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de l'Eglise, qui allait à son idée, mais que le libérali politique était un homwe qui allait suivant sa conscience, qui votait suivant sa propre conscience, qui trouvait que son parti était bon; mais monsieur le curé ne voulait pas cela, il prétendait que les deux étaient{fè même, le libéralisme catholique et le libéralisme politique. |
Q.— Vous êtes Juge de Paix, monsieur ?
R.—Oui, monsieur.
@Q.— Depuis combien d'années ?
H,—Je ne puis pas dire exactement; depuis dix à douze ane,
Q.— Vous avez été maire de votre paroisse ?
R.— Oui, monsieur,
Q.— D'après vous, quel effet ont eu ces prédications sur le résuitut de cette élection, daus lu paroisse ?
R.—J'ai vu certaines personnes qui étaient du parti libéral qui m'ont déclaré, à moi-même, qu’il leur fallait virer le dos au parti ; qu'ils ne pouvaient pas faire autrement, que le curé les forçait en leur disant que c'était un parti dangereux et qu’il fallait l’abandonner. J'en cunvais quatre, à ma connaissance, qui étaient de vrais libéraux, et qui sont aujourd’hui aussi conservateurs qu'ils étaient alors libéraux,
Q.—Quand il vous disait qu’il fallait écouter les prêtres, et que ‘le parti était dangereux, vous disait-il que le parti était dangere ux
au, point de vue de la politique ou de la religion ?
R.—Il disait que si on n'écoutait pas les prêtres, que ce n'’é- “tait pas bon; que le parti libéral en religion et en politique était le même, qu'il ne pouvait pas y en avoir deux, qu'il fallait écouter ses prêtres et se conformer, et ils s’y sont conformés aussi, .Q.—Dars le temps de l'élection, avez-vous eu quelques conver- “autos vu discussions avec monsieur le curé, au sujet de la politique?
R.— Oui; j'en ai eu publiquement, à l'assemblée, parceque privément, je n'en ai jamais eu, Q.—A son presbytère, avez-vous eu quelques conversations avec lui, au sujet de cctte élection ?
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R.— Avant, j'ai cu une conversation avec monsieur St, Aubin, dans le temps de l’élestion du Dr.Moll, J'ai eu de grandes con-
versations avec lui dans ce temps-là ; dans la dernière élection. je n'en ai pas eue,
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—N'a:t:il pas dit qu’il n’y avait que le libéralisme catholique qi était condamné quoique tous les deux eussent la même tendance ?
R.--Tl a dit les deux ; que le libéralisme catholique et le libéralisme politique, étaient condamnés tous les deux. Il a dit qu'il ne pouvait pas comprendre comment on pouvait faire une distinction entre le libéralisme cathoiique ec le libéralisme politique, que c'était une seule chose, et qu'il condamnait les deux.
Q.—Ne faisait-il pas que lire le mandement de l'Evêque condamnant le libéralisme catholique ?
R.—Oui; il le lisuit, mais après cela, il le commentait bien autrement, I} lisait le mandement de Monseigneur, qui veuait du St. Père, disant que le libéralisme catholique était condamné ; il commentait l’autre avec, et il commentuit les deux ensemble. L’Evêque dans son mandemeut, ne condamnait que le libéralisme catholique ;. mais lui condannait l’autre avec, cn disant que c'était le même.
Q.— Lorsqu'il x parlé que les libéraux privaient les institutions de charité, de leurs octrois et d: leurs paiements, faisait-il allusion au refus des subsides pour la chambre de Québec ?
R.— C'est avant cela, on ne parlait pus que les subsides étaient arrêtés dans ce temps-là. C'est l'automne dernier que les élections ont eu lieu; deux ans avant il n'était pas question de subsides, à. part que l'automne dernier.
Q.—Cela a eu lieu avant que les subsides fussent refusés ?
R-—QOui; bien certuin,
Q.—Vous êtes bien certain de cela ?
R.— Oui, monsieur,
Q.—Ne savez-vous pas que dans la Chambre d'Assemblée, en
PS me de DEC DORE
mars mil huit cent roixante-et-dix-hnit, que treize mewbres sculewent votèreut pour les subsides et que le reste votèrent contre ?
R.— Nov, mousieur; je ne sais pas cela ; quand on a parié de subsides cela u été l'automne dernier.
