Nommez-les
R.— Alexis Belisle, rentier de Borlbier, Charles Gravel, de Ben:
fs
thier. Il y a peut-être encore d'autres personnes, moi je connais que
668 deux-b.
Q. Et ç 'est le jugement de la Cour Suprême qui les a changées ?
R.—Je ne puis pas, vous dire que c’est le jugement de, la, Cour Suprême. je, vous dis que ce sont les instructions du curé,
Q. Pensez-vous que ces deux électeurs que vous venez de men--
tionner sont maiutenant contre la Cour Suprême ? | À.—Je ne dis pas cela.
Q.—Vous ont-ils.dit eux mênres quil avaiént ‘été influencés par les discours du,çuré ?
R.—Monsieur Bélisle me l'a dit à Las Hg à pl l'autre ? R.—Ce n'est pas à meimitins qu’il l'a dit.
Q.—A qui:est-ce ?
R.—A James S. Dixon.
Q—Y étiez-vous ?
ÆR.—ùon.
Q.—Aiors vous n’en connaissez rien ?
Æ.—-Je vous ai dit que je l'avais appris de d'autres, mais Bélislec'est à moi-même qu'il l'a dit,
Q.—Où Bélisle vous l’a-t-il dit ?
KR. -Chcz luig go Q.— Quand ?
R.-Lundi..
Q.—De cette semaine ?
R.—Oui ; je le savais d'avance, mais il me l’a répété.
Q.— Devant qui.
R.—Je n'ai pas remarqué, je sais qu’il y avait des personnes.
- Aans la maison, muis je n'ai pas remarqué qui. Q.—Bélisle a-t-il Lg été libéral, ou a-i-il déjà été conservateur ? :
Æ.—1 a toujours été libéral et c’est ce qu'il a tonjours dit, En revenant de l’église, il 1’a dit je ne suis plus rouge, 11 faut écouter son curé, je ne vote pas ; et il n'a pas voté, |
ue- Q.— Ne savez-vous pas que ce nommé Bélisle, a voté pour monsieur Cuthbert, dans ses deux élections ?
a ? R.—Je ne le sais pas.
ur. Q.—Jurez-vous, monsieur Coutu, qne le curé a dit que:tous les
juges de la Cour Suprême étaient des protestants ?
ÆR.—-Je n’ai pas dit tous, mais une partie.
Q.— Les deux personnes que vous, veuez de mentionuer sont les seules personnes que vous connajssez auxquelles M, le curé a fait À abandogner le parti de M. Sylvestre ?
Lea R.—Je l'ai dit et je vous le répète encore, il m'en a été nommé
p'usieurs ; mais çe n'est pas à moi-même que cela 9 été dit. Êt ie. déposant ne dit rien de plus.
en--
Euchariste Ayotte,
lisle- Cultivateur de St. Barthélemy, âgé de 48 ans, Lequel etc., ete, dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès. Q.— Lors de l'élection dont il est question en cette cause, tenueen avril et en mai 1878, ou résidiez-vous ?
R.—A St Barthélemy, monsicur.
Q.—Etiez-vous électeur ayant droit de voter à cette électian ? R.—Oui, monsieur, pnes Q.—Vous êtes catholique ?
R.—Oui, monsieur, rva- Q.—Est-ce aussi la religion de la presque totalité de cette paroisee ?
En R.— Oui; je ne connais aucune autre religion dans la pauter roisse.
Q.—Avez-vous eu occasion, en assistant à la grandé messe, les.
DEEE
dimanches ou fêtes, pendant le temps de cette élection, d'entendre prêcher ou donner des instructiovs par le révérend messire Archambault, curé de cette paroisse, au sujet de la politique et de l'élection en question en cette cause ?
‘ R.—Oui, monsieur,
Q.— Qu'est-ce que vous lui avez entendu dire relativement au parti libéral ou rouge, au point de vue de la religion ?
R.—Je lai entendu prêcher quon ne devait pas être rouge et catholique, que ça ne pouvait pas s’admettre dans la religign cathodique,
Q.—Qucls'étaient les deux candidats sur les rangs à cette élection-là ?
R.— Monsieur Robillard et Monsieur Sylvestre.
. Q.— Quel était leur parti, à chacun de ces deux messieurs, dans “cette élection ?
R.— Monsieur Robillard m'a toujours dit qu'il était conserva teur, et Monsieur Sylvestre, libéral, pour le parti libéral.
Q.—Du quel des deux partisle curé voulait parler lorsqu'il pardait du parti rouge, ?
R.—Je pense qu'il voulait parler du parti de M. Sylvestre, quand il parlait du parti rouge.
Q.— Est-ce que le mot rouge est souvent employé pour désigner le parti libéral ?
R.— Presqu'autant l’un que l’autre.
Q.—Qu'est-ce que monsieur le curé Archambault a alors dit, ou vous a prié de vous rappeler relativement à'ce qu'il avait dit auparavant, concernant l'élection et les partis ?
R.— Monsieur Archambault nous a dit, à la dernière élection, -qu’il n’était pour aller aussi loin qu’il avait déjà été, que ce serait plus court ; maïs qu'il était le même homme, et qu'il suivait les mêmes priucipes, et qu'on devait le suivre.
Q.—A:t-il demandé alcrs à ceux qui écoutaient, de se rappeler
queïique chose et quoi ?
R.—Probublement qu'il a pu demander cela.
Q.— Qu'est qu'il a demandé à ses paroïissiens de se rappeler.
LA
R.—II a dit : rappelez-vous que le parti n’est pas admis par l'Eglise, et qu'on y tient fortement.
Q.—Quaud il a dit qu’il était toujours le même homme, et que vous deviez vous en rappeler, de quoi avez-vous compris qu'il voulait que vous vous rappeliez ?
R.—J'ai compris qu'il voulait nous rappeler tout ce qu'il nous avait dit avant cetté élection-là, do ne pas être de ce parti-là, de soutenir l’autre parti autant que possible.
Q.-—De quel parti parlait-il en disant que le parti n'était pas admis par l'église ?
R-—J'ai compris qu'il parlait du parti libéral. Q-—Quand il vous a dit qu'il était toujours le même homme que par le passé, qu'est-ce que vous avez compris qu’il voulait vous rappeler dans le passé ? | Æ.— J'ai compris qu'il voulait me rappeler qu’il fallait nécessairement être du parti conservateur ; c'est ce que j'ai pensé et que j'ai cru duns ma croyance.
Q.—Vous avez dit qu'il en ävait déjà parlé duus une élection antérieure, daus quelle élection étuit-ce ?
