.-—Ne vous êtes-vous pas trouvée, une fois, avec c lui, chez votre ère, er n'a-t-il pas déclaré, devant vous, qu'il était pour: M:! Sylvestre ?

R.—$S l'a dit, à lui, ilne l'a pas dit devant moi ; ‘je n'ai pas connaissance de cela ; il peut dire bien des choses en mon absence,

Q.—I]l ne vous l’a jamais dit, à vous, cela ? : R.— Un homme dit, bien des fois, des affaires à une créature et

c'est autrement.

Q.—Je demande s’il vous l'a dit déjà, A même il aurait fait autrement ensuite ?

Æ.—Des offuires de même, je ne puis pas faire serment pour cela. es do: () Q.—Faites-vous serment qu'il ne vous a jamais dit, pendant cette élection, qu'il.était pour M: Sylvestre ?

ÆR.— Quand même il me l'aurait dit, est-ce que je puis faire serment.sur les dires de mon mari ?

Q.— Faites-vous serment qu'il ne vous l'a jamais dit ?

R.-— Je ne puis pes faire serment sur ces choses-là.

Question posée par le juge. |

Vous ne pc vez pus..jurer s’il vous l'a dit ou s’il ne vous l’a pss dit ? |

R,—Non monsieur ; je ne puis pas dire s’il me l’a dit ou s’iline me l’a pas dit,

Q.— Vous faites serment que vous ne vous souvenez pas qu'il vous ait jamais dit cela ?

ÆR.—Oui monsieur.

Le défendeur déclare qu'il n’a pas de transquestion à poser au témoin.

Révérend. Messire Champeau,

Prêtre, Curé de la Ville de Berthier.

Lequel etc, etc.-—dépose et dit:

Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès,

Q.—Lors de l'élection de M. Robillard, dont il est question en cetto cause, en avril et mai 1878, de quelle paroisse étiez-vous curé?

ire et

urait

pour

cette

e ser-

n cn

vous

QE

R.- J'étais curé de Berthier, :

Q.—Avez-vous pris part, de quelque manière, à cette éloction, M. le curé, et dites-nuus en faveur de quel candidat ?

ÆR.—Je désire remarquer à Votre Honneur, avant de donner mon témoiguège sur cette quéstion-là que, comme exergant le mipistère, dans cette paroisse, j'ai dû remplir le but de mon ministère, et qu'ensuite, comme citoyen, j'ai pa encorc faire quelque chose. Alors, pendant le temps de cette éieetion-là, je désire informer le tribunal, que tout ce que j'ai dit en chaire, tout ce que j'aurais pu dire au confes-ionpal, je prétends que je ne puis pas être appelé à témoigner sur cela ;. sur ce:qui a ‘été dit'eu chaire, sur ce qu'on a remarqué, ce qu'on a entendu, ce qui est un fait public,’ alors je n'ai pas d’objection à répondre sur:cette question-là ; mais pour le confessionnal, je prétends que je ne dois rien dire. J'ai pris part à cette élection-là, et mon parti, bien déterminé, a été pour M. Robillard, conservateur; mais je vous dirai franchement, que j'ai averti mes paroissiens, dans le tem», que je ne prétendais pas opter pour un homme ; mes principes sont:là, et quand bien même celui qui,viendrait contrairement à ces principes, serait mon frère, je le laisserais de côté et j'opterais pour mes principes ; et les principes que je soutiens étant ceux soutenus. par M. Robillard, alors j'ai mis beaucoup d'importance, dans le but de Ja religion, et les prétentions que j'ai, comme citoyen, à faire réussir l'élection de M. Robillard.

Q.—C'était un fait bien notoire, dans votre paroisse surtout, et dans le comté, que vous preniez cette attitude-là ?

R.=-Je le pense, parce que j'en parlais publiquement ; je perse que personne n'a pu l'ignorer, car je parlais bien clairement sur la question.

Q.—Vous n'avez pas caché ces faits-là aux partisans du parti de M, Robillard ?

R.—-Je ne l'ai pas caché, je ne le cache pas et je ne le cacherai pas, |

Q.—Oette manière d'agir, cette attitnde que vous avez prise, dans cette élection, a-t-elle été isolée de votre part, ou si elle a été

La

Littagi. par: plusieurs des Mi du rgé du diet électoral de Berthier.?

