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Q.—Ne pensez-vous pas, alors que vous leur aves donné à entendre, par ces paroles, que si vous ne faisies pas ces menaces-là, c'était plutôt parce que ces menaces-là vous avaient. été défendues expressément, par un jugement de la Cour Suprême, que parce que vous ne les auriez crues nécessaires, dans l'intérêt des personnes à qui vous vous adressiez,
ÆR.—C'était purement et simplement pour empêcher ces personnes de prescrire contre l'Eglise catholique, parco que je préteudais que.le pouvoir de Césurge montait pas en chaire ni n'eutrait au confessionnal,
Q.— Dans ces conversations, avez-vous donné à entendre à ces personnes, que s'il n’y avait pas uu jugement de la Cour Suprême, dans le sens que vous venez de rapporter, vous leur auriez fait les wenaces auxquelles vous faisiez allusion ?
R.—Je crois que j'aurais été bien moins loin; si je u’avais pas vu mes droits de citoyen.assurés par le jugemeut de la Cour Suprême, je n’auruis pas osé dire ce que j'ui dit ; mais jui lu ce jugement-là, et je lai encore par devers noi et ulors, j'ai dit : Mes frères, vous voyez, entre moi et vous il n’y a pas de différener, le jugemeut de la Cour Suprême dit que le prêtre a autant de franchise électorale que les luïques, mais il u'en a pas plus; alors j'ai dit : Mes frères, vous voyez que le premier d'entre vous, serait-il un potier, peut venir à lu porte de l'église et il va vous déblatérer, sur toutes les questions, toutes espèces de choses, et où aura rien à.lui dire du tout ; un, homme instruit dira toutes espèces de choses et on dira : c’est son droit de citoyen ; et quand je me suis vu, moi, avec un privilége aussi étendu que cela, quand j'ai vu que j'avais autant de privilèges que mon concitoyen de Belœil, j'ai dit: Je pourrais bien parler, moi aussi, je pourrais dire quelque chose, et alors, j'ai dit quelque chose.
Q.— Avez-vous dit ou donné à entendre, dans aucune de ces conversations, que le parti libéral était ua mauvais parti, au point de vue religieux,
R.—Voïci ce que j'aidit; j'ai pris le Syllabus et j'ai dit: mes * frères, n'allez pas croire que celui qui est condamné, comme libé-
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ral, par le Syllabus, est toujours logé dans le parti libéral; il y a des hommes, aujourd'hui, qu’on appelle conservateurs, qui sont de vrais libéraux, dans le Sens du Syllabus ; conséquemment, je n'ai pas à renverser un parti politique, quel qu’il soit; un bon nombre veulent se passer la fantaisie d’être appelés rouges, mais dans ce parti-là, comme dans le parti conservateur, s'il y a des personnes qui viennent contredire carrément un article du Syllabus, je dis : vous êtes libéral, quoiqu'il dise, je suis conservateur ; je ne regarde pas à quel parti ni à quelle doctriÿe vous appartener, et je eonsidère que vous êtes hors des gonds.
Q.—Vouliez-vous dire ou donner à entendre, par ces paroles, qu’il pouvait y avoir autant de mauvaises doctrines, ou de principes pernicieux, dans le parti conservateur que dans le parti libéral ?
R.—dJe ne pense pas avoir voulu dire cela; j'ai toujours cru que, en fuit de mauvais principes, vous aviez votre large part, les libéraux.
Q.— Alors voulez-vous dire qu'il y avait égalité ?
R.—Non; puisque j'ai dit que vous aviez la plus large part.
Q.— Vous avez dit large part; je n'ai pas compris plus large part ?
R.— En supposant deux larges morceaux, et l'un plus large que Yautre, ct on dit vous avez la large part, cela veut dire que les autres cz ont moins large que vous autres.
Q.-—Dans vos conversations, avez-vous eu occasion d'aborder le sujet du Conseil Législatif, et voulez-vous nous dire ce que vous
avez dit à ce sujet-là ?