R.--Dans l'élection précédente.
Q.—Combicu de temps auparavant avait eu lieu cette élection-là, combien d'années auparuvant ?
R.—-Trois ans, je crois.
. Q.—Entre quels candidats avait eu lieu cette élection-là ? R.—Entre monsieur Sylvestre et monsieur Tranchemontagne. Q.—Eat-ce 1@ même monsieur Sylvestre qu’à cette élection de mil huit cent soixante-et-dix-huit ? ane
R.—Oui, monsieur.
Q.— Qu'est-ce que le curé vous avait dit à cette élection précédente et dont vous vous êtes rappelé ?
R.—11 a dit beaucoup d'autres choses, mais je ne suis pas capable de me souvenir de toutes.
Q.—Lites-nous ce dont vous vous rappelez ; a-t-il parlé de Lucifer, a-t-il dit qu'est-ce que Lucifer avait fait ?
R.—Oui ; il a parlé de Lucifer, il a dit que Lucifer était sorti
de l'enfer, qu’il avait couru nos rangs et qu'il nous avait enrégistrés, et il nous a dit beaucoup d'autres choses ; je ne puis pas me rappeler de toutes,
Q.—A:til dit que Tucifer avait eu la majorité dans la paroisse,
dans lu tournée qu'il avait faite ?
A,—Outs il a dit que dans la tournée qu'il avait faite, il avuit remporté la majorité sur l'autre parti ; que c'était bien malheureux,
Q.— Combien étuit-ce de temps après cette élection, antérieure, qu'il vous a dit cela ?
ZÆ&.—Je crois que la dernière journée de la votation était le vendredi, et que c'était le dimanche suivant,
Q.—Etuit-ce dans le temps des Quarante-Heures, à l'ouverture des Quarante-Heures ?
R.—C'était à l'ouverture des Quarante-Heures. Les Quarante- Heures ont commencé le lundi matin.
Q.— Qu'est-ce qu'il avait dit, par rapport à ceux qhi avaient été enrégistrés sur cette liste-là et par rappo rt aux Quarante-Heures ?
R.—Par rapport aux Quarante-Heures, il nousavait fait un sermon, comme de raison, nous disant que celui qui s’approcherait de la Sainte Table, ferait un sacrilége, et qu'il nous défendait d'y approcher.
Q.—A ceux qui avaient voté pour quel parti défendait-il ainsi de s'approcher de la Sainte Table ?
R.—J'ai compris que c'était le parti libéral, |
Q.—Ces sermons-là ou ces paroles-là ont elles, dans le temps, fait beaucoup d'i impression dans la parcs à e
R.—Je le crois bien, parceque ça m'en a fait beaucoup à moi, et à plusieurs comme moi,
Q.— Les gens généralement, dans la paroisse, ont-ils gardé souvenir de ces sermons-là ?
R.--Je le crois bien ; ceux qui appartenaient au parti libéral, <a particulier, parcequ’on a eu assez de.moqueries de nos amis, à la porte de l'église, que ça nous en a fait rappeler longtemps.
Q.-—Ces sermons-là avaient-ils fuit de la peine aux partisans du parti libéral ?
R.—Ouipmonsieur,
Q.—D'après ce que vous connaissez de ce qu'il avait dit, à cette élection antérieure, ainsi que de ce qu'il a dit dans l'élection dont on parlé maintenant, est-ce que ça eu beaucoup d'effet on quelqu'effet, sur le résultat de la votation, daus l'élection D cette cause ?
R.—Je le crois bien que ça fuit ot d' ft on avait toujours eu Ja majorité, et on s’est trouvé en pion, MS la :dernière élection, de beaucoup,
Q.—Est ce l'opinion générale dans la gb cp que ça été la cause de ce changement ?7
R,— C'est ce que j'entends dire, Oui, je le pense; cest le dieton général, d'après ce que j'ai entendu parler, ça eu un grand &
. fet sur la question.
Q.—A l'influence de qui attribue-t-on surtout le fait que monsieur Robillard a eu une majorité, dans la paroisse de St. Barthé: lemy, à la dernière élection ?
R.—On ne peut pas connaître beaucoup d'autre influence que celle dé monsieur Archambault, et on n’en a pas vu d'autre. Mossieur Robillard n’est jamais venu, il n’est pas venu dans la paroisse, dans aucun rang ; on ne l’a jamais vu, on ne le connait pas.
Q.—Savez vous si M. Robillard est allé chez le Curé, nu moins ? R.—Non monsieur ; ces affaires-là je ne le sais pas; j'ai Li ci dire qu'il y était veuu, mais je ne le suis pas.
Q.—Pendant l'élection de 1878, c'est à-dire, celle dont on s8’0ecupe maintenant, monsieur le curé a-t-il parlé en chaire, du libérslisme catholique et du libéralisme politique, et qu 'ést0e qu'il a dit par rapport à ces deux choses-là ? fau {0
R.— Oui monsieur, il en a parlé ; il nous a:dit quele liberalisëme catholique et le libéralisme politique ne Fine qu uue se et même chose, : LETTRE,
Q.—A-til dit que c'était une chose approués RU emdriinés par l’église catholique ?
R.=II nous a condamnés ; qu'on ne pouvait pas ipod de
T'Ægliso avec ces faitælà, o'est-à-dire, la libéralismo catholique et le Kibéralisme politique.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.--Vous aves dit que monsieur le Curé avait dit qu'on ne
pouvait pas être rouge et' catholique ?
A.-- Qui, monsieur ; je l'ai dit,
Q.- Quand a-til dit cela.?,
R.—Je n'ai pas remarqué la date, mais il l’a dit dans ses prônes,
\Q.—Mais duns quel temps, à peu pre ?
R.—Je ne suis pas instruit ; je n'ai pas marqué la date ; je ve sis pas lire ni écrire.
Q.— Etes-vous sûr, et jures vous positivement qu'il l'a dit dans a déroiere élection ?
‘“R-—Je ne jurerai pas cela, pour la dernière élection, mais je
jurerai que dans la précédente élection, il l'a dit.
Q.—Mais vous ne savez pas s’il l'a dit, dans la dernière éleos ion ? :
R.—Je ne suis pas copable de lejurer, |
Q.— Vous aves dit que M. Robillard, le défendeur, vous a dit qu'il était conservateur; quand vous a-t-il dit eela ?
R.—Je ne l'ai jamais vu, il n'a pas pu me le dire; je n "ai jamais purlé à monsieur Robillard.