Q.—Je vous demande s’il ne faisait pas allusion aux subsides, cu mars mil buit cent soixante-ct-dix-huit, pour la Chambre d’Asserblée ?
R.—Il n'en a pas été question.
Q.—\Nommez donc les personnes, s’il vous plait, dont les ser. aous du curé ont fait changer les opinious politiques ?
R.—Je ne puis pas tous les nommer, muis je vais vous en uomtuer quutre, c'étaient quatre chefs libéraux et aujourd’hui ce sont quatre chefs conservateurs ; premièrement, Prospère Dauphin, Nar- <cisse Lafrenière, pour un autre, Laurent Robillard, et George Lavallée, pour un quatrième. C'était des libéraux fieffés, qui tenaient fort au parti; après ils m'ont dit, à moi-même, qu'ils changeaient de parti, qu'ils laissaient le parti, qu’ils ne voulaient plus être rouges, et que cela était par rapport à monsieur le curé. ‘
Q.—Ont-ils toujours été libéraux jusqu’à la dernière élection ?
R.—Iis ont changé avant la dernière élection ; ils sont venus -couscrvateurs, Iuis ce n’est pus à la dernière élection.
Q.—De sorte que monsieur le curé ne les a pas fait changer à da dernière élection ?
R,—Ils ont changé la fois avant, par la voix de monsieur le curé,
Q. —Vous n’eu counaissez pas qui ont changé à la dernière élection, par la voix du curé ?
R.—Non, monsieur.
Q.—Je veux parler de l'élection qui est contestée aujourd’hui ?
R.—Je sais que ces personnes, que j'ai nommées là, étaient des chefs libéraux, ct que c'est après que monsieur le euré ert parlé, avant l'élection dont il est question en cette cause, qu’ils ont chan-
gé. | Q.—Ne savez-vous pis que lors de la dernière élect ion, de l'é-
LA
lection dont il est question en cette cause, que des conservateurs sont devenus libéraux ?
R.—C'est une paroisse qui est bicn petite chez nous, on se couvait tous, on se compte ; en se comptant, je me suis aperçu qu'on en avait de moins qu'on en avait avant; il y a eu plus de cogservateurs que de libéraux, ce qui me fait dire que les libéraux n’en ont pas gagné, c'était presque toujours étal et même, il y avait:pne petite wejorité pour les libéraux, et à la dernière élection, je pense que c’est quatre ou cinq qu'ils ont eu de majorité.
Q.—Ne savez-vous pas qu’à l’élection qui a eu lieu avant l’éleetion en cette cause, la majorité à éte plus grande que la mjorité dans cette élection-ci ?
R. -Voici quel a été le résuitat ; c'est qu'aux autros élections il y avait une cubale acharnée, et à la dernière élection, monsieur Robillard n’est seulement pas veuu à St Norbert ; il est passé mais il n'a pas arrêté, ils ont dit qu'il avait fait un pétit discours ; il y en a qui ont dit c'est bien de valeur d'être pour M. Robillard, il vient pas seulement nous faire visite; ces personnes-là disaient que c'était bien malheureux de voir qu'ils ne connuissaient pas leur candidat.
Q.—- Vous dits que M. Robillard n'a pas fuit de cabale dans ln paroisse ? |
R.—Pus lui ; mais il avait des chefs qui cabalaient pour lui.} 1L y avait des gens, comme je vous ai dit, qui disaient que c'était bien malheureux qu’uu homme vienne sur Jes rangs et qu'ils ne puisseat pas le voir, Il y en a bien de son parti qui ne le connaissaient pas, qui restaient toujours dans leurs maisons ; il y en a qui le con naissait point, cependant ils ont voté pour lui.
Q.—Connaissez-vous David Fréchette ?
R.—Oui, monsieur. 3
Q.—Savez-vous ei, à lu derrière élection dont il est question en cette cause, il a été libéral ou conservateur ?
R.—Il a fuit voir qu'il était libéral ; je sais qu'il a été fiché contre les conservateurs, parcequ'ils lui ont fait de grandes promes ses et qu'ils ne les ont pas tenucs.
CR PTSRR GUEST
Q.— Vous le comptiez parmi les vôtres ?
R.—Non, monsieur ; on n’a jamais compté Fréchette pour être des nôtres,
RÉ-EXAMINÉ
Q:--Avant la dernière élection, de quelle politique était Fréhotte?
