‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 37 sur 56 · Y en a-t-il d’autres · texte numérisé non relu

Y en a-t-il d’autres

R.—Oui, il y en a d’autres, dont je ne puis pas me rappeler les noms,

Q.—Gustave Fauteux était-il électeur dans le temps ?

R.—I] parlait comme un électeur.

Q.—Savez-vous s’il était sur la liste des électeurs ?

R.— C'est ce que je ne connais pas. Il parlait comme tel.

Q.—N'est.il pas vrai que, dans l'élection du défendeur, dont il est question en cette cause, les principales influences dans la paroisse avaient changé d'opinion politique et supportaient la candidature du défendeur ?

R.—Qu'est-ce que vous appelez les premières influences de la paroisse ?

Q.—N'éstil pas vrai que le docteur Drainville supportait le Défendeur ?

R.—C'est ce que j'ignore.

Q.—N'est-il pas vrai, que la famille Fuuteux supportait le Défendeur ? :

R,—C'est ce que j'ignore encore ; M. Fauteux m'a dit qu’il fallait bien abandonner le parti, c’est tout ce, que je sais.

Q.—Vous oc 1piez-vous beaucoup d'élection ?

ÆR.—Non, pas beaucoup ; je n'ai pas cubulé, je ne suis pas sorti de chez nous pour cela.

Et le déposant ne dit rien de plus.

Jérémie Plante,

Cuiltivateur, de St Barthelémy, âgé de 27 ans,

Lequel etc., ete., dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès.

Q.—-Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à sette élection et pour quelle paroisse ?

ÆR.—Oui, monsieur; pour la paroisse de St Barthelémy.

Q.--Quels étaient les deux eandidats qui se sont présentés ?

Æ.—M. Sylvestre et M. Robillard,

Q.—M. Robillard, le défendeur en cette cause ?

R.--Oui, monsieur,

Q.—En faveur de quel candidat étiez-vous ?

ÆR.—Mon opinion était pour M, Sylvestre.

Q.—Avez-vous voté ?

R.—Non, monsieur,

Q.— Qu'est-ce qui vous a empêché de voter ?

. R.—Pour la raison que, pour obtenir de faire mes Pâques, je renonçais au droit de voter, j'avais promis au vicaire de ne pas voter

pour faire mes Pâques ; sans cela, mon opinion était de voter pour M. Sylvestre, mais pour obtenir de faire mes Pâques, j'ai promis de ne pas voter, et je n'ai pas voté non plus.

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Question posée par le Juge.

Bst-ce pendant votre confession, que vous avez promis cela ?

R.—C'était après ma confession terminée, Il m'a demandé de quel parti j'etais, et j'ai dit que j'étais du parti libéral ; il a dit: “mon enfant, c'est un méchant parti, c’est un parti condamué par l'Eglise, et il faut que tu abandonne s ce parti-là ; c'est un parti qui ne mène pas dans le bon chemin, je ne puis pas t'absoudre ct te permettre de faire tes Pâques, si tu restes dans ce parti là” ; j'ai dit : & je n’y tiens pas par esprit de parti, j'y tiens pour un homme à mon goût, ou jamais je ne voterai.”?

Q.—C'est alors qu'il vous a fait promettre de ne pas voter ?

R—Oui, monsieur,

Q.—Si vous ue lui aviez pas promis cela, auriez vous voté ?

R.—J'aurais voté, mais je n’ai pas voté.

Q.—Est-ce à cause de cette promesse là que vous n’avez pas voté ?

R.—Oui, je l’avais promis, et sans cela j'aurais voté.

Q.—£ans cette promesse là, auriez-vous voté pour monsieur Sylvestre ?

R.—Oui, monsieur, sans cette promesse-là, j'aurais voté pour M. Sylvestre.

Q.— Quel est le nom de votre vicaire ?

R—M. Brien, vicaire,

Q.—Pendant cette élection, avez-vous entendu quelques sermons ou prédications faits par le Révérend Messire Archambeault, dans l'Êglise de St. Barthélemy, au sujet de la politique et du parti libéral ?

R.—Oui ; il en a parlé souvent,

Q.—Est-ce M. Brien ou M. Archambeault qui eu a parlé P

R.—M,. Archambault.

Q.—Le curé ?

R.—Oui, monsieur le curé.

Q.—Dites nous donc çe que vous vous rappelez qu'il a dit au sujet du libéralisme-politique, et ce qu'il a dit que c'était ?

R.—J'ai connaissauce d’une fois, en faisant un sermon de politi.

que, il nous a dit que le parti qu'on tenait, le parti rouge, était un méchant parti, un parti qui nous conduisait à l'enfer, qu'on ne devait pas suivre ce parti-là, et que, pour un jour à venir, on avait une âme à sauver, et qu'on ne pouvait pas sauver son fme en suivant ce parti-là ; c'est là ce que je me rappelle.

Q.—Le défendeur était-il connu comme un komme publie ou comme un homme politique, à cette élection-là.