Q.— Vous avez dit que monsieur le curé Archambault avait dit que le parti libéral n'était pas admis par l'Eglise, et qu’il y tenait fortement; quand u:t-il dit cela ?
R.—1l a dit eelu duns toutes les élections, jusqu'à la dernière élection ; il'u dit aussi qu'il y tenait fortem ne pas être adumis à l'église.
| vdi hui tot positivement qu'il a dit cela à la dernière éledon ? :
R Oui, iiohatour:
Q.+-Kitce du commencement ou à la fin de l'électie n qu'il a dit ocla ?
{, B. — Probablément-que c'était au commencement, né le “temps
' [] le que les membres étaient en marche pour l'élection. Q:—Jurez-vous que, dans le temps, les candidats étaient sur les rangs ?
R.—Oui, monsieur.
é Q.—Où a.t-il dit cela ?
R.—Dans sa chaire.
Q.—Vous étiez. comme de raison, à la grande messe ? R.—Oui, monsieur.
s. Q.—Avec qui étiez-vous à la grande messe, cette Journée-là ? | R.—J'étuis avec mes enfunts.
a Q.— Vos enfants se rappelleut-ils qu'il a dit cela ? . R.— Ils sont trop jeunes ; ils ne sont pas en esprit de politique :
sé ils sont trop jeunes,
Q.—Quaud le curé a:t-il dit, que Lucifer était sorti de l'enfer je pour enréaistrer les votes ?
R.— Dans l'électiou précédente, a vant la dernière élection, ec- Q.—T n'a pas Ait cela dans la dernière élection ?
; R.—Non, monsieur. :
Q.—Et, duus cette élection-là, y avait-il eu une majorité pour le dit parti libéral ?
R.—Oui, monsieur, ja- Q.—Quaud le curé at-il dit que celui qui approcherait de la
Sainte Table et qui serait libéral ferait un sacrilége.
dit R.—C'est dans la même élection.
uit Q.—L'avant dernière élection ?
R.—Oui, monsieur.
ère Q.—Vous avez dit que ça vous avait fuit beaucoup d’imprestre sion ?
Æ,—Oui, monsieur. + le- Q.—V ous avez eu peur de Lucifer, naturellement ?
R.—-Uomme de raison, comme un catholique doit en avoir peur. *
Q.—Est ce que ça vous a empêché de voter pour le candidat lila béral ? Ÿ
R-—Nov, monsieur ; rien ne m'a jamais emç êché de voter pour: pps un caadidat libéral, |
TA TE tr !
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Q.—Vous n'êtes pas assez peureux pour cela ?
R.—Non, monsieur.
Q.— Malgré que vous dites que vous avez eu bien peur ?
R.—Je n’ai pas eu encore assez peur pour cela.
Q.—Mais vous avez eu bien peur ?
R.—Oui ; mais je me suis rassuré,
Q.— Avez-vous eu peur de voir Lucifer ?
R.—Non ; un catholique ne doit pas avoir peur de voir à dE 5 il s'eufuit avec de l’eau bénite, Lucifer.
Q.—Qu'est ce que c'est qui vous faisait peur ?
R.—Ce sont toutes les paroles de monsieur le Curé qui m'avaient donné une terreur terrible, et ses accents et son éloquence ; j'aieu peur sur le moment, j'ai été saisi, mais je me suis rassuré,
Q.—Je suppose que quelqu'un vous a dit que vous ne le verriez pas ? RE ,
R.—Je n'avais pas besoin de personne pour me le dire, je le savais moi-même.
@.— Avez-vous tremblé pendant la messe, quand il vons a parlé de cela ?
R.—Je n'avais pas froid ; je ne puis pas avoir tremblé, je n'ai pas eu peur assez pour trembler,
Q.—Avez-vous consulté quelqu'un puur savoir si c'était vrai que Lucifer était venu ?
R.—Pas du tout, morsieur.
Q.— Qui est-ce qui vous a rassuré ?
R.—Je me suis rassuré par moi-même.
Q.—Eu y pensant comme cela, tout seul ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Vous vous êtes dit qu'après tout, vous ne penñiez pas qu'il viendrait vous chercher ?
R.—Non ; parceque j'étais catholique, apostolique et romain, et un catholique ne doit pas avoir peur du diable ; je n'ai jamais eu peur du diuble, moi.
Q.—Vous jurez que le diable ne vous a jamais empêché de voter ?
u'il
R.—Nôn ; il ne m'a jaunais empêché de voter ; peut-être que, s’il m'était apparu, il m'aurait empêché de voter, mais il ne m'a Jamais apparu. Mn
Q.— Vous avez toujours été libéral ?
R..--Oui, monsieur,
Q.—Le curé ne vous a pas fait changer ?
R.— Non; jamais, il ne m'a fait changer, ”
Q.— Vous avez dit que les sermons du curé avaient fait beaucoup d'effet, et avaient eu une grande influence sur les paroissiens ; parlez-vous des sermons faits daus la dernière élection ou des sermons faits dans l’avant-dernière électiou ?
R.—Je crois bien que le plus grand effet a été avant la dernière élection, les sermons ont été plus durs; quand on déchaîne le diable, et qu'on l'envoie dans les rangs, ga doit-être un sermon joliment dur.
Q.— Connaissez-vous quelqu'un que les sermons du curé ont fuit changer de politique ?
R.—Je ne suis pas un homme de profession, je suis cultivateur ; je ne suis:pas un homme de profession pour courir les maisons et Jes boutiques, pour savoir si celui ci ou celui-là à fait telle ou telle chose, je n'ai pas cette hubitude-là ; je ne suis pas capable de vous powiner aucune personne qui pourrait avoir succombé sur le fait.
Q.—Vous dites que vous ne savez pas si les sermons ont fait changer personne de politique ?°
R.—Je ne suis pas prêt à sermenter celà ; mais je crois, dans ma croyance que c'en « fait changer beaucoup.
Q.—Mais vous ne le savez pas, toujours ?
R.— Comme de raison, je ne suis pas pour sermenter une chose dont je ne suis pas certain ; mais je le crois.
Q.—Comment expliquez vous que le curé qui aurait parlé plus fort à l'avant dernière élection ait obtenu, pour son parti, moins de votes que dans la dernière élection où il a parlé moins fort ?
K.— Moi, je n’ai pas une grande connaissance sous ce rapport-là, mais d'après ce que je puis connaitre, plus on en dit à une personne,
plus elle vient à le croire ; rappelez lui une affaire toujours, et plus on lui en dit plus elle vient à le croire.