R.--1I1 était conservateur ; je pense qu’il est devenu libérul paræque les conservateurs lui avaient fait des promesses a propos d'entretien de clôtures pour le chemin de fer, et qu'ils n’ont pas teou leurs promesses, et c’est pour cela qu'il n'était pas content.
Et le déposant ne dit rien de plus.
10 Avril 1880.
Joseph Marion,
‘Commerçant de la paroisse de Lanoraie, fgé de 43 ans. Lequel etc., ete., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès,
Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, en avril et mai 1878, dans quelle paroisse de ce district électoral résidiez-vous ? à
R.--A Lanoruie. :
Q.—Etiez vous un électeur qualifié à voter à cette élection ?
K.—Oui, monsieur,
Q.— Vous étiez et vous êtes encore catholique ?
R.—Qui, monsieur. s
Q.—Quelle religion suivent la grande majorité des électeurs de æette paroisse ?
R,— Catholique; je pense que nous n'avons seulement que deux familles, dans la paroisse, qui ne sont pas catholiques, Q.—Qui était,\et qui est encore, le curé de cetie paroisse ? R.—Le Révd, Messire Clément Loranger.
. Q.—Qui a été entendu somme témoin en cette cause ? R.—-Oui, monsieur,
Q.--Après que la candidature de M. Sylvestre eut été annoncée, mais avant que celle du défendeur le fût, avez-vous assisté à quelqu'iostruction ou sermon, donné dans la chaire de l'église de cette paroisse par M. le curé, et vous rappelez-vous ce qu’il a demandé à
ses paroissiens d'attendre avant de se prouoncer au sujet de cette élection ?
R.--Si je we rappelle bien, je erois que le fumeux coup d'étut est arrivé le 2 mars, et je crois que c’est le premier dimanche après le 2 mars; tout le monde savait, dans le temps, que le Parlement était dissous et que les, élections étaient à la veille de se fuire ; M, le curé monta en chaire et parl:1 des élections, demandunt à ses parois-
siens de ne pas se pronoucer, d'attendre jusqu'à ce que le candidat conservateur fût connu ; qu’ils n'avaient pus d'affaire à se pronoucer. qu'il leur défendait de se prononcer, et qu'il reviendrait sur le sujet plus tard, de ne pas écouter les cubaleurs du petit parti dans la paroisse,
Q.—Par le “petit parti,” de quel parti avez-vous compris qu'il voulait parler, M. Marion ?
R.—Du parti libéral.
Q.— Plus tard, daus d’autres sermons, après que la candidature de M. Robillard eut été annoncée, est-il revenu, comme il l'avait promis, sur le sujet ?
R.—Oui, monsieur ; plus tard, pendant la cabale électorale, M. le curé a parlé des élections et des rouges de la France, des libéraux de la France, de qeux qui martyrisaient les prêtres et proscrivaient les Evêques, et de la Commune ; et que le parti libéral de ce pays était un parti tendant à suivre le parti de l’autre côté, et il donnait à entendre à ses ouuilles de ne pas suivre ce parti, d'abandonner ce parti, et qu’il espérait bien que la pe-
tite quantité de rouges qui restait encore dans la paroisse diminuerait toujours,
Q.—Après avoir parlé de ce que les rouges ou libéraux avaient fait en France et en Europe, a t il dit comment celu avait commencé par là, et a-t-il dit comment cela commençait ici ? ,
R.—Par la Révolution en France, de mêmecn Italie, Souvent il a parlé de la Révolution de l'Italie, de la dernière que nous avous eue, lorsque le Pape a été banni de ses États comme Souverain; il a parlé de ce fameux Garibaldi, qui n’a pus craint d’exercer tout ce qu'il a pu faire contre les prêtres, et que le parti, ici, était à peu près’la même chose.
Q.—A:t-il dit de quelle couleur ou de quel parti était ce Garibaldi ?
R.— Un rouge.
Q.-—Savez vous comment ces puroles, prononcées, du haut de la chuire, ont été interprétées parmi les gens qui les ont entendues. et qu'est-ce qu'ou en disuit en sortant de l'église ?
R.—En sortant de l’église, les conservateurs riaient de nous autres, en disant : “ Ah! ah! vous vous êtes fait arranger aujourd’hui, vous avez eu votre part, et dimanche prochain vous-en aurez encor plus.” Plusieurs électeurs m'ont dit cela, et je dois vous dire que je suis un de ceux qui s'occupent le plus d'élection, et ils s’attaquent plus à moi qu'aux autres.