R.—-Je n'ai pas commencé à parler du Conseil Législatif, dans des conversations privées, j'ai eu occasion de parler du Conseil Législatif dans l'église, un jour, et j'en ui parlé en conversations priyrées, après cela, je pense; je me rappelle très bien que j'ai dit, à plusieurs de mes paroïssiens qui m'en ont parlé, voyez / on veut renverser le Conseil législatif, cependant ça me parait une iustitution de vieil âge, une institution bien respectable, et si vous regardez l'Ancien Testament, vous verrez le Sanhédrin; que Jé-
thro, le beau père de Moïse, conseilla à son gendre de se nommer un Conseil, un aréopage, et je dis que, dans le pays, nous, catholi. ques, nous avons besoin des Conseillers Législatifs, parce qu'ils sont plus indépendants, vu qn'ils ne sont pas soumis au peuple, par les élections ; enfin, j'ai dit tout ce qne j'ai pu dire, au soutien du Conseil Législatif; et quant à ceux qui voulaient le renverser, j'ai dit, je ne pense pus, messicurs, que ce soit dans vos intérêts.
Q.— Avez-vous dit que vous ne pensiez pas que ça fut dans leurs intérêts religieux, et que le Conceil Législatif était une protection pour les in‘£rêts religieux que vous défendez ?
Æ.—Oui ; je crois avoir dit cela, et je le crois encore,
Q.—Davs ces conversations-là, avez-vous dit que le Conseil Législatif était d'institution divine, et ne vous êtes vous pas, surtout, appuyé sur l'extrait de l’histoire Biblique, que vous venez de rap-
porter ?
R.—dJ'ai vu, en effet, que j'étais accuséj d'avoir établi que le
Conseil Législatif était d'institution divine, et j'en ai été fort humilié et fort honteux, et il me fait peine de croire qu'il y a des paroissiens qui oseront me supposer assez bête et assez innocent, pour fure remonter l'institution du Conseil Législatif au Sanhédrin, qui existait quinze cents aus avant Jésus-Christ, J'ai dit purement et simplement, que le Conseil Législatif avait quelque analogie avec le Sanhédrin nommé à Moïse, à la suggestion de Jéthro, son beau père, et que lui, le Sanhédriv, était d'institution divine,
Q.—Généralement dans ces conversations, disiez-vous tout ce que vous pensiez sur le parti libéral &t cintre ce parti ?
R.—Oui ; je ne me suis jurcais gôné de dire ce que je pensais sur le parti libéral, et eontre le perti libéral,
Q.—Pensiez-vous, dans se temps-là, que le parti, auquel appartenait le candidat Sylvestre, était un parti mauvais ou condamné, aux yeux de l’église catholique ?
R.— Non; comme parti politique, comme portion de la population, qui se choisit un nom de parti, je n’ui jamais prétendu que
l'Eglise catholique l'avait encore condamué jamais ; et si c’en était le cas, ma manière d'agir avec ce parti là aurait été bien différente.
Q.— Pensiez-vous que le parti, indépendamment de son nom, mais par ses faits et actes politiques, dont vous croyiez devoir le tenir responseble, était un parti dangéreux pour la religion, de telle sorte que vous vous seriez cru justifiable, dans les intérêts de la religion d’opposer ce parti de toutes vos forces,
R.—La réponse que j'ai à donner, à cette question, ne sera pas culquée jaécisement, sur la question telle que redigée par le savant avocat ; il y a deux chefs dans Ja question. J'ai dû former, dans le temps, mon jugement, et pour former mon jugement, j'ai pu puiser, daus tout le parti libéral, des raisons et des faits qui ont eu lieu, par certains hommes qui sont restés dans ce parti-là et que je prétends avoir donné origine à ce parti, et alors, en réunissant toutes les raisons que j'ai pu puiser, parmi les hommes du parti, je dois dire que j'ai opiné, pour le parti conservateur étant convaincu que le parti conservateur lui était préférable ; je n'ai pas agi sans un motif; je n’ai pas pris de détermination sans avoir de raisons pour le faire, Comme c’est suffisant, je m'arrêterai là,
Q.—Etiez-vous d'opinion que le parti conservateur était seulement préférable au parti libéral, où étiez-vous d’opiuion, ou nou, que! le parti libéral était un parti dangereux, pour les intérêts de la réligion catholique ?