R.—-Je puis toujours dire que tous Le membres Fa clergé n’ont pas:partagé ma manière.de voir; ily en a un: certain nombre qui ont, je crois, pensé çomme moi; il ÿ en:a d'autres, qui ont envisagé la question sous un autre point de vue; alors je n'ai pas eu à m'occuper de mes. confrères et à.ayoir quoique ce soit avec mes confières. qui n’ont. pas pensé, comme moi: ét je sais qu'il.y a de nes confrères qui n'ont,pas pensé comme moi.

Q.—Quels sont ceux qui ont pensé comme vous, et quels sont ceux qui ont pensé autrement.que. vous ?

Æ.--Je pense bien que tous les prêtres du comté, j'entends si on prend les vicuires et les curés, je pense qu'a deux exceptions ‘près, les autres pensaient bien de la même inanîière, avaient bien la même manière de voir, les mêmes vues dans la politique.

Q.—Quels étaient ceux-là ?

:R.— Cependant, je dois mettre une réserve pour un, car je n'ai pasde certitude, j'ai des ouï:dire, mais les ouï-dire ne peuvent pas aller avec lé serment qu'on prête, c’est si sérieux ; alors on dira bien que: M. Plinguet ue'partageait pas nos opinions, : Moi, je vois

.M. Plinguet, et'j'ai eu occasion de parler de politique avec lui, et souvent, il m'a fait remarquer qu’il ne se mêlait pas de tétte question-là, et je ne-voudrais pas dire que M. Pliiguet est contraire à nos opinions, mais je sais que cette nouvelle-là à circulée, : Mainteount on a parlé de M. le curé de St Gabriel, M. Si Jacques; je crois qu'il y a eu quelques rumeurs comme eelle-là ; cependant je ne suis pas prêt à dire que M. St. Jacques n'était pas de la, même politique que nous avons soutenue, nous,

R.--Ainsi, messieurs Loranger, Archambault, Brien, slots: vicaire de St Barthelémy, St Aubin.et vous:même, vous vous êtes accordés dans votre attitude, relativement à cette élection ?

:Q.—Q'entendez-vous par vous. vous êtes uccordés ? Est ce que vous voulez savoir si nos opinions. sont tombées dans une et même opinion, ou bien si vous entendez que nous nous sommes réunis et que nous avons... .. . Nous avons eu les mêmes vues politiques

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à part de deux exceptions, je crois, dans le comté, et encore, comme je l'ai remarqué, quant à ces deux exceptions-là, je ne suis: pas prêt à dire que e’est chose certaine; je l'ai enteudu dire. :

Q.— Pendant l'élection, vous êtes-vous rencontré, soit chez vous aujailleurs, avec quelques uns de vos confrères que vous venez de nommer ?:

R.+-J e le crois bien qu’on a dû se rencontrer ; il y a deux ans, c'est nn peu long; je sais que je rencontre mes confrères, de temps à autre, et je n'avais certainement pas de raisons pour ne pus les reucoutrer dans ce remps-là ; j'ai pu les rencontrer.

Q.—Quels sont ceux que vous avez eu occasion de rencontrer le plus souvent, pendant l'élection ?

R:—Je vous dirai, d’abord, que je vois beaucoup de monde, à mon bureau, à la Fabrique, Q.—Je parle de vos confrères du clergé ?

R.—Je ve voudrais pas, après deux ans, vous préciser, une affaire semblable, dire quel est celui que j'ai rencontré le plus souvent, je ne pourrais pas dire celà ; je puis dire que j'ai rencontré plusieurs de mcs confrères, je pense bien, dans le temps de l'élection, avant l'élection et après l'élection; maïs ma mémoire n’est pas assez fidèle pour dire, monsieur un tel, je l'ai rencontré deux fois et monsieur un tel, je l'ai rencontré quatre fois; je pense qu’il serait suffisant de vous dire que jé 16s ai rencontrés autant que j'ai pu les rencontrer.

Q.—M. Lorauger est-il allé chez vous, pendant l'élection ?