Q.—-De quel parti étiez-vous cabaleur, du parti conservateur ou libéral ?
R.—Du parti libéral.
Q.—Pensez-vous que le défendeur savait que vous travailliez contre lui, ou pensez-vous qu'il l'ignorait ?
R.—Je suis certain qu'il le savait, parceque je lui en ai dit assez, qu'il a dû le savoir.
Q.—Avez-vous souvent discuté avec lui, pendant cette élcctionà?
R.—Je n'ai pas discuté ; les fois que j'ai parlé avec lui, c'était pour lui dire des choses que je ne puis repéter ici; dans le temps je ne me trouvais pas ami avec M. Robillard, depuis trois ans.
était mps
Q—Par la part que vous avez prise contre lui, pendant cette élection, pouvuit-il ignorer que vous travrilliez contre lui duns cette électiou-là. ? ’
R.—Il en était certain.
Q.—Vous dites que le parti consersateur vous railluit devant la porte de l’église, vous disant quo le dimanche £uivant vous en auriez encore plus, avez-vous assisté à la messe le dimanche suivant, et M. le curé a-t.il traité la question ?
R.--C'a été un feu roulant tout le temps. Je crois avoir mauqué la messe uue seule fois, pendant l'élection, et c'était toujours à recommencer, ct depuis l'élection aussi,
Q.—Savez-vous personnellement quel effet ces prédications de M. le curé ont eu sur ies électeurs, à cette élection-là, dans la paroisse de Lanoraie ?
R.—J'en connais un cas ; j'ai été sur une de mes terres, à St Henri, et j'ai rencoutré, à mi-chemin, deux électeurs ; je leur ai demandé et je leur ni dit : ‘voilà le temps des élections arrivé, la votation va avoir lieu bien vite ; vous êtes toujours pour nous autres, pour M. Sylvestre ”’ ? Le père dit : ‘non, on v’est pas pour M. Sylvestre.” Pourquoi’ ?‘- Parceque vous êtes contre le curé de ia paroisse, contre la religion,et que le parti auquel vous appartenez est un méchant parti condamné par la religion ; c’est lu seule raison ; on l’oimait bien, mais on votera pas pour lui, pour monsieur Sylvestre.”
Q,—C'est le père qui vous a dit ga ?
R.--Oui, monsieur.
Q.—Nommez le ?
R.—Auntoine Brazeau.
Q.—Le fils était il présent ?
R. —Oui ; le fils était présent, nous étions tous trois dans le chemin de ligne. Ce que le père a dit, le fils l’a approuvé.
Q.— Tous les deux étaient-ils des électeurs qualifiés à voter à cette élection ?
R.—Je suis qu'il y en a un qui n’a pas droit de vote. Ils ont
à peu près la mêmo figure ; j'ai de la misère à les distinguer, et je ne suis pas lequel des deux,
Q.—Avait-il toujours été pour le parti libéral ?
R.—C'était un de nos bons partisans, ce n'était pas un cabaleur, mais c'était un homme sur lequel on avait toujours compté.
Q.—Dès ce temps-là, avez vous cessé de le compter parmi les vôtres.
-18.—Je l'ai chéqué et mis de côté de suite, et puis bien d’autres dont je ne me rappelle pus les noms.
Q--A part ce cas purticulier, que vous venez de mentionner, sav z-vous s'il y cn a eu d'autres duns Ja paroïsse, qui ont été génés de voter pour le candidat Sylvestre ou induits à voter pour le candidat Robiliard, à cause des instructions du curé ?
R.— Oui; car à l'avant dernière élection de M. Sylvestre, nous avious eu quarante-deux à quarante-neuf de majorité, dans la paroisse, et à la dernière élection, celle dont il est question en cette cause, si je me rappelle bien, c’est cent vingt-cinq à cent trentecinq de minorité, avec à peu près la même liste.
Q-—-Avez-vous eu occasion, pendant cette élection-là, d'aller dans différentes paroisses du comté, et de vous rendre compte de ce qui avait lieu ailleurs qu’à Lanoraie ?
R.--Je suis allé, dans le temps de l'élection, à Lavaltrie, après la messe ou uprès les vêpres,
Q—Etes-vous venu à Berthier ?