Æ,— Pour choisir entre deux choses, il n’est pas nécessaire qu’on voie l’abime des deux côtés. Il peut très-bien se faire, si on m'eut demandé, dans le temps : croyez-vous que si le parti libéral reste au pouvoir, alors, que tout est perdu dans le monde, que j'aurais dit :nou. Probablement que si on m’eut dit: le parti conserva teur vous sourirait-il d'avantage, pour sauvegarder les intérêts de la religion, j'aurais répondu oui. Chacun son opinion dans le monde,
Q.—Alors, si je vous comprends bien, vous ne pouviez pas, dans ce temps-là, qualifier le parti libéral de dangereux pour la religion catholique ?
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R,—Je distingue; je répête ma réponse précédente, Je ne pouvais pas dire que le parti libéral restant au pouvoir, tout était perdu, mais je pouvais dire, et je croyais, que le parti conservateur était bien préférable pour sauvegarder les intérêts de la religion.
Q.— Pouvez-vous dire, oui ou non, tel qu'on vous le demande, si vous cousidériez le parti libéral, pour une raison ou pour une autre, dangereux aux intérêts de la religion catholique ?
R,— La conséquence de ce que j'ai dit, c’est que je considérais que le parti libéral offrait certains dangers; mais je me permettrai, si vous n’y avez pas d'objection, de répéter une partie de mon témoignage. J'ai dit, aussi, qu'il y avait la question du libéralisme, alors, ce libéralisme peut se trouver dans les conservateurs, et il peut se t'ouver dans les libéraux aussi; à présent, en quel nombre se trouvent-ils dans chacun de ces partis? eh bien! je vous ai fait une assez large part, gratuitement accordée, et c’est là ma manière de voir.
Q.—Peusicz-vous, dans le temps, qu'un électeur catholique pouvait appartenir au parti libéral, sans exposer son salut, c'est-à-dire par ce fuit ?
R.—Je savais alors, comme je sais aujourd'hui, que le parti, por lui-même, n’était pas condamné par l'Eglise,
Q.—Malgré qu'il n'y eut pas, comme vous dites, de condamnation formelle, contre le parti, étiez-vous d'opinion, oui ou uon, qu’un électeur catholique ne pouvait appartenir à ce parti-là, sans exposer son salut ?
R,—N'étant pas condamné par l'Eglise, le parti n'offrait pas de danger imminent; je pourrais bien ajouter que celui qui appartenait à ce parti, n'était pas encore dans l’occasion prochaine de se damner, mais il était plus exposé, s’il suivait les tendances d'un certain nombre d'hommes qui appartiennent à ce parti-là,
Q.—Avez.vous conseillé ou avisé aucun électeur catholique, dans cette élection.là d'abandonner ce parti, à cause de la religion ?
R.—Je ne crois pas avoir employé les expressions qui sont entrées dans votre question, pour la boane raison que j'ai déjà citée,
> le que je n’ai pas.eu l'intention, sans causes urgentes, de poser un cas qui aurait été cause de l’annulation de l'élection,
Q.— Alors, si je comprends bien votre réponse, vous jurez que vous n'avez jamais douné uu pareil conseil, sinon dans les mêmes termes du moins en substance, tel que posé dàns la question précédente ?