R.—T faudrait que jé le lui demande ; mais je crois que oui; je pe m'en rappelle pas. Je ene puis pas dtré, sous sérment, qu’il est venu chez nous,

Q. —Vous ne vous rappelez pas, d’une manière | positive, de, l’avoir rencontré et de lui avoir parlé, pendant élection ?

Æ.—Je crois bien l'avoir rencontré.

Q.—Savez-vous si c'est chez vous où chez jai ?

R.—C'est peut-être dans les deux places. C’est malheureux que vous n'ayez pas relevé cette affaire-là dans les six mois qui ont

suivi, on se rappellerait bien mieux les choses ; je sais bien que j'ai rencontré mes confrères, sur le steamboat et ailleurs. Q.—Penséz.vous avoir aussi rencontré Messieurs St, Aubin, Arohambanlt et M, le vicaire Brien, pendant l'élection ? R.—Je crois les avoir vus. Qu’entendez-vous par pendant l’élection ?

Q.—Au commencement ; depuis que la candidatnre de M. Ro: billard a été annoncée publiquement à aller jusqu’à la votation.

R:--Je ne suis pas positif à dire si c'est pendunt ce laps de temps-là.

Q.—Pendant le temps qu’il a été question, pour le parti conservateur, de trouver un candidat, pendant qu'il était question d'élection ?

ÆR.—Je crois bien avoir rencontré ce monde-là, muis je ne pourrais pas, en mon Âme et conscience, dire, je fais serment que je les ai reucontrés,

Question posée par la Çour.

Vous ne pouvez pas préciser la date ?

R.—Pour la ‘date, je ne pourrais pas la préciser.

Q.—Pouvez-vous dire, toujours, si c'était pendant la période où il était question de l'élection ; est-ce avant ou après la candidature annoncée, du défendeur ?

R.—Si vous voulez me donner une latitude, je vous répondrai,

Q.—Je vous donne cette latitude-là ?

Æ.-—-Je suis à peu près certain que j'ai vu toutce monce-là, mais aujourd'hui, je ne pourrais pas faire serment que je les ai vus tous ; il pourrait bien arriver qu’il y en aurait uu que je n'ai pas vu.

Q.—Mais vous pensez que vous les avez vus ?

Æ.—Je suis plutôt porté à croire que je les ai vus.

Q.—Il est probable que vous les avez vus.

Æ.—Oui; plus ou moins probable ; assez probauie, je pense,

Q.—Avez-vous vu le défendeur M. Robillard, pendant ce temps-là ? a

R.—Si je ne l'ai pas vu pendant ce temps-là, je l'ai vu avant ce temps-là et après ce temps-là. |

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Q.—Pendant l'élection, c’est-a-dire depuis l'émanation du Bref à aller jusqu'à la proclamation, avez-vous vu le défendeur ?

R.—Je l'ai rencontré de temps à autre; mais si vous me dites : l'avez-vous rencontre dans l’automne ou dans le printemps ? Il me faudait un examen assez sérieux pour dire si c'était dans tél mois, Je pense bien avoir rencontré M. Robillard ; je pense bien l'avoir rencontré pendant l'élection. [y

Si c’est pour savoir de moi, si je l'aurais accepté comme candidat, je pourrais vous le dire de suite, \

Q.—M. Robillard est allé chez vous, n’est-ce pas, RASE Ve tion ?

R.—Je viens dg vous dire : est-ce pendant l'élection qu'il est venu chez moi ? Je ne veux pas en faire serment ; je pense qu’il est venu,chez moi, pendant le temps de l'élection.

Q.— Pensez-vous qu'il y est allé une seule fois, ou plus Wine fois, au meilleur de votre connaissance ?

R.—Je n’ui pas l'habitude de me reprocher beaucoup .de défauts de mémüire, mais, ma foi, vous me posez tant de questions, que je ue sais pas s’il est venu plusieurs fois; je ne suis pas capable de le jurer ; je crois l’avoir vu, au moins, une fois.

Q.—=Vous rappelez-vous qu'il y est allé, une fois, vous *pportant une ou plusieurs lettres ?

R.—J'ai réminiscence d’une lettre, une fois. J'en ai une idée assez confuse ; mais je reçois, quelques fois, des notes de mes confrères, comme cela ; des lettres que l’on m'envoie, et il me semble qu’une fois, M. Robillard m'a apporté une lettre ; à présent, quel était le contenu de cette lettre ? Je ne m'en rappelle pas bien.