R.—Je suis venu à Berthier, seulement pour venir au comité.
Q.—Avez-vous eu occasion de reucontrer souvent des électeurs des deux partis, pendant cette élection ?
R.—Souvent, très-souvent,
Q.—D'uprès ce que vous connaissez, quel a été l'effet des prédications, ou de la part qu'a prise le clergé dans cette élection, sur le résultat de l'élection ?
R.——D'après moi, c’est une chose notoire que si M. Sylvestre a perdu son élection, c’est le clergé qui en est la cause,
Q.—M. Robillard, avant cette élection-là, s'était-il jamais mêlé
d'aucune affaire politique, en public, ou était-il connu dans le comté pour un homme public ?
R.—Pas pour un homme public ; il était bien connu dans le comté pour un bon commerçant, un honnête homme, mais pas pour uu homme public.
Q.— A votre coanaissance, a t-il fait des discours publics, pendant cette élection ?
R.—Jamais; je lui ai demandé, une fois, à Lavaltrie, de nous annoncer sa candidature, pour savoir à quoi s’en tenir, pour savoie s'il était rouge ou bleu ? Je n'ai pas eu le temps de recevoir de réponse de lui, le vicaire de Lavaltrie est veau me poigner au collet, en me disant de sortir du terrain de l'église. Je n'ai pas voulu sortir; de là est venu une bagarre qui s'est terminée à l’amiuble; mais monsieur Robillard n’a pas parlé,
Q.—Lui aviez-vous fait cette question poliment ou de manière à l'insulter ?
R.—Poliment,
Q.-—-Généralement, dans le comté et auprès de ceux que vous a7ez rencontrés, des deux partis, de quelle classe d'hommes surtout, le défendeur passait-il pour être le candidat avoué ?
R.—-I1 passait, par chez nous, pour être le candidat du SAINT ParrTi ; et dans les autres paroisses, il passait pour être le candidat du clergé; mais par chez nous, on a un nom particulier, pour le nommer,fc'est le SAINT PARTI qu'on l'appelle,
Q.—Vous êtes juge de Paix, M. Marion?
R.—Oui, monsieur ; j'ai passé par la TRÉMUE.
Q.—Avez-vous eu occasion, pendant la cabale de cette élection, de voir M. Senécal, à Lanoraie ?
R.--Oui, monsieur; j'ai vu M. Senécal, sur le quai, parlant à M, le curé, lors du voyage de M. Lafontaine et de M. Poncin. J'étais-là sur le quai, et je connais parfaitement bien M.: Senécal, et j'ai vu que M. le curé avait de grosses affaires avec lui. Ils ne parlaient pas assez fort pour que je les entendisse, mais j'ai vu qu'ils étaient très occupés.
AN RE Tr SSSR RDC PRE ER
Q.—Aves-vous vu M. Seuécal aller au presbytère, soit cette fois-là au une autre fois ?
R.—Je ne l'ui pas vu; je sais qu'il y est allé, je l'ai entendu dire par plusieurs, muis, moi-même, je ne l’ui pas vu.
Q.--Vous dites que M. Senécul et M. le curé paraissuient bien intimes ensemble, sur le quai, savez-vous si auparavant, ils étuient awis intimes comme cela ?
R.—Je n'oi jamais vu M. Seuécal ni chez monsieur le curé, ni à Lanoraie ; muis je pense qu'ils devaient se connaître, parceque M. Seuécal est connu de tout le monde et de M. le curé aussi; c'est mon idée qu'ils se connaissaient,
Q.—Pour quelle sorte d’ageut ou de cabaleur politique, M, Sepécal est-il uotoirement connu, dans le public ?
R—L'ugent général des conservateurs, et l'acheteur des voteurs et des membres du Parlement; c’est pour cela qu’il est connu dans le public, s'est sa réputation dans la Province de Québec,
Q.—I1 était aiasi connu dans ce temps-là, dans le comté ainsi qu'ailleurs ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Avez-vous eu accasion de voir le défendeur sortir ou entrer au presbytère de [anoraie ?