ÆR.—-J'ai dû user de toutes les expressions, dans le tenps, que je regardais comme étant permises. J'ai en maios un jugement rendu par le Tribunal de la Cour Suprême ; il m'a servi beaucoup à ine guider, dans ce que j'ai dit, que j'avais plus de confiance dans le parti conservateur, pour la religion, par déduction du principe posé, J’ai bien pu dire à une personne : Eh bien ! si vous aimez votre nationalité, si vous aimez vos institutions, alors je crois que vous feriez bien d’appartenir à un parti qui vous sonserverait tout cela.
Q.—Par institutions, entendiez-vous comprendre la religion ?
ÆR.— Par institution, j'entendais d’abord, comprendre nos écoles, le Conseil Législatif et tout ce qui est maintenu par le parti couscrvateur. :
Q.—Est-ce que vous croyiez, dans ce temps-là, qu'il n’y avait que le parti conservateur auquel ces institutions étaient chères, et que le parti libéral voulait les détruire ?
Æ.—Je croyais, dans ce temps-là, ce qui se disait ; qu'il voulait d’abord, ruser le Conseil Législatif, mettre entre les mains de l’Assemblée Législative, toutes les questions ; et alors, suivant lés fluctuations du peuple et des idées, qu'on en viendrait a régler toute chose par une seule chambre, et très-souvent, nous avons crus remarquer qu'ayant les deux Chambres, une mesure passait dans la Chambre d'Assemblée, et puis était retardée au Conseil Législatif et quelque fois elle avait échoué là, conséquemuient j'ai: dû opiner pour le parti qui me dovnait le plus de sûretés.
Q.— Comme pasteur et curé, croyiez-vous, alors, qu'il était de votre devoir, de faire votre possible pour contribuer à l'élection du défendeur ?
ÀÆ.—Comume pasteur et curé, j'ai toujours cru, et je croyais et je
Cas
mt RO bon
crois encore, que je dois mettre tout en œuvre, pour conserver intacte, la Religion Catholique, Apostolique et Romaine ; faire tout en mon pouvoir pour promouvoir ses intérêts, et s1 une chose me parait tant soit peu meilleure que l’autre, je dottieat la meilleure,
et puis je laisserai celle qui me paraitra un peu moins bonne.
Q.— Alors, c'est pour cette raison-là que vous fa vorisiez l'élection du défendeur n'est-ce pas ?
R.--Pour cette:raison-là, et, comme je l'ai remarqué dans, mes réponses, je façorisais le «didier qui avait des principes analogues à mes prieines, et je ne regardais pas si c'était M. Robillard ou M. Sylvestre que. j'avais à favoriser, pas du tout, mais je favorisais, les principes que je croyais les meilleurs pour sauvegarder les intérêts de la religion, Je vous parle comme pasteur.
Q.— Dans votre opinion d'alors auriez-vous era qu'un prêtre ou curé, d’un comté, aurait été justifiable de: refüser do confesser, d’absoudre et d'admettre au?sacrement de l'Éucharistie, un éleeteur catholique, qui se serait dit appartenit au parti libéral et aurait refusé de l’abandouner ?
Objocté à celte question comme illégale, en autant que l'opinion du témoin, comme prêtre, pasteur et confesseur ne peut ètre produite comme preuve et ne peut avoir avoir aucune influence sur le vrésent litige.
Objection renvo ÿée par la Cour,
R:—Ma lie découle du principe que j'ai posé, qe l'Eglise Catholique n’a pas condamné le parti, commé parti ; de sorte que si l'Eglise ne l'a pas condamné, je ne suis pas abtuñt que l'Eglise, je suis soumis à l'Eglise, Voüs êtes satisfait, mais la question est très-dingéreuse, car ga pourrait peut-être mettre ion concitoyen en appétit, comme je disais, d'en poser d’autres, et la question est près du Tribunal de la Pénitence ; si vous fuites encore quelques questions vous allez entrer dedans,
Q.—Vous voulez dire, alors, que dans ces conditions, un prêtre n’uurait pas été justifiable de refuser l’absolution ?