Q'—DLe qui venait cette lettre dont vous vous rappelez ?

R.—Je ne pourrais pas vous le dire précisément ; je ne pourrais pas le jurer, maïs il me semble que M, Robillard est venn, une fois, et qu'il avait une lettre, et, il pourrait bien arriver qu'elle me serait venue de M. Loranger, mais je n’en sais rien ; jé ne puis pas le jurer positivement.

Q.—Si vous ne vous rappelez pas du contenu verbatim de ceite

lettre, pouvez-vous vous rappeler, à peu près, de la substance de œette lettre; si ga concernait, oui ou, uon, la politique ?

ÆR.— Il est. bien probable que, dans ce temps-là, il pouvait y avoir . san mot de. politique, et je ne le cachais pas non plus, parce que je prétendais que j'avais des droits,.comme vous autres. Vous avez dû parler de politique, dans ce temps-là !

Q —Et ce mot de politique, devait être en faveur de M. Robilhard ? ::

R.—Comme conséquence découlant de ce que j'ai dit, que j'avais accépté: M. Robillard, parce que je prétendais qu'il défendait bien les principes que je soutiens, Je ne suis pus pour les hommes précisément, muis monsieur Robillard défendgnt les principes que je soutiens, il est probable que, si l'on m'a dit: ‘ voulez-vous de M. Robillard.?” J'ai dit: ‘ oui”; Je ne me rappelle pas sion m'a dit cela; mais si on me l’a dit, j'ai dû dire oui.

Q.—Vous rappelez vous si cette lettre vous demandait de. fuire quelque, chose, ou vous suggérait quelque chose, relativement à l'éleetion de M, Robillard, et. dans l'intérêt de sa candidature, ou du parti qu'il représentait ?

. R.— Je ne puis pas me rappeler précisement, le contenu de cette ‘dettre-là ÿ" mais ilest bien probable qu’il n'était pas néctssaire de me direcela; je n'avais pas besoiu d’excitement. Dès l'instont que mes: principes étaient en jeu, et que je voyais M. Sylvestre d’un.coté, et M, Robillard de l’autre, je.n’avais pas besoin de perécnne,pour me commander ; je marchais par moi-même, complètemeat par uoi-wême, indépendamment Ide tout autre, quand même je pouvais rencontrer de. petits. obstacles, Je me rappelle d’avoir eu à parler avec des lïques qui m'ont parlé de politique, dans le temps, qui m'ont fait des reproches, qui m'ont dit : comment se fait-il que vous, prêtre, vous vous mêlez de politique ? J'ai remar-

. Qué que j'étais prêtre et que j'étais citoyen ; que j'avais autant de franchise, en élection, comme eux et que, par conséquent, j'usais de mes droits et priviléges; et je le crois encore, je le-prétends æncore, et je suis encore sous eette impression-là ; peut-être que ça se

fuire nt à e, ou

cette re de stunt estre > perblètenême avoir ns le nt se martant sais ends ça se

sera modifié, mais c’est cela. Je prétends encore que Fai autant.

de franchise électorale que tout laïque,

Q.—On ne vous demande pas s’il y avait quelque chose, dans la

lettre, de nature à vous exciter et à vous commander, mais on vous .

demande si la lettre contenait quelques:suggestions, relativement à la conduite à tenir, ou quelque chose à faire, dans l’iutérêt de la candidature du défendeur ?

ÆR.—S'il y avait quelque chose, ga peut-être été une simple nouvelle, comme je crois que se sera M. un tel qui viendra; ‘peut-être qu'on auruit »jouté : qu'en: pensez-vous ? Ou:a pu avoir ajouté cela, qu'en pensez vous, mais je n’en sais rien ; je ne fais pas serment de cela ?

Q.—D'après ce dont vous pouvez vous souvenir, êtes-vous enclin

à croire que cette lettre contenait la nouvelle de la candidature de: M. Robillard, et que M. Robillard avait définitivement accepté la.

candidature, pour le parti éouservateur ?

R.—Je sais que j'ai entendu parler, dans le temps, des personnes, dire qu'il se présentait, et puis il a été question, je crois, d’un autre ; mais finalement le choix serait tombé sur M. Robillard, et je crois qu’on m'a annoncé que Robillard serait le candidat.