R.—Moi, je ne le connaissais pas.

Q.—Y en avait-il beaucoup d'autres dans la paroisse qui ne le connaissaient pas ?

R.—Suivant mon opinion, ils pouvait y en avoir qui ne le conpaissaient pas, mais c'est une affaire que je ne puis p as vous dire.

Q.—S'est.il montré publiquement chez vous ?

R.--Non; j'ai entendu dire qu'il était venu, mais je ne l'ai pas vu moi-même.

Q.—Avez-vous entendu dire qu'il avait parlé en public dans votre paroisse ?

R,—Non ; je n’ai pas entendu dire qu'il avait parlé en public.

Q.—Alors, d’après votre opinion et l'opinion publique dans la paroisse, à quoi a été due la majorité que monsieur Robillard a obtenue dans la paroisse de St. Barthélemy, à cette élection-là ?

R.—Suivant le dicton du monde, il était dit que monsieur le curé en avait fait revirer beaucoup.

Q.—Dans votre opinion, pensez-vous que ce soit la principale cause du succès de M. Robillard dans votre paroisse ?

R.—Ça l’a été pour moi, et ça peut l'avoir été pour bien d’autres,

Le défendeur objecte à la preuve faite par lé témoin des conservations qui ont eu lieu entre lui et son confesseir, au tribunal de la

pénitence, et il transquestionne le témoin sous la réserve de cette objection,

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR

Q.—Votre confession était-elle terminée, lorsque vous avez eu cètte conversation avec le vicaire de la paroisse, monsieur Brien ?

eu bn ?

R.—Oui, monsieur.

Q.—Aviez-vous reçu l’absolution ?

R.—Non, monsieur, je n'avais pas reçu l’absolution; du momest que ma confession a été terminée, il n’a dit de faire mon acte de contrition, qu'il allait me donner l'absolution, je me suis retiré. em arrière pour faire mon acte de contrition, et c'est alors qu'il a pensé au parti, il ne m'en avait pas parlé du tout avant; il m’a demandé pour quel parti j'étais, et je lui ai dit de quel parti j'étais, et il a ét: & je ne suis pas capable de t'absoudre à faire tes Pâques.”

Vu cette déclaration du témoin, le défendeur objecte à la preuve faite par lui de ce qui s’est passé au confessional.

Objection maintenue, quant à toute partie des réponses da témois qui peut tendre à divulguer ce qui a été dit durant l’accomplissemen£ de l'acte de la confession, attendu que la divulgation d’une comm; aication privilégiée ne doit pas être permise.

Le défendeur déclare que, vû le jugement de la Cour maintenant son objection, il ne continue pas à transquestionner le témoïn.

Et le déposant ne dit rien de plus,

Gilbert Lavallée,

Cultivateur, de St, Barthelemy, âgé de 57 ans, Lequel etc., et., dépose et dit :

- Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès. Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenus en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à cette élection, et pour quelle paroisse du comté de Berthier ? R.— Libéral.

Q.—Je vous demande si vous étiez un électeur qualifié à voter à cette élection ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—Vous étiez catholique, comme vous l'êtes encore aujours d'hui ?

R'— Oui, monsieur, — De quel parti étiez-vous pendant cette élection-là ? R Du parti libéral.

Q.—En fiveur de quel candidat étiez vous ?

R.—#our monsieur Sylvestre, @.—Avyez vous voté à cette élection là ? | R.—-Non, monsieur. | Q.—Pourquoi ?

R.—Par rapport au curé ; les défenses qu'il faisait m'ont opposé de voter, @.—Où faisait-il ces défenses ?

" R—A l'église.

Q.—Eu chaire ?

R.—Oui, monsieur, Q.— Qu'est-ce qu'il a dit ?

R.—1l a dit, que ceux qui voteraient libéral ne feraient pas de Pâques.

Q.—Vous jurez que c'est pour cette raison que vuus n'avez pas pu voter pour M. Sylvestre ?

R.—Oui, monsieur.

Q.—Sans cela, auriez:vous voté pour lui ?

R.— Oui, monsieur” *"" ** Q.—Vous vouliez faire vos Pâques ?

ÆR.—Oui, monsieur, O0.— Vous les avez faites, cette année-là ?

R.. -Oui, monsieur.

tOCY

TRAN£SQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR

Q.—Avcz-vous toujours été libéral ?

. - R.— Oui, monsieur. à Q——Dans toutes les élections passées, depuis que vous pouvez.

voter, vous avez toujours été libéral ?

Q.— Vous avez toujours voté dans les élections ?

R,—Oui, monsieur.

Q.--Avez-vous toujours voté pour le docteur: Paquet, qumd il s'est présenté ?

R.— Oui, monsieur, du. Q.—Avez-vous toujours voté pouf M. Dostuler quaud il s'est présenté aussi ?

R.—Je n'avais pas droit de vote, dans ce temps-là.

Q.—Avez-vous toujours voté pour M, Cuthbert ?