Objecté comme illégale et saggestive.
Objection maintenue.
Q.—Par cette explication, entendez-vous répondre, oui ou non, à la question précédente ?
R.—Il me semble, monsieur, que je n'ai plus de réponse à donuer, parce que la dernière réponse tient place de celle que vons demandez à présent, Vous voudriez me faire dire qu’un prêtre ne serait pas justifiable de refuser l'absolution, mais qui me dira, à moi pourquoi il a refusé l’absolution ?
Q.—Avez-voas, en chaire ou ailleurs, invité les électeurs à aller vous voir, à votre presbytère, au sujet de cette élection ?
Le Défendeur objecte à la preuve de ce que le témoin a pu dire en
chaire, en sa qualité de curé de Ste Geneviève de Berthier. Objection réservée pour être décidée lors de l’audition au mérite.
Æ.--Je regrette toujours, qu'il se soit écoulé autaut de temps. Dire que je ne les ai pas invités de venir me voir, je m'éloignerais peut-être de Ja vérité; dire que je les ai invités à venir me voir, je ve m'en rappelle pas très-bien ; mais il me semble qu'aujourd'hui, dans des :circonstances semblables, je les inviterais bien à venir me voir.
Q.—Y eu a:t-il plusieurs qui sont allés, parmi vos paroissiens, pour vous parler de cette élection ?
R,—J'en ai vu un certain norabre ; il y en a plusieurs qui au lieu de venir se sont éloignés; mais il y en a uu certain nombre aui ont eu occasion de venir à mon bureau, pour d’autres affaires, et je crois bien que j'ai pu causer de l'élection avec eux, parce que je n'ai jamais fait uno cachette de cela,
Q.—Avez.vous parlé en chaire, de Ja mission de Son Excellence le Délégué Apostolique, Monseigneur Conroy, au Canada, et du résultat ou de la conelusion de sa visite, et de ses travaux, au Canada, au point de vue des partis poiltiques ?
R.—Oui; je me rappelle d’avoir refuté certains avancés, qui ont parvenus À mes oreilles, comme venant du parti libéral, que Monseigneur Conroy aurait dit telle et telle chose, qui aurait été une condamnation de ma manière de voir, sur les préceptes de l'Eglise et je crois que l’on ajoutait, à l’âide de Monseigneur Conroy, on va fermer la bouche aux curés; nous ailons voir que dimanche prochain
notre curé ne parlera pas taut, Et, le Dimanche suivant, je suis monté en chaire, avec une lettre de Monseigneur de Montréal, qui, parlant des temps pénibles que nous traversions, disait : cries, crie bien haut les principer; promulguez les principes ; et j'ai du remarquer (mais je ne me souviens pas de cela comme de mon Fater) : “Voyez! mes frères, Monseigneur Contoy ne nous a pan fermé la bouche, nou plus qu’à notre Evêque.’’
Q.— Avez-vous parlé du résultat de la mission de Monseigneur Conroy, en autant qu'elle pouvait affecter la question :; si le parti libéral était hostile à la religion, ou condamné par l'Eglise et, si oui, veuillez dire ce que vous avez dit, spécialement sur ce sujet, à ee point de vue ?
R.—J'ai dû parler du fait et des résultats de la mission de Monseigneur Conroy, dans le pays, et j'ai dû dire que, vu les interprétations de certains hommes, qui sont allés le voir, les conséquences avaient.été loiu d’être uu suceès, pour les bons principes.
Q.—Voulant dire les conséquences résultant des actes ou de la mission de Monseigneur Couroy ?
R.—dJe veux dire les interprétations que l’on a données aux réponses.
Q.-- Avez-vous parlé, en chaire, d'un voyage de MM. Chapleaw et Anger, à la réquisition du Lieutenant-Gouverneur Letellier, et qu'est-ce que vous en avez dit ?