Q.—Par cette lettre-là ?!

R.—Je le crois ; c'est un peu trop vieux, deux ans, pour moi.

mais énfia, c’est mon impression, Q.— Avez-vous répondu à l’auteur de cette lettre ?

R.—Je crois Fe la lettre ne demandait pus, de réponse , si j'ai répondu, je ne m'en rappelle pas.

Q.—Avez-vous conservé cette lettre-là, et pouvez-vous la produire ?

ÆR.—Pas du tout ; je ne lui pas conservée du tout. Elle est, avec tant d’autres, au panier. Je ne me fatigue pas à chercher des lettres que j'ai reçues il y a deux ans; il faudrait que ce serait des documents bien importants.

Q.—Le défendeur, personnellement, at-il ajouté quelque chose, en s'adressant à vous ?

R.—Ah! que c'est une terrible chose que d'être rendu à deux ans, «u lieu de la veille.

Q.—Noûs savons cela ; mais dites nous si vous vous en rappe- Îez, ou si vous ne vous en rappelez pus ?

R.—dJe sais bien que M. Robillard a fait cela très précipitammeüt ; il a dit voilà une lettre qu'on vous envoie; je ne me rappelle pas trop ce qu'il a dit, mais il a dû dire ce qu'il fullait dire; mais jene me rappelle pas çe qu'il a dit.

‘Q.—Ne vous rappelez-vous pas ce qu’il fallait dire ?

ÆR.—-Non ; parce qu'on peut dire une bonne chose, de différentes manières.

Q:—Que voulez-vous dire par ces mots (‘je pense bien qu’il a dit ce qu'il fallait dire ? ”

ÆR,—Il a dû me fuire remise de cette lettre-là, et que la personne qui me l'envoyait était en bonne santé: qu’elle me présentait ses suluts ; quelque chose de même probablement ; et il a peut-être ajouté : ‘ il serait heureux de vous voir ;” et moi, j'ai dû dire quelque chose aussi, j'ai dû dire : ça réciproquera.

Q.— Après avoir eu cette lettre-là, la conversation s’est elle engagée eutre vous et le défendeur ?

J?.—On a dû dire quelque chose ; je ne me rappelle pas précisé. meut ce que j'aurais pu dire là ; je ne pourrais pas faire serment qu'on à dit telle chose ou telle chose; mais ce qui me parait ussez rapproché de la vérité, s’il m’a dit, je me présente; j'ai dû dire vous faites bien.

Q.— Pensez-vous que vous avez dû lui dire aussi, et que vous lui avez dit, que vous alliez travailler pour lui ?

ÆR.—II est bien probable, Seigneur! J'ai dû lui accorder toute non ivflueuce, comme citoyen, pour faire réussir son élection, et

ensuite, pour le reste, je ne pense pas que la Cour demande quelle était la raison que je pouvais avoir, comme ministre de l'Eglise ; alors on-laissera cela en réserve; mais comme citoyen, j'étuis bien disposé pour M. Robillurd, quoique j'aime bien M. Sylvestre aussi; je connais bien M. Sylvestre, et je l’aime bien.

Q.--Cette lettre se rapportait-elle à quelquesconversations, 01

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à quelques informations antérieures, que vous auriez pu avoir de M. Loranger ?

ÆR.—Je vous ai dit, d'abord, que cette lettre devait être la nouvelle que M, Robillard, probablement, acceptait la candidature ; à présent, avions-nous préalablement parlé d'un candidat ? Je ne doute pas du tout que nous en avions parlé ; est-ce longtemps avant l'élection, ou quelques jours avant ? Je n'en sais trop rien ; mais je me rappelle bion, c’est l'idée qui m'en est restée, que la lettre était la nouvelle que M. Robillard acceptait la candidature.

Q.—Alors, vous avez raison de croire qu’il en avait été question, de cette candidature,entre vous et M. Loranger, auparavant ?

À,—Si on s’est rencontré, on a dû s’eu parler, parce que çà nous intéressait.

Q.—Vous avez dit que vous avez fait votre possible, dans les intérêts de la candidature:de M, Robillard, comme citoyen ; voulez-vous dire quels sont les actes que vous prétendez avoir faits, seulement en votre qualité de citoyen, et en exercice da vos droits, comme tel ?

