‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 38 sur 56 · PÉTER · texte numérisé non relu

PÉTER

SERRE PIS SRE

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Dr

David Fréchette,

€Cultivateur, de St. Norbert, âué de 53 aus.

lequel ete, ete , dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès.

Q.— Vous êtes résident à St, Norbert ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—Dans le distrit électoral de Berthier ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—Etiez-vous électeur dûment qualifié a voter lors de l'élection dont il est question en cette cause, qui à été tenue en avril et en mai 1878 ?

R.--Oui, mônsieur.

Q.— Vous étiez, comme vous l'êtes encvre, catholique ?

R,—Oui, monsieur,

Q.—Pendant cette élection, quelques jours avant la votation, M. ie curé St, Aubin, curé de cette paroisse, vous a-t-il fait demander à son presbytère, et si oui, qu'est-ce qu'il vous a dit là ou demandé relativement à la politique et à l'élection ?

R.--1{1 m'a fait demander d'aller à son presbytère, il avait affaire à moi à part de cela, mais toujours qu'il est venu À me parler de la politi que et des éiections; vû que j'avais assisté à quelques assemblées à Joliette, il me demandait qu'est-ce que les orateurs avaient dit, et on est veuu à cutrer en parlements là-dessus,

Q.—Qu'est ce qu'il vous a dit relativement au parti, ou à un parti, que vous ne pouviez pas soutenir, et pour quelle raison, et quel parti était-ce ?

R.—Je suppose qu’il s'appercevait que j'étais por r pour M. Sylvestre, et il me disait pour raison que je ne vrenais pas, vû que je lui disais qu'il était suggéré qu'on étui: pour payer la

taxe, et moi je disais pour raison que le bill qu'on avait pissé en chambre, que ça alluit venir à la taxe, que j'avais assez de dettes, et que j'avais pas besoin d’en demander d’autres davantage ; il me disait que je ne comprenais pas ; il a dit: ‘tu cherches à vouloir souteuir uu protestant, un homme qui n'est pas cathoiique, et ton vote

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deviendra dangéreux, parceque ça peut devenir comme dans les vieux pays, parceque dans les vieux pays c'est arrrivé commecela cb La.

religion et les prêtres et les évêques ont été magaués par le parti libéral.

Q.—A:til nommé ce protestant dont il parlait ?

R.+ C'était M. Joly ; il a dit que M. Joly avait déjà travaillé à abattre les processions de paroisse, et il a dit: ‘tu vois de suite par là que ga deviendra a virer mal”, et moi j'ai dit de suite: ‘M, le curé, vous êtes à la portée de connnaitre plus que mot, et puisque mou vote deviendra à être dangéreux, je ne vote pas,

Q.——Pour quoi, et à quelles institutions, vous at-il dit que votre vote pourrait devenir dangéreux ?

R.--Parceque c'était vouloir soutenir le parti de M, Joly, qui était le parti libéral, ct en soutenant M, Joly, que c'était un” protestant, et qu'on n’uvait pas besoin de le soutenir.

Q.—Eh! bien, qu'est-ce que c'est qui seserait trouvé en danger Æn le soutenant, d'après ce qu'il vous disait ?

R.—C'étaient les hommes qui votaient pour le parti de M, Sylvestre,

Q.— Dangereux pour qui ?

R.--Qu'il serait dangereux pour nous autres, pour les catholiques,

Q.—-Pour la religion, alors ?

R.--Oui ; pour la religion, pour les catholiques,

Question posée par le Juge

Q.—A:til dit réellement ces mots-là: que ce serait dangereux pour la religion ?

R.— Oui ; je le jure, sur mon serment, qu’il me l’a dit.

Q,—Vous avez dit que vous n’aviez pas voté À’ cette électiondà ? à R.—Oui, monsieur, Q.—Avant de voir M. le curé, pour qui étiez-vous décidé de voter, à cette élection ?

R,-—Pour M. Sylvestre.

‘Q.—Et pour quelle raison n’avez-vous pas voté pour monsieur Hgivestre ?

R.—Parcoque monsieur le curé me faisait bien des remontranæs, comme je viens de vous le dire : qu'il disait que ce serait comme en Franc), dans les vieux pays, où les libéraux étaient si méchants, où ils maltraitaient les sociétes religieuses, les prêtres et évêques, et r | fui ai dit à lui-même que c'était pour ces raisons que je ne voteais pas.

Q—Vous êtes-vous abstenu de voter pour M. Sylvestre pour des intérêts de parti ou des considérations politiques ?

R.—-C'était pour la religion ; je le lui ai dit à lui-même, dans segebrtère, le jour de la votation.

"1@ SM, le caré ne vous avait pas parlé, ce jour-là, comme il "wous a porlé, auriez voté pour M. Sylvestre ?

ÆR—Oui; j'étais pour voter pour lui certainement, mais par cequ'il m'a dit ce matin-là, daus son presbytère : ‘je m'apperçois eb ä'eutends dire par quelqu'un que tu nous barres les jambes,” il me J'a dit le matin de la votation, dans son presbytère, je me suis abstenu de voter.