R.—Je crois avoir dit un mot, sur ce voyage-là, sur la dépense de trois à quatre cents piastres, ayant loué une loromotive ou un char, ou quelque chose comme cela ; et je crois avoir dit aussi, comrent la chose était arrivée; puis j'ai dit, je crois, sur la question, out ce que j'en savais, et j'aurais voulu en savoir encore plus, pour en dire plus,
Q.— Vous rappelez-vous ce que vous avez dit, sur ce sujet-là ?
R.—Je crois avoir dit que j'étais informé que M. Chapleau et M. Angers, et peut-être, M. de Boucherville, étant à Ottawa, regoivent un télégramme de se trouver au Conseil, près du Lieutenant-Gouverneur, à une époque assez rapprochée, je ne sais pas si ce n'étsit pas le samedi, et les chars ne voyagent pas le dimanche;
sors il'leur falklit un ‘moyen pour arriver ; ça pouvait être une batterie, dirigée pour trouver à-redire, et crier au gaspillage ; innis il faut rendre-jüstice partout, alors j'ai dû expliquer les. circonstavces duñs lesquolles ces personnes s'étaient. trouvées, et comme äls s'étaient décidés a faire une dépense assez extraordinaire, pour se rendre; l'ordre quileut était donné, par-le Lieutenant-Gouverseur, et comme la charité ditide.ne pas penser mal, j'ai, dû,trouver qu'ils’ étuienttrès-obéissants à leur Lieutenant- Gouverneur.
Q.-=Avéz-vous!dit qüe c'était ‘de la faute de quelqu'un, si, ces dépenses.lX ivhiént été encourues et de qui avez-vous dit sa c’était la faute 2° !! #10
ÆR.—dJ'ui dû dire que c'était la faute de nadia uu’; jai dû le dire, et je crois que je l'ai dit, au moins, j'ai du dire, les informations que j'avais.
»Q.— Qui avez-vous aceusé d’être l’auteur de ces dépenses ?
Æ.—-Je:pense qu'on a uecusé, dans le temps, sur les journaux, le Lieuténant-Gouverneur.
Q.—Et, sur la foi des journaux, vous avez répété cela, en chaire ?
R.—QOui; je pense que c'est sur le témoignage que j'ai eu des. Journaux, et ensuite de d’autres orateurs qui sont venus parler,
Q.—-Vôüs räpoglez-vous M: le curé, sur quels journaux, vous avez vu cela ? |
Æ.—Je ne pense pas que ça fût sur la Patrie, elle n'existait pas, æi sur, le, Fa Us; ; est bien, probable que j'ai dû lire cela, soit dans la Gazetle des Sorel, qui m'était envoyée, alors, ou soit. duns le Nouveau-Monde, mais je ne suis pas positif à dire cela ; mais toujeurs que jsuis certain que je ne l'ai pas inventé, que j'ai vu cela quelque part,
Q.— Dans quelques-uns de vos sermons, avez-vous critiqué le jugement de.la, Cour, Suprême, relativement à l’éleition, de l'hono- , Table M. , Langevin, pour le comté de Ubarlevoix, et dans quels termes avez-yous ainsi critiqué ce jugement ?
R.--J'e. crois avoir dit, en donnant les explicaticns des pouvoirs de l'Eglise catholique, et en expliquant les limites du pouvoir civil, que les juges des Tribunaux civils n'avaient jamais reçu, à ma
une Anis cons- TN in € pour 1veruyer
ces
connaissance, mission de fixer'ou déclarer, certaiues choses, péchés, en l'Eglise catholique,
Q—Etiez-vous, alors, sous l'impression que le jugement de la Cour Suprême comportuit une telle déclaration, et l’avez-vous jamais lu ce jugement ?