Q.—Mais est-ce-que vous ne jugez pas les autres d'après vousmême, et comment se fait.il, que plus le curé vous en a dit, moins vous l’avez cru ?
R.— Parce qu'un homme solide ne branle jamais sur rien.
Q.—Vous êtes solide, vous ? *
R.--Oui ; je suis solide.
Q.--Et les autres ne le sont pas, naturellement ?
R.—-II ÿ en a beancoup qui ne le sont pas, je m'en suis aperçu plusieurs fois, mais ou ne m'a pas jamais ébranlé sur cette affairelà.
Q:—Ne savez vous pas qu'il y a d'autres raisons qui ont pa faire changer la majorité, dans la paroisse de St, Barthélemy ?
R.—Comme je vous l’ai dit, tout à l'heure, je n'ai jamais couru
la paroisse pour savoir cela,
Q.—Ne suvez vous pas que certains chefs, dans la paroisse ont pu changer d'opinion politique ?
R.—Il y en a bien sûr qui ont changé d'opinion politique, mais est-ce que je sais qui les a fuit changer.
Q:—Vous ne le savez pas ?
R.— Non.
Q,—Comment dites-vous, que c’est le curé alors ?
R.—Je crois que c’est le curé qui les a fait changer.
Q.—Vous avez fait serment, tout-à-l’heure, que les sermons du curé avaient fait beaucoup d'effet, dans la paroisse, et que l'influence du curé avait fait changer des votes; dites-vous que c’est correct cela, sous votre serment ?
R.—Je dis que je le crois, comme je l'ai dit.
Q.—Mais vous déclarez que vous n’en savez rien ?
R.—Comme de raison, je n'ai pas couru personne pour savoir cela; dans ma croyance, je le crois fermement que ça en a fai changer beuucoup.
Q.—Mais vous déclarez, en même temps, que vous n'en savez rien ?
lus
)uSins
mais
s du uenrect
avoir faié
Avez
© R.—Je n’en sais rien, personne n'est venu me dire qu'il avait changé.
Q.—Qu'est-ce que c'est que le libéralisme catholique, monsieur Ayotte?
R.—Je ne suis pas instruit du tout.
Q.—Vous ne connaissez pas cela ?
R.—Je puis le connaitre par l'avoir entendu dire, mais je ne puis pas en donner l'explication; je ne snis pas instruit du tout.
Q.—Le curé vous a parlé du libéralisme catholique ?
R.—-Oui, monsieur,
Q.—Et qu'est-ce qu’il vous a ait que c'était ?
R.—Le libéralisme catholique? Il ne nous a jamais donné cela beaucoup en détail,
Q.——Il vous a dit que ce libéralisme était condamné par l'Egli- 80 ?.
R.--Oui, monsieur.
Q.—Et que c'était le seul libéralisme qui était condamné ?
R.--II nous a dit que le libéralisme câtholique et le libéralisme politique étaient une seule et même chose,
Q.--Quand vous a-t-il dit cela ?
R.—Dans l'élection précédente de celle-ci.
Q.—Jurez.vous que le curé a dit que le libéralisme politique était condamné par l'Eglise ?
R.--Je ne le jure pas, parce qu’il n’a pas fait la distinction ; il a mêlé les deux choses ensemble, et il a dit que c'était condamné par l'Eglise; je ne suis pas capable de démancher cela.
Q.—N'est-ce pas, que le curé a dit que le libéralisme catholique était condamné par l’église, et que le libéralisme politique avait des tendances au libéralisme catholique ?
R.—Je n'ui pas connaissance qu’il ait parlé de cela du tout ; il a dit que le libéralisme catholique et le libéralisme politique étaient une seule et même chose.
Q.--Vous jurez qu'il a dit cela en propres termes, da ns l'avant dernière élection?
R.--Oui, monsieur ?
Q.--Mais il ne l'a pas dit dans la dernière élection ?
R.—Nou ; je n’en ai pas eu connaissance,
Q—N'at-il pas dit, dans l'avant dernière électiou, ou dans la deruière élection, que ni le libéralisme politique, ni aucun n parti politique n'avait été condamné par l'Eglise ?
© R.—Je n'ai jamais entendu parler de cela ; il nous a toujours dit qu'on était condamné, je n'ai jamais entendu prononcer ces môts là, en chaire, par monsieur Archambault ; il peut les avoir prononcés, mais je ne les ai jamais entendu dire.
@:—Tâchez de vous rappeler ?
Æ.—Je ne l'ai jamais entendu dire,
Q.--Savez-vous lire ?
Æ.—Non, monsieur ; je n’ai pas eu le bonheur d’aller à l'école, jamais; ce n’est pas aisé de savoir lire, pour nous autres,
Q.--Vous ne pouvez pas dire si le curé l'a dit, ou s’il ne l’a pas dit qu'aucun parti politique n'avait été condamné par l'église ?
R.--Il a pu le dire, m mais je ne me remets pas qu’il l'ait dit, à aucun sermou.
Q.—-Vous ne vous te pas qu’il l'ait dit, qu'ils étaint condamnés, non plus ?
R. —Cela, j je m'en rappelle, je viens de vous le tipeie. il a condamné les deux partis, il,a dit que ça ne faisait qu’une seule et même chose ; qu'on ne pouvait pas être admis à l’église et tenir à ce parti là ?
Questions posées par le juge.
Q.--Vous ne voulez pas dire qu'il empêchait les gens du parti libéral d'entrer dans l'église de la paroisse ?
R.--Non, monsieur,
Q.—Vous vuu'ez dire que ce n’était pas d'été par l'église ?
R.--Oui, monsieur,
Par l’Avocat, :
Q.—Qu'est-ce que vous avez compris que le curé voulait dire, en disant que le parti libéral n’était pas admis à l'église,
R.--J'ai compris que celui qui tenait au parti ne pouvait pas approcher des sacrements,
qu cr lo
dr
dire,
pas
.Q.—-Et cependant les libéraux de la paroisse faisaient leurs pâques, et approchaient des sacrements.?
R.—-Quelques-uns, je le crois bien.
Q.— Comme les conservateurs ?
R.—Muis on n'a pas été dans le détail de leur confession, je be sais pas ce qu'ils ont fait; ce serait bien malheureux si les trois quarts de la paroisse ne faisaient pas de pâques, par chez nous, je crois bien que monsieur Archambault ne serait pas resté aussi longtemps qu’il l'a fait.
Q.—-Vous avez reçu un subpœna pose venir rendre témoignage ici ?
R.—Oui, monsieur,
Q.—A qui avez-vous parlé du témoignage que vous alliez rendre, monsieur Ayotte ?