R.—-Comme citoyen, quand j'ai rencontré quelqu'un, comme ça: j'ai pu lier conversation avec ces personnes-là ; j'ai pu en rencontrer un certain nombre et ensuite, je me suis efforcé de répondre à certaines objections qu'on a faites ; et si on m'a demandé pourquoi j'étais pour tel autre, plutôt que pour tel autre homme, j'ai dû dire pourquoi ; chose certaine, c'est que le parti rouge, dans ces petites conversations-là, n’était pas beaucoup attrayant pour moi ; j'ai dû dire de l’éviter autant que possible ; et il n’y a pas encore longtemps que Guibord est entré au cimetière catholique ; alors on à dû eutrer dans différentes questions, comme ça; et ensuite, comme prêtre, uous avions des intérêts religieux à sauver, nous avons des auteurs de théologie à suivre, nous avons des sermous à donner, et ayant la liberté de la religion catholique, nous avons tous des chapitres en théologie ; j'en ai un, ici, qui regarde les avocats, il y en a un qui regarde les membres du Parlement et même,'n’en déplaise à votre Honneur, il y a un chapitre sur les juges ; nous devons parler de tout cela ; il y a un chapitre qui regarde le pouvoir civil

Eu, jm

ot le pouvoir ecclésiastique. Pour parler du pouvoir civil, pour dire ce qui se trouvo dans notre théologie, il fallait dire quelque chose du pouvoir civil,du pouvoir constitutionnel, et comme la question avait beaucoup d'actualité, alors, j'en ai pris occasion pour ivstruire l peuple,sur sa constitution, et ensuite, leur füire comprendre qu'il y avait le pouvoir de Césur et le pouvoir divin, le pouvoir de l'Eylise ; j'ai dû, comme de raison, leur laisser plusieurs notions

“que j'ui regardées comme très-essentielles, comme catholiques, renre à César ce qui appartient à César.

Q.—Je crois que vous perdez la question de vu ; je vous demande simplement ce qne vous avec fait, comme citoyen, et dans l'exercice de vos droits, comme citoyen ?

l,—Je crois avoir répoudu ce que j'ui fait comme citoyen,

Q.—Alors tout ce que vous venez de mentionner là, que vous avez dit, c’est comme citoyen que vous l’avez dit ?

R.— Non : j'ai répondu à votre. question,que comme citoyen j'ai dit telle chose, et quecomme prêtre, je considérais que la question qui se présentait m'imposait ua devoir:de parler, Je n'ai pas attendu votre question, mais j'aitant envie que vous me laissiez tranquille bientôt, que je donne deux réponses pour une question, afin de m'en uller.

Q.—Je vous ai demandé bien distinetement ce que vous avez fait comme citoyen, et je vous demanderai simplement de vous limiter à repondre à cette question; veuillez donc dire ce que vous avez fait comme citoyen seulement ?

R.— Comme citoyen, j'ai rencontré plusieurs personnes, sur la place publique, dans le chemin, sur les steumboats; j'ai pu les rencontrer à mou bureau, et j'ai Fait la conversation avec plusieurs, et puis on m'a demandé, je suppose, de quel parti j'étais, et puis je leur ai répondu, sans doute, que j'appartenais au parti conservateur, et j'ai dû leur faire comprendre que, dans mon humble opinion, ce parti là était celui que nous devions suivre, et même, j'ai dû remarquer encore, que contre le parti opposé, on avait des choses pénibles à redire ; parce que certains membres du parti opposé, avaient in-