R-—Je l'avais vu une fois sortir le soir, la veillée était trés-avancée, je crois qu'il était entre dix à ouze heures, peut-être onze heures passé ; je venais de passer la veillée chez M. Latour, et je m'en retournais chez nous, je passais presque toujours devant le presbytère, la porte du presbytère se trouvait du coté du fleuve et je passais par là, et à ma grande surprise, je vis le presbytère tout en feu, tout illuminé, je ne savais pas ce que c'était, etarrivé à la porte, je me suis trouvé fuce à face avec M. Robillard.et son frère, et j'ai vu d'autres personnes sortir du presbytère aussi et prendre uuc autre direction ; je ne puis les nowmer au sûr, mais au meilleur de ma connaissance, je crois que c'étaient les docteurs Primeau, Millette et M. Desrosiers; je crois qu'il faisaient partie du comité conservateur de Lanoraie,
Q.—A part de cette fois-là, avez-vous été témoin des autres allées et veuucs du dé fendeur et de ses partisans au prosbytère ?
R.— Oui, à chaque fois ; et j'ai même vu des orateurs aller le soir très tard, pour coucher là, au presbytère,
Q.— Des orateurs du défendeur ?
R.—Oui monsieur.
Q.— Les orateurs du parti de M. Sylvestre, n'allaient pas là ?
R.--Non, monsieur; pas même M, Sylvestre.
Q.--Savez-vous si les orateurs da défendeur allaient se retirer là et prevaieut des repas là ?
R.—Je suis certain pour un monsieur Peltier, qui est descendu avec moi de Joliette à Lanoraie, dans une petite voiture de chemin de fer ; il m'a dit : Je m'en vais coucher chez M, le curé. Il a couché là, soupé, là diné là et déjeuné là. Je crois que M. Peltier doit être un ami de M. Loranger parcequ'il était en société avec les frères de Monsieur Loranger ; ils devaient se connaitre avant.
Q.—Avez-vous entendu quelque personnes fuire des aveux concernant co à quoi l'élection du défeudeur était surtout dûe ?
R.— Depuis, ou après l'élection, je suis allé veiller chez le Sccrétaire-Trésorier, avec plusieurs amis des deux partis ; nous avons fait la discussion politique, et après la veillée j'ai laissé la place avec mon frère,et ua cabaieur de M. Robillard, et j'ai dit à ce partisan de M. Robillard : ‘Voyons, sois franc, dis moi donc une chose, si vous n'aviez pas le curé pour vous autres, pourriez-vous gaguer une élection” ? [la dit: ‘ C'est vrai, sans le clergé, on n'est pas capable de gagner,”
Q.—Depuis l'élection, avez vous rencontré d’autres partisans du défendeur qui vous ont fait des aveux semblables, concernant cette élection?
R.--J'ai occasion de rencontrer beaucoup de monde, je voyage beaucoup à bord des stcamboats ; j'ai rencontré Basile Desrosiers, marchand de la paroisse de Lanoraie ; on a fait la discussion poli. tique, on discute souvent chez nous, et j'ai dit : ‘* Sois franc, si les
prêtres n’était pas de votre coté, même dans la paroisse, auriez-vor:la majorité ?” Il a dit : “Non, parceque vous l'avez toujours eue avant, on n’est pas capable, sans le curé.”
Q.—C'est lui qui vous répondait ça ?
R.—Oui, monsieur ; lui, M. Desrosiers.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—Vous dites que le curé, en parlant du mot “ petit parti” ; parlait des libéraux, comme étant le petit parti ; n’est il pas vrai, qu'avant l'élection dont il est question en cette cause, le parti libéral de Lanoraie avait eu la majorité, et que le curé savait çn ?
R.— Lors de l'élection de M. Cuthbert, sur 130 votes qui se donnent, le parti conservateur en a eu 111 de majorité.
Q.—Vous avez travaillé pour le parti conservateur cette fuis là, M. Marion ?
R.—Non, monsieur ; pas pour le parti conservateur, mais pour M. Cuthbert en particulier.
Q.--Antoine Brazeau a travaillé pour M. Cuthbert, lui aussi ?
R.—II a voté pour M. Cuthbert, lui aussi,
Q.—t il a toujours continué à rester du même parti ?
R.—Six mois plus tard, l'élection de messieurs Sylvestre, Tranchemontagne et Latour est venue sur le tapis, et M. Brazeau a voté pour M. Sylvestre, et ses partisans aussi, et la majorité a été de 32 cu 42 pour le parti libéral, dans la paroisse de Lanoruie; c'était six mois après avoir donné 111 de majorité aux conservateurs,
Q.--Lorsque vous. êtes-allé à Lavaltrie, que vous dites’ que le curé vous a pris au collet, n'est-il pas vrai que vous criiez fort à la porte de l’église ?