R.—A personne, on est venu plusieurs ensemble, et on a conversé de différentes affaires.
Q.—A qui avez-vous dit ce que vous alliez dire, comme témoin, dans la cause ?
R.—Je pense bien que je ne lai pas dit à personne; j'ai pu échapper quelques mots par exemple.
Q.— Personne ne vous à questionné pour savoir ce que vous alliez dire dans la cause ? :
R.—Je pense bien ne pas l'avoir dit à personne ; j'ai pu échapper quelques mots.
Q.—-Personne ne vous a questionné pour savoir ce que vous alliez dire dans la cause ?
R.—Non, monsieur.
Q:—Vous jurez cela positivement, qu’on vous a amené ici, sans ‘savoir ce que vous diriez ?
R.--Comme de raison, quand on m'a envoyé uu ordre, je n’ai seulement pas vu jh hissle je n'étais pas à ma maison lorsque l'huissier l’a laissé là,
Q.—-N'aviez vous pas fourni un afidavit d'avance ? * R.—Non, monsieur,
R£-ExANMINÉ.
Q.--Lorsque vous parlez de la dernière élection, voulez vous parler de l'élection dont il est question en cette cause ?
R.—Oui, monsieur, ?
Q.--Est-ce pendant la dernière élection que monsieur le curé a dit que le parti libéral était un mauvais parti, et un parti condamné
. par l'église ?
R.--Oui, monsieur ; il l'a dit dans la dernière élection.
Q.--Ea chaire ?
R.--Oui, en chaire,
Q.-—Cette fois là, at-il parlé du libéralisme politique et du libéralisme catholique: et a-t.il expliqué, cette fois là, que c'était une seuléet même chose ?
R.—-Jé ne puis pas m'en ruppeler directement ; je pense bien qu'il nous en a parlé.
Q.--Vous avez-dit que vous ne connaissez pas personnellement, aucune personne qui avait été induite à changer de parti, par rapport aux sermons de monsieur le curé; ce que vous en connaissez, est-ce par la rumeur publique ‘u par des informations d'autres dans la paroisse ?
R.--C'est ordinairement par la rumeur ar publique ; ; par entendre parler.
Et le dit déposant ne dit rien de plus.
Elie Pellerin,
Comumerçant, de la ville de Berthier, âgé de 59 ans. Lequel eto., eto., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès. Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et en mai 1878, où résidiez-vous ?
R.--Ioi, à Berthier, dans le village. ;
aux y Conse gislati vine, ç il a qu prouv pour :
Sa né
LOT on
Q —Etiez-vous un électeur qualifié à voter à cette élection ? R.--Oui, monsieur, Q.--Vous êtes catholique ?
R.--Oui, monsieur.
Q.—La grande majorité des électeurs de la patéRes et dels ville de Berthier est catholique ? | R.--Oui, la majorité, Q.--Avez-vous eu occasion, en assistant aux grandés messes, les dimanches et fêtes, pendant cette élection, d'entendte les prédi-
cations ou instructions faites en chaire par le révérend messire
Champeau, curé de la Paroisse de Berthier ; et qu'est-ce qu'il = dit, au sujet de la politique et de cette élection-là, en rapport aves da religion ?
R.—Premièrement, mousieur le curé nous a dit en chaire qu'il avait reçu une circulaire, qui lui ordonnait d'instruire le peuple et: qu'il allait le faire, ne qu’un jugement de la,Çour Suprême restrégait les prêtres et leur défendit de faire des menaces et:malgré tout, qu'il dirait tout ce qu'il voudrait, pourvu,que çela n'aille pas aux yeux des juges libéraux qui s'étaient permis de juger les. prêtres.
Q.--Qu'est-ce que c'est qu'il disait qu'il ferait ?
R.--Des menaces et qu'il pourrait, pourvu que cela paraisse pas aux yeux des libéraux. Ensuite j'ai connaissance qu’il a parlé du. Conseil Législatif, que les libéraux voulaient abolir le, Conseil Législatif, et qu'ils ne le pouvaient pas, parceque c'était d'institution divine, et qu'il allait le prouver par ua des textes de la Bible; là-dessus il a quvert la Bible dans un des textes sur la loi de Moïse, et il &
prouvé que Moïse avait été ordonné de choisir soixante vieillards pour former un Conseil.
Q.—-Lui avez-vous entendu dire ce qu’il ferait ou ce qu'il refuserait à ua pénitent qui se déclarerait être en fayaur de: l'abolition du Conseil Législatif ? : :
Q.—A:tl dit de quel parti il était lui-même, en chaire ? ?
R.—Je ne puis l’affirmer,
Q@.—Atil parlé du libéralisme catholique et du libéralisme politique, et qu'en a til dit ?
ÆR.—11 a parlé da libéralisme catholique et du. libéralisme politique.
Q.—MQu'est-ce qu'il a dit des deux libéralismes ?
ÆR.— 1H a dit que le libéralisme catholique était condamné par TEgjlise, ct plus tard, en chaire, M, le curé a dit que le parti libéra) a'avait jamais été condamné par l'Eglise.
Q.—Une autre fois ?
R.—Qui, monsieur.
Q—Atil dit quelque chose de nature à vous faire voir lequel des deux partis politiques, libéral et conservateur, était le bou parü?
R.—Il a démontré que le parti conservateur était préférable,
Q.—A:tl parlé d'un voyage de messieurs Argers et Chapleau, et qu'est-ce qu'il a dit à ce sujet-là ?
R.-11 a dit qu'on reprochait à messieurs Angers et Chaplesu d'avoir fait un voyage qui avait occasionné une dépense de trois cent quarante piastres, mais que ce voyige avait été fait parceque le Lieutenunt-Gouverneur les demandait et qu'ils ne pouvaient pas faire autrement que d'y aller, ce qui a occasionné uue grande dé-
pense. |
Q.—A:til dit de qui c'était la faute ?
KR.—II a dit que c'était le lieutenant-gouverneur Letellier qui des avait appelés, que c'était sa faute,
Q.—A:t-il dit de quelle couleur, de quel parti politique était le lies stenant-gouverneur Letellier ? à
R:—Jé ne m'en rappelle pas.
Q@.—A-til parlé du premier ministre, monsieur Joly, et qu'est-ce qu'il en a dit ?
Æ-1l a dit que c'était un suisse et dn protestant,
Q:—Atil dit si les électeurs catholiques pouvaient supporter cet homme là ou son parti, au pcint de vue de la religion ? Æ:-—Je ne m'en rappelle pas, monsieur,
t-ce
rter
Q@.—A-til dit par qui monsieur Joly, Premier-Ministre, était soutenu ?