R.—J'ui voté pour M. Drainville.

Q.--Avez-vous toujours voté pour M. Tranchemontagne ?

R.—Non, monsieur.

Q.— Vous v'avez pas voté pour monsieur Tranchementagne ? as de tâchez de vous souvenir ?

’avez R.—Mousieur Tranchemontagne avec monsieur Drainville ? Q.—Tâchez de vous en rappeler, je vous demande si vous n'avez

pas déjà voté pour monsieur Tranchemontagne ? R.--Il n'était pas seui, il était avec un autre, Q.—N'avez-vous pas voté pour monsieur Tranchemontage ? R.—J'ai voté pour monsieur Drainville.

Q.—Quand est-ce que c’est que le curé Archambeault a dit cela eu chaire, ce que vous avez rapporté tantôt ? R.—1 y a deux ans, en approchant l'élection.

Q.—-Ce n'était pas dans l'élection de monsicsur Drainville qu’il a dit cela ?,

eZ. 6 loué: Æ.—Jc ne me remets pas qu’il a dit cela, alors.

Et le déposant ne dit rien de plus. ,

David Fréchette, fils de Joseph,

Cultivateur, de St Norbert, âgé de 41 ans.

Lequel eto., etc., dépose et dit ; Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès,

Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur dûment qualifié à voter à cette élection, et pour quelle paroisse du comté ?

R.— Oui, monsieur, j'étais un voteur,

Q.—Pour quelle paroisse ?

R.—Pour la paroisse de St Norbert.

Q.—Qui était le curé de cette paroisse-là ?

R,—C'est M Joseph St Aubin.

Q.—Avez-vous, en assistant à la grande messe les dimanches ct les jours de fêtes, entendu M. le curé, pendant cette élection, parler du parti libéral politique et du parti libéral cuthoiique, et qu'est-ce qu'il a dit de ces deux partis ?

R.—J'ai entendu M. le curé dire qu'uu voreur ne pouvait pas être libéral en politique et être catholique, que les deux ne marchaient pas ensemble, que c'était impossible.

Q.--A:til fait une distinction ou une différence entre le libéralisme politique et le libéralisme catholique, dans ses sermons, ou a-t-il dit que c'était une même chose ?

R.--Il a dit que le libéralisme politique et le catholicisme ne pouvaient pas marcher ensemble, que c'était inutile; qu'un homme ne pouvait pas être libéral politique et être catholique.

Q.—A:til dit si uu catholique pouvait être libéral et suivre Île parti libéral ?

R.—Il a dit qu’un catholique ne pouvait pas êtes libéral, parce- «que c'étuit contre l'Eglise.

Q —D'après ces paroles là, que vous venez de rapporter, qu'estce que vous avez compris qu'un électeur catholique pouvait faire ou ne pouvait pas faire relativement au parti libéral ?

R.—J'ai remarqué. un jour, que monsieur le curé a dit, dans l'explication d'un dimanche, que le parti libéral était le parti qui

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ressembiuit en couleur au feu de l'enfer, il a dit cela d'unemanière excitée, en frappant un coup de poing sur la chaire,

Question posée par le Juge,

Etait ce dans la chaire qu'il a dit cela ?

R.—Oui ; en frappant un coup de poing sur le bord de la chaire, et d’une manière excitée,

Par l'avocat.

R.—L'a-til appelé parti libéral ou parti rouge, cette fois-là ?

R.—- Rouge, monsieur.

Q.—A quel parti appartenait le candidat M. Sylvestre ?

R.—Il appartenait au parti libéral.

Q.—A quel parti appartenait le défendeur en cette cause monsieur Robillard ?

R.—Il appartenait au parti couservateur,

Q.—Quel a été l'effet de ces scrmons de M, le curé, d'après vous, dans la paroisse, pour cette élection-là ?

R.—D'après l'idée que j'ai, je pense que les sermons ont été utiles à quelqu'un, pour le parti conservateur,

Q— Le défendeur, M. Robiilard, était-il un candidat connu dans la paroisse et populaire personnellement ?

.—Il n'a pas été connu par ses visites, parceque moi

R.—Il n’a pas été e tes, par our UD, je ve l’ai pas vu une seule fois pendant l'élection.

Q.--Avez-vous aussi entendu dire cela par beaucoup d'électeurs ?

R,— Qu'est-ce que c'est ?

—Ce que vous venez de dire, que vous ne l'aviez jamais Ce que v de dire, l'aviez j vu, d'autres électeurs l’ont-ils dit ?

R.—Oui; je l'ai entendu dire par une grande partie de la paroisse, et même il y a des gens qui ne l'avaient jamais connu et qui désiraient le voir; ils trouvaient cela sérieux, de voir que M. Robillard ne se montrait pas; ils ont dit: on désirerait toujours le voir.

Le défendeur déciare qu'il n'a pas de transquestion à poser au témoin.

Et le déposant ne dit rien de plus.

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