R.—J'’ai l'habitude de parler fort; je me trouvais en arrière des autres et M, Robillard se trouvait du côté gauche, à la porte de l’église; et pour lui demander de monter, pour nous dire do quel parti il était, il fallait que je parle assez fort; j'ai aussi parlé fort, puisqu'il m'a répondu des choses peu aimables ; c’est là que le vicaire de Lavaltrie est venu me poigner et me dire: allez
vous en en dehors du terrain de l'église ; et je n’ai pas voulu m'en. aller,
Q.—Vous auriez fait la bataille, si votre parti avait "té ptes fort ?
R.—Si on avait été assez fort, on ne se serait pas liseé Lu ner,
Q.--Vous aviez pris des stimulants, cette jouraée là?
R--Non; on n’en avait pas eu le temps, parcequ'on était mon té à course de cheval.
Q.—Quand on a pris des stimulants, comme avant de’partir de Lanoraie, cela n’a pu faire effet qu’à Lavaltrie ?
R.—II aurait fallu que je les prisse avant d'aller chez nous, car je n'ai pas même eu le LL d'aller manger une rs Lu soupe.
Q. sem ds vous avez vu le défendeur sortir du in vous n'avez pas été scandalisé ?
R.—Non ; je savais que le comité se tenait là.
Q.—Vous saviez cela ?
K.—Oui, monsieur, : in
Q.--Vous jurez que le comité se tenait là?
R.—J'appelle cela le comité; je veux dire que les principaux amis de M. Robillard se sont assemblés là plusieurs fois ; | je les ai vusseortir dans le jour, je les ai vu y aller; ils étaient 02tchés du: coté de M. Latour et de mon coté.
Q.—Vous y êtes allé le soir, et vous vous tenïez là pour voir s'ils allaient sortir ?
R.—Je m'adonnais à passer ; jé passais là,
Q.—N'est:il pas vrai que Bazile Desrosiers et le défendeur en cette cause, sont souvent au presbytère, même dans un temps qui n’est pas un temps d'élection ?
R.—Qui; 0e sont de grands amis de M, le curé, ils vont le voir pour lui donner les nouveiles; et moi, si j'étais l'ami de M. Le curé, comme ils le sont, je crois que j'y irais plus novreé.
Q.—II n'en tiendrait qu'à vous d'être ami ?
R.—Je sais cela ; mais on ne s’accorde pas M. le curé et moi, ea politique.
Q.--Vous n'êtes pas ami avec lui ? i
R.—Je ne suis pas son ami; car sur le chemin on se rencontre æt.on se silut pas.
Q.--Maintenant, vous avez dit que les orateurs, qui venaient parler pout le défendeur, allaien: au presbytère faire des visités, et «que d’autres mangeaicnt là ?
R.—Uela est arrivé souvent.
Q.:—N'éstil pas vrai que souvent les orateurs qui vont dans ane paroisse, et qui connaissent le curé, vont lui faire visite et quelques fois sont invités à diner, et que souvent ceux qui sympathisent aveo le curé sont des adversaires ?
R.—Je ne me rappelle pas que cela soit arrivé chez nous.
0.--Vous avez dit que M. Peltier, qui était veau parler pour le défendeur, était l'associé des frères de M. Loranger, par conséquent devait être bien ami aveo le curé ?
R.--Oui, monsieur,
©.— Les autres orateurs, qui ont parlé pour le défendeur, étaient des amis du curé, ceux qui sont allé au presbytère ?
R.—-Je n'en ai pas vu y aller.
Q.—Il a'y a que M. Peltier ?.
R.--Jé mo rappelle queM. Bizaillon y est allé, M. Tarte y est dk; M. Tarte a été élevé dans la paroisse, La famille de sa æmère réside toujours, dans la paroisse de Lanoraie,
Q.—C'est un ami du curé ?
R.—Oui; depuis qu'il est conservateur,
RÉ-KEXAMINÉ,
Q.—En réponse aux transquestions, vous’ avez fait allusion à Yélestion dé M. Cuthbert; pour quelle charubre W. (Cuthbert s'é- #aifil présénté ?
R..-Pour le Fédéral, Mere el l'on. nou + Paquet a été mommé Sénateur, |