R.—Par les libéraux,
Q.—A-t-il dit par les gens de qu'elle religion il était soutenu, après avoir dit qu'il était un suisse et nn protestant ?
R.-—.Je ne m'en rappeile pas.
Q.— Où a-til invité les gens à aller, ou a-t-il parlé d'invitation et at-il invité les gens à aller quelque part ?
R,- Ce n'est pas À ma mémoire.
Q.—A:t-il parlé de quelque livre qu’il avait à son presbytère, et qu'est-ce qu'il a dit de ce livre-là ?
R,—Si je me rappelle, mais je ne suis pas positif, c’est quand ik a parlé des dépenses de messieurs Angers et Chapleau, disant que les libéraux en avaient dépensé beaucoup plus ; si je me rappelle. bien, je ne puis pas l'affirmer,
Q.—Quand vous lui avez entendu dire que le Lieutenant-Gouverneur était un libéral et que le Premier-Ministre était un protestant et un suisse, qu'est-ce que vous avez compris qu'il voulait dire relativemert à la religion, et au parti libéral ?
ÆR.—Je ne pourrais pas dire par rapport à la rehgion ; je pense qu'il voulait dire que le parti libéral était en faveur du l'abolition du Conseil Législatif ; certainement j'ai compris qu'il voulait détourner les gens d'être en faveur du parti libéral.
Q —Pour quelle raison, après avoir dit que le Premier Ministre était uu protestant et un suisse, avez-vous compris, qu'il voulait détourner les gens du parti libéral ?
R.—Pour leur faire accepter celui des conservateurs.
Q.— D'après ce que vous avez connu dés faits de cette élection, quel effet les prédications du curé ont eiles eu, sur le résultat de la votation, dans Berthier ?
R.—Je crois que cela a eu l'effet de restreindre pe persounes d'exprimer leur opinion,
Q.— Eu connaissez-vous quelques-ures qui veus ont décla ré Ja chose, et que vous avez raison de croire ?
R—Je crois qu’il y a une personne qui s'était prononcée avant,.
et ensuite, apres les sermons de monsieur le curé, elle n'aurait pas voté pour le parti libéral,
Q.— Pour qui étuit cette personne-là, pour quel candidat ?
R.-—Pour monsieur Sylvestre,
Q.—Quelle est éette personne-là, monsieur ?
R,— Monsieur Alexis Belisle.
Q.—N'en convaissez:vous pas d'autres, que celui-là, qui vous l'ont dit ?
ÆR.—Oui monsieur, mais je n’en suis pas positif,
Q.— Quels sont ceux que vous convaissez, soit directement ou ‘indirectement, pour avoir agi ainsi ?
R.—Je connais M! Gravel ; je l'ai entendu dire pour M. Sigefroi Denis. Je ne puis pas le dire, je ne sais pas la manière qu'ils ont voté,
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—Sigetroi Denis, vous l'a-t-il dit à vous-même, que le curé l'avait fait changer ?
R—Non, monsieur.
Q.—De sorte que vous n'en connaissez rien personneliement.
R,— Non, monsieur,
Q.—Vous n'en savez rien pour Gravel ?
R.—Non, monsieur. )
Q.—Et Alexis Belisle, quand vous a-t-il dit cela, que c'était le curé qui l'avait fait changer ?
R.—11 m'a pas dit que c'était le curé qui l'avait fuit changer ; je me rappelle qu'après l'élection il m’a dit qu'il n'avait pas voté.
Q.-—C'est-à dire que vous ne savez pas si se sont les sermons qui l'avaient fait changer ?
R.—1Ilme l'a dit, à moi, après l'élection.
Q.— Quand vous a-til décluré cela ?
R:—dJecrois qu'on en a-parlé longtemps après.
1,—Dans le mygasjo, chez nous,
Q.—Y uvait.il d'autres personnes quand il vous a décluré cela ? R.—Non, monsieur,
Q.—Ce sont là, ces trois-là, tous les électeurs que vous connnissez, qui auraient été influencés, par les sermons du curé ?
R.—Oui; d'après ce que j'ui entendu dire,
Q.—Vous avez dit que monsieur le curé avait dit que le Couseil Législatif était d'iustitution divine, êtes-vous positif de cela ?
R.—Oui, monsieur ; j'en suis positif.
Q.—N'est-ce pas plutôt que le suré aurait dit que l'autorité civile était divine ?
R.—Non, monsieur ; il a dit que le Uonseil Législatif était d'institution divine et qu'il allait le prouver ; il a ouvert la bible, en chaire, etil a prouvé qu'ils ne pouvaient pas renverser une chose qui était établie par Dieu.
Q.—N'at-il pas plutôt comparé le Conseil Législatif au Conseil des Vicillards de Moïse ?
R.—Oui; j'admets qu'il u abordé la question. [la ouvert la bible, il nous a cité le texte de Moïse et nous a parlé des soixante vicillards.
Q.—Ne vous a-t.il dit que le Conseil de vieillards de Moïse était d'institution divine, et que le Conseil Législatif pouvait avoir quelque analogie avec ce Conseil, maisil n’a pas dit que le Conseil Législatif était d'institution divine ?
R.—Je ne sais pas si cela veut dire la même chose, mais toujours qu'il nous a dit qu'on ne pouvait pas renverser le Conseil Lépislatif, vû qu'il étuit d'institution divine ; il a ouvert la bible et dit, je vais vous le prouver, ct il a cité un texte de Moïse.
Q.—Dans quel temps ces sermons là ont-ils été faits ?
ÆR.—Je ne puis pas me rappeler, mais je sais toujours que c’eit avant Ja votations.
Q.—Les candidats étaient ils sur les rangs dans le temps ?
R—Oui, monsieur,
RÉ-EXAMINÉ
Q.—Comment Alexis Belisle vous a-t.il dit que cela l'avait Chaugé ?
R,—Bien ! il m'a dit qu'il était pour M, Sylvestre, mais que après les instructions de sou curé, de la manière dout M. le curé avait parlé, il n'a pas voté pour M. Sylvestre,
Q.—-A:t-il parlé de son âge, de la mort, du salut de son âme ?
ÆÀ.—Nov, monsieur,
Q.—Vous a-t-il dit que c'était pour écouter son curé ?
l.—Je le crois.
Et lo déposant ne dit rien de plus.