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je troduit Guibord dans le cimetière catholique, Je pense que c'est Los suffisant, | | 0e Q.—Etait-ce, le plus souvent, avec quelques-uns de vos paroissad siens, que vous teniez ces conversations-là ? bé R—Je pense bien que c'est, le plus souvent, avec mes paroïsoir siens, que j* tenais ces conversations:là ; muis je, puis dite) én même sisi temps, que je ne les ai pas choisis ; s'ils n'étaient pas de mes pa- Lt roissiens, je n'ai pas hésité du tout à émettre mes principes, et en: fin, faire la causerie avec les personnes que j'ai rencontrées. Si de- vous me dites, vous avéz rencontré vingt paroissiens et dix: étran 108 gers, dans votre paroisse, je dois conclure que j'ai lié conversation, avec dix étrangers, à ma paroisse, et vingt paroissiens. ; 4 Q.—Duns ces conversations, c'est-à-dire de citoyen à citoyen, avez-vous parlé de la religion et de la conscience, et avez-vous dik, ee ou donné à entendre, à aucune de ces personncs-là, qu'il était d'a bligution de conscience, pour un électeur, ou de leur: devoir, BUS j'ai comme catholiqué, comme moyen d'assurer leur sulüt, de suivre lé Fa tion | parti conservateur, ou de voter pour le candidat Robiliard, ou, dans : bas ten- tous les cas, de s'abstenir de voter pour le parti rouge où ibéral et Ho ran- pour M. Sylvestre, qui en était le candidat ? | afin R.—Je me rappelle bien d’avoir dit, un jour, en chaire... Q.—Je ne vous parle pas de la chaire, je vous parle comme ci j fait toyen ? po \ hiter R.—Je ne m'en rappelie pas. Dans tous les cas, je n'ai pas fait | ù avez de menaces ; je pense bien que j'ai dû leur conseiller de soutenir | un homme qui soutenait leur religion, de le supporter; la question ur la de la religion u’est pas là. Pour ce que vous me demandez là, je ren- leur ai conseillé de voter pour les bons principes ; à présent, je ne s, et crois avoir fait de menaces à qui que ce soit, de citoyen à citoyen, s je Q.— Comme ça, dans ces conversations, vous n’avez toujours eur, parlé de la religion et des bons principes, qu’en autant que la reli- | 1, ce é gion pouvait être concernée dans le sort de cette élection ? | mar | H.—Oui, monsieur.

ibles Q.—Avez-vous dit ou donné à entendre, en aucune manière,

t in- dans ces conversations, toujours, que le parti libéral était un mau-

En, en

vais parti, ou un parti daugereux à suivre, pour des électeurs catholiques qui aiment leur religion ?

R.—Vous voulez parler toujours hors de l'Eglise et hors du Contessionnal, comme citoyen ?

Q.—Oui, monsieur,

-RJe pense que, dans ces conversations, j'ai répété ce que j'ai dit eu chaire, our j'ai bien compris que, dans les conversations comme dans les instructions données à l’Église, alors, on pourrait tirer parti de quelques paroles que je pourrais dire, et puis revenir contre l'élection de M. Robillard, alors, je crois bien avoir dit, eu prenant le jugement de la Cour Suprême, qui établit les franchises. du prêtre, comme citoyen, j'ui dû dire: je ne puis pas vous. fuire de menaces parce que la Cour Suprême dit: Je nie aux curés le pouvoir de dire qu'il y a péché à voter pour tel candidat, je nie aux curés le pouvoir de dire qu’il y a des censures et je nie aux ourés de pouvoir en mentionner quelques-uns de défendus. Alors j'ai pu parler eu ce sens-là, mais je me rappelle que, dans l'église, j'ai dit: au moins, mes frères, voilà les seules choses qui pourraient icvalider les élections, menacer quelqu'un de l’eufer, menacer de censures et menacer d’excommunication ; alors, je passe sous protêt ce qui a été avancé par les tribunaux suprêmes ; je prote-te contre cela; cependant, comme il n’y a pas de nécessité pour moi, aujourd’hui, à aller plus loin, eh bieu! je vous menacerai ni de l’enfer, pi des censures, ni d’excommunication, ni du refus de l'absolution, rien de tout cela; j'ai dit cela aussi daus les conversations politiques ; ça m'a guidé beaucoup, ca jugement de la Cour Suprême. |

Q.—Mais la substance de vos conversations étit-elle de nature: à faire comprendre, à ces personnes, qu’elles pêchaient entr: la religion, ou qu’elles exposaient le scrt de leur âme, en suivant le parti libéral ?

ÆR.—£afin, j'ui dit ce que vous, venez d'entendre là, j'ui dit que je n'avais pas à repéter des menaces, ni aucune des choses nides aux prêtres, par le Tribunal Suprême, et j'ai laissé les gens bien tranquillement, comme cela.

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