R.2LJe l'ai lu, etje l'ai encore par devers moi, et j'ai vu que, dans ce jugement de lu Cour Suprêttie, on disait : je nie, aux prêtres, le pouvoir de dire qu'il y a péché à voter pour tei candidat, ‘ou quelquechose de semblable ; je nie aux prêtres le pouvoir de menacer de censures, celui qui votera pour tel candidat, et encore, je pie aux prêtres le-pouvoir de menacer de la peine éternelle, un individu qui votera pour tel candidat. J'ai pris, les faits isolement, et je me suis demandé, et j'ai demaudé à l'assemblée, si vraiment, on pouvait compter sur le pouvoir civil, pour déterminer les péchés qui peuvent se commettre contre les lois divines,
Q.—Pendant cette élection, ou avant, avez-vous reçu, ou est il à votre connaissance, qu'aucun des autres curés de ce district électoral, ait regu de votre Evêque, des instructions spéciales ou particulières, à être suivies par vous et par eux, au sujet de cette élec tion ?
ÆR.—Ce qui regarde la direction des paroissiens, la direction qui est donnée au curé, par son Evêque, je dois vous remarquer qu'il y a ce qu'on appelle des mandements, et il y a quelques fois, qui accompague les mendements, une circulaire ; la circulaire est pour la direction du curè. Maintenant, je desirerais pouvoir vous informer, mais comme déjà votre parti s'est emparé de certains documents émanant des Evêques, je me permettrai de vous dire, M. Brousseau, que vous avez eu votre part, parcequ'il y a une lettre, comme de raïson, qui a été exploitée comme celà, et on a dit: on a une lettre, ct À présent les curés vont se taire; ce qu’il y a de certain, c’est que les directions que notre Évêque nous a données, on a dû les suivres, parce qu'on ne badine pas avec l'autorité religieuse, seulement, il me paraitrait un peu extracrdinaire qüe j'aurais à rendre compte des lettres que je reçois ; et supposons que je vous l’accorderais, pour une, pourquoi pas pour une autre ; supposons que l'Évêque m'en
“une lettre a
ps ©
voie, À un mument donné, une lettre terrible, parcequ’un homme n'est pas sans défaut, etil est toujours bon de le reprendre dans ses
défauts, et je ne voudrais pas vous habituer À me demander les lettres que je reçois.
Q.—Je ne vous ai pas encore demandé quelle était la paigre pe ces instructions, je vous ai simplement. demandé s’il y en avait eu d’envoyées ?
Æ,—Nous en recevons tous les ans, et plusieurs par année. Nous en avons reçues déj\ deux, depuis le retour de Monseigneur de Montréal, de Rome ; nousavons reçu deux circulaires, et un
mandement, que nous avons lu; et les circulaires, nous les avons par devers nous,
Q.—Je vous «i simplement demandé si vous avi:z reçu de l’Evéque, ou si d’autres curés, du comté, avaient regu de lui, aucune lettre, circulaire, ou instruction spéciale ‘ou particulière, rélativement à la conduite à suivre par le clergé, dans l'élection eu question ?
R.— Par rapport aux autres curés, il est probable que s'ils ont requ quelques bonnes semonces, ils ne s’en sont pas vantés; © est tout probable.
Q.—Je ne vous parle pas de reproches, ui de semonces, ni de reflexions particulières, sur la conduite particulière d'un des membres du clergé ; je vous demande seulement s’il y a eu quelques instructious données généralement aux membres du clergé du district électoral, relativement à leur conduite à tenir dans cette
section ?
À ”—Oui, il y a eu une lettre, où il est dit : “Criez, bien haut.”
%0v + qui a surpris tout mon monde ; ils pensaient que l'Evêque
VU est @
“allait me dire de garder le silence, et j'ai dit: ‘mes frères, voilà
a Monseigneur de Montréal, qui dit: ‘ Dans de sem-
01 h 4 nn! . t blables circom +. 2068» CrieZ bien haut, défendez les principes e
j'ai lu la lettre,
Q.—Allit-efle jusq cipes d’un parti.
u’à dire de défendre un parti ou les prin-