ES
Charles Coutu,
Agent du Q. M. O. et O. R. KR, de la ville de Berthier, âgé de .35 ans.
Lequel ete, eto., dépose et dit ;
Je ne suis point intéressé dans l'événemént de ce procès,
Q.—Pendunt l'élection dont il est question en sette cause, où æésidiez-vous, monsieur Coutu ?
R.—Dans la ville de Berthier,
Q.—Etiez-vous électeur qualifié à voter à cette élection ?
R,—Non, monsieur. -
Q.— Avez-vous eu occasion, pen lant cétte élection, en assistant à la messe, les dimanches ou fêtes, d'entendre le + er messire ‘Champeau, curé de la paroisse, faire certaines instructions ou des on aù sujet dé cette élection et du parti libéral ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Qu'est-ce qu ‘il a dit, d’abord, au sujet du Conseil Légisiatif ?
R.—Il a dit que le Conseil Législatif était une institution di-
lo
vine, et que celui qui travaillerait pour le candidat qui travaille. rait pour abolir le Conseil Législatif, travaillerait contre les Saintes Ecritures, et qu'il ne pourrait pas l’ubsoudre,
Q.—Etes-vous positif qu'il a dit qu'il ne pourrait pas donner l'absolution à une personne qui s'acousoerait d’avoir voté pour um . candidat qui demanderait l’ubolition du Conseil Législatif ?
R.—Je ne suis pas positif s’il a dit qu'il ne pourrait pas lui doeuer l’absoiution, mais il a dit qu’il ne pourrait pas l’absoudre,
Q.—Vous êtes positif de cala ?
ÆR.—Oui ; j'en suis positif,
es PE RES vase - SR CR ie Pres
Q.—Quels étaient les deux candidats sur les rangs dans le temps, lorsque ces paroles-ià ont été prononcées ?
R,—C'était M. Louis Sylvestre et M. Joseph Robillard ,
Q.—Le défendeur en cette cause ?
R.—Oui, monsieur.
Re De
Q.—Quelle était la politique du candidat Sylvestre, aiasi que de
parti libéral qu'il représentait, au sujet de cette question du Cone il Législatif ?
R.—La politique de M. Sylvestre était libérale, et en même temps, il était pour l'abolition du Copseil Législatif,
Q.—Est-ce que cela avait été discuté publiquement sur les Austings et dans les journuux.
ÆÀ.—Oui, mousieur.
Q.—Etuit-ce un fait connu que M. Sylvestre et son parti s'en gageaient d'ubolir le Conseil Législatif s'ils avaient la majorité, à Québec ?
R.—Je pense que tout le monde qui ont voulu le savoir l’on$
su.
Q.—A til parlé du Lieuteuant-Gouverneur Letellicr, et a-t-il dit ce qu'il était?
R.—[I a dit que le Lieutenant-Gouverneur était un rouge. Q.—A:til dit ce que le Premier-Ministre, M. Joly, était ? R.—Oui ; il a dit qu'il était ua rouge et puis un suisse, Q.—A:til dit de quelle religion il était, et par qui il était supporté ?
R.— Qui; lorsqu'il a dit qu'il était un suisse ct un protestant, il a dit qu'il était supporté par tous les protestants, ;
Q.—A:til parlé des rouges et de ce qu’ils avaient dit, dans une assemblée qui avait été tenue, à la porte de l’église ; et qu'est-ce Êe qu'il en a dit ?
R.—1] a dit que les rouges élaient tous des menteurs, et que ce qu'ils avaient: dit était tout des menteries, et que ceux qui ne le éroiraieut pas, n'avaient qu’à aller au presbytére, qu'il avait un . livre, et qu'il leur prouverait que c'était des menteurs.
| Q.—A:til parlé d’une circulaire reçue de l'Evêque ou des Evèques, et qu'est-ce qu'il en a dit ?
&,— Il a dit cu'on fuisait courir le bruit qu'il y avait eu une lettre d'euvoyée par les Evêques, disant qu'ils alluient les arrêter de parler, mais qu'il parlerait tant qu'il voudrait, et qu'il se tiendrait dans les bornes autant que possible,
à Q.—A-til eypliqué pourquoi il devait se tenir dans certaines
bornes ? A:t-il parlé d'un jugement, par exemple, et de queile Ù Cour ?
R.—- Qui; il a parlé d'uv jugement de la Cour Suprême; qu'ils trouvait bien pénible que le jugement du juge Routhier eut été , renverk6.
Q@.—A:til critiqué sévèrement ce jugement-là ? ;
R.— Oui, monsieur. d
Q — Quel cffet a-til dit que ce jngement-là aurait par rapport i aux droits des prêtres ? w
R.— Oui; en voulunt âire qu'il trouvait cela bien pénible de voir que k4 cours civiles en étuicit rendues à condamner les prê- F tres. h
O.—A-til dit de quels juges, ou de juges de queile religion cette Cour Suprême était composée ?
R.—Je ne suis pas bien positif, mais je pense, d'après ce que je p puis me rappeler, qu’il a dit a dit qu’une partie était composé de tr protestents; je ne suis pas bien positif du fuit mais il me semble qu'il l'a dit, té
Q.— A-t:il parlé d'un veyage de messieurs Angers et Chapleau, et qu’en a-t-il dit ?
R,—I1 a dit qu'on faisait reproche à messieurs Angers et Chapleau d’avoir dépensé trois cent quarante piastres, pour un voyage d'Ottawa à Québec, mais que cela était dû au Lieutenant-Gouverneur, que c'était de sa faute, et qu’on ne devait pas leur en teuir
compte, et que les ministres fédéraux cn avaient dépensé beaucoup plus, eux autres. é
Q.—Qu'est-ce qu'il a dit aussi, cette fois-là, dn parti libéral, soit de ses tendances ou soit de ses principes, en rapport avec la reli gion ?
R.-—Je pense que le tout pourrait découler de ce qu'il a dit de ceux qui travaillaient au support de l'abolition du Conseil Législatif, qu'il ne pourrait pas les absoudre,
Q.—-Vous rappelez-vous si, pendant quelques unes de ses instructious, pendant l'élection, il a parlé du libéralisme politique et du libérulisme catholique ?
R,—Oui, monsieur,
Q.—A-til dit que ces deux partis différaieat ou a-t-ii dit que c'était une seule et même chose ?
R.— T1 commençait toujours par le libéralisme catho ïque qui était condamné, et ensuite il a dit que le libéralisme politique, il ne pouvait pas le condamner, parceque l'Eglise ne l'avait pas condamné encore, mais qu’il était bien probable que çn deviendrait ici comme 9 était devenu en France, que c'avuit l'air parti pour cela,
0.—-A-t:lexpliqué, alors, ce qu’il était devenu en France, et ce aui en était résulté ?
Æ..—Je pense que oui, qu'il a dû donner une explication.
Q.—A-til parlé de la révolution et de la comwune ?
À,—Je ne puis pas dire directement le fait, mais je pense qu'il a parlé de la revolution et de la manière dont les prêtres avaient été traités.
Q.—De quelle mavière a-t il dit que les prêtres avaient été traités, pendant cette révolution, en France ?
R.—Je ne pourrais pas vous dire au juste les paroles ; autant que je puis me rappeler, je pense qu'il a dit qu'ils avaient été maltraités.
Q.—A:t:l dit comment ça avait commencé, en France, et a:t-il fait quelque comparaison avec la manière dont ça allait ici ?
R.—Je pense qu'il a dit que ça allait par ici comme par là; que là ça avait commencé tranquillement comme le parti rouge, et que c'était devenu contre la religion complètement,
Q.— D'après vous, quel effet ont eu, sur le résultat de cette élection, les prédications dont vous venez de parler.
ÆR.—(Ça dû avoir un effet contre le parti libéral, je pense.
Q.—Lequel des des deux candidats était le candidat reconnu, dans tout le comté, comme étant le candidat du clergé ?
R.—Monsieur Robillard,
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDFUR
Q.-- Vous dites que monsieur le curé a dit que cela avait commencé en France comme par ici, tranquillement ; êtes-vous positif de cela?
R.— Qui, monsieur,
Q.—Vous êtes positif qu'il a dit cela ?
R.—Oui ; il a dit que le parti d’ici découlait du même parti de la France, du libéralisme catholique de la France,
Q.—Vous avez parlé du Conseil Législatif ; n'est-ce pas vrai, plutôt qu’il a comparé le Conseil Législatif avec le Conseil des Vieillards de Moïse, et qu'il a dit que c'était le Conseil des Vieillards qui était d'institution divine, et non le Conseil Législatif ?
R.—Il a parlé du Conseil des Vieillards; si je me rappelle bien, il a dit que Moïse avait formé son conseil de soixante-et-dix vieillards ; je ne me rappelle pas s’il a dit que le conseil de Moïse était d’ivstitution divine et que le Conseil Législatif en découluit ; il a dit que c'était une chose qui avait toujours existé et qu'elle devait toujours exister, que c'était d'institution divine.
Q.— II a dit que le Conseil Législatif avait toujours existé et
qu'il existerait toujours ?
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que que
lec-
pou,
comositif
ti de pluiéillards
bien, ieilétait il a evait
R.—1] a fait allusion à Moïse qui avait formé son Conseil de soixaute et dix vivillards, et il a dit que le Conseil Légslatif dans la Provinee de Québec élait la même chose et qu'il devrait toujours exister.
Q.—C'est comme selu qu'il a dit que c'était d'institution divine, parceque ça découlait du Conseil de Moïse ?
R.— Comme il avait dit auparavant que Moïse avait formé son Couseil de soixante-et-dix Vicillards, et que la province, ici, avait fait la même chose en faisant son Conseil Législatif, et qu’il fallait que ça vint se maintenir, et il a ajouté, même, que le Conseil Législatif était composé de couservateurs et de bleus et qn'il fallait les conserver, s’il n'a pas dit les deux “ conservateurs et bleus ”* il a dit conservateur certainement.
Q.—A:til dit qu'ils étaient tous conservateurs dans le Conseil Législatif ?
Æ.— Comme je vous dis, il a dit qu’il était composé de conservateurs, que le Conseil Législatif était conservateur, et qu’il fallait le conserver pour préserver nôs droits.
Q.—Et vous jurez qu'il ait que celui qui travaillerait pour l'abolition du Conseil Législatif ne serait pas absous par lui ?
16.—U a dit que celui qui travaillerait pour le candidat qui serait en faveur de l'abolition du Conseil Législatif, qu’il nè pourrait pas l’absoudre,
Q.— Vous jurez cela positivement qu’il a dit cela ?
Æ.— Oui, monsieur.
O0.— Quand était-ce cela ?
‘Æ.— Durant le temps de la lutte électorale de mil huit cent soixante-ct-dix-huit,
Q.—Dans l'élection dont il est question en cette cause-ci ?
ÆR,—()ui, monsieur,
\Q.—-N'avez-vous pas, ces jours-ci, eu des discussions pour savoir, s’il avait dit cela, oui ou non, qu'il ne pourrait pas l'absoudre ?
R.—Non, monsieur; j'ai toujours été absent, la semaine deruière j'ai passé la semaine en campagne, et cette semaine j'ai fait deux voyage à Montréal,
Q.—N'avez-vous pas dit a quelqu'un dernièrement, que vous u'étiez pas positif à dire cela ?
R.—Non, personne ne m'a parlé què je devrais venir en témoignage là-dessus, avant me oredi, ,
Q.— Vous n'avez pas été influencé par les sermons du curé ?
R,— Non, le seul effet que ça m'a fait c'est que plusieurs fois j'aurais été mieux de ne pas aller à la grande messe, et ça m'a occasionné plusieurs fois de ne pus aller à la grande messe, j'allais seulement à la basse messe,
Et le déposant ne dit rien de plus.
Charles Mousseau,
Bourgeois, de la ville de Berthier, âgé de 57 ans.
Lequel etc, etc. dépose et dit :
Je ue suis point intéressé daus l'événement de ce procès.
Q.—#Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, avez-vous eu occasion d’être présent au presbytére de Berthier, lorsque monsieur Robiilard, le défendeur, est arrivé là ?
ÆR.—Oui, monsieur.
Q.—Racontez douc ce que vous y avez vu ?
R.—Je n'ai pas vu grand’chose, je vais dire ce que j'ai vu; j'étais rendu avant monsieur Robillard, j'avais affaire à monsieur le curé, et mousieur Robillard est arrivé, il avait des lettres dans la main ; j'étais arrivé avant lui, mais il a pris mon tour, ça fait que monsieur le curé les a lues, il y en avait une ou deux, il me semble que c'est deux, il en a lue une, et monsieur Robillard a paru vouloir la garder, monsieur Champeau l’a reprise et il l’a lue une seconde fois, et il a dit je la garde : il ne l’a pas lue haut,
Vous pus KR, —) Q.—N R.—1 Q.—V
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R.—0 souviendi Q.—V nant, on | R.—II qui je vot Q.—M fendeur ?
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