. @.—-Lors de cette conversation, M. le curé a-t:il parlé du libéæalisme catholique et du libéralisme politique ?

R.—A cet égard-là, je ne pourrais pas me rappeler beaucoup de ce que nous avons eu ensemble, s'il m'a parlé de cette question, ça n’a pas été la plus forte partie ;- j'avais assisté à 1ne assemblée qui

. ait eu lieu à Joliette, je rapportais ce qui y avait été dit, et il me disait que je ne comprenais pas, Il ne n’a pas parlé de ce qué vous “mme dites là, au moivs, je ne m'en rappeile pas.

Q.—Le défendeur, M. Robillard, était-il un homme bien conou æt bien populaire dans là paroisse ?

À.— Pour moi, je ne l’avaig jamais vu, et d’après ce que j'ai en- #endu dire par les gens de la paroïsse,on ne le connaissait pas, on me l'avait jamais vu ni dans les assemblées le soir, ni faire des disours à la porte de l'église, excepté que j'ai entendu diro per quelqu'uo qu'on l'avait vu passer dans le village de St. Norbert,

Q.—-Savez-vous s’il a été chez le curé par exemple ?

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R.—Non, je ne le sais pas, je ne l’ai pas vu, j'ai entendu dire qu’il y avait été, mais moi, je ne lai pas vu.

Q.—Est-ce que le résultat de la votation, dans votre paroisse, a surpris le publie ?

R,.—Bien surpris, et c'était surprenant aussi.

Q.—-A quoi atribue-t-on, en général et notoirement dans le pu: blic, ce résultat ?

R.—A l'influence de M. Sylvestre. parcequ'ils disaient pour rai. son que M. Sylvestre ne gagnait pas ; j'ai entendu dire que M. Robillard avait la majorité bien qu’il comptât pas gagner, Et le jour de Ja votation, il y en a un grand nombre qui n'ont pas été voté, et il y en a d’autres qui ont changé, et M. Robillard a aïivsi eu la majorité.

Q.--Eh bien ! à quelle ivfence est-ce dû si M. Robillard a eu cette majorité là daus la paroisse, d'après vous ? :

R.—Je n'en vois pas d'autre ; d’après ce ce: que j'ai pu comprendre par moi-même ; je ne seis pas si les autres sont :pareils à cela, mais moi, j'ai compris que c'était l'influence de M. le curé, parceque le dimanche que M. Sylvestre et venu faire un discours dans la paroisse de St Norbert, je n’y étais pas moi, mais par n’importe quel parti j'ai entendu dire que ce que M. Sylvestre avait dit à la porte de l’église c'était bien bon,

Q.—Etait-ce l’opiniou générale dans la paroisse que ie résultat de la votation en faveur de M, Kobillard, dans la paroisse, était dû à l'influence de M, le curé et à ses sermons, ou à ses démarches en faveur de M, Robillard ?

R.—C'est là une chose que ne peux pas vous dire,

TRANEQUESTIONNÉE FAR LE DÉFENDEUR,

Q:—Quelle. était la majorité du parti conservateur duns l'élection avant celle de M. Robillard

R.—Das l'élection avant celle de M. Robillard, les partis se sont trouvés, je crois, avec un ou deux de différence, et dans l’autre je ue puis pas m'en rappeler,

Q.—Ne savez-vous pas que M. Robiliard a eu un vote de moins

de majorité que le parti conservateur avait eu dans l'élection précédente ?

R.—Pardon, il en a eu six ou sept.

Q.—Comprenez-moi bien, il a eu six ou sept voix de majorité à la dernière élection, mais n'est-il pas vrai qu’à l’élection précéden le ke parti conservateur avait eu sept ou huit voix de plus ?

ÆR.—11 y à un peu longtemps de cela ; je ne suis pas capable de le dire bonnement, je ne l’ui pas retenu bonnement.

Q:--Vous ne savez pas exctement la différence du nombre de voix, mais vous savez que M. Raobillard a eu quelques votes de moins que M. Cuthbert ?

R.—Il me semble que c'est M. Cuthbert qui en a eu le pius ; 5 me semble que la majorité était pour M. Cuthbert, je ne pourrait pas me: rappeler assez bonnement pour dire qu’une affaire de même est la vérité sur uue chose dont je ne me rappelle pas ; quand même je l'aurais entendu dire, je ne pourrais pasen rien dire, je ne suis pas certain de cela, et c'est déjà bien assez longtemps depuis Vélection de M. Robillard à venir jusqu'à aujourd’hui pour se rappeler cela à la mémoire, pour une personne qui ne sait ni lire ni écrire.

Q.— Vous ne vous rappelez pas beaucoup de ce que M. le curé vous a dit ; il y a si longtemps de cela ?

R.— Pardon, ce que je viens de dire, je m'en rappelle; il y abien d'autres choses dont je ne me rappelle pas, mais ce que je viens de dire, il me l’a dit.

Q.-- Ne savez-vous pas que, dans l'élection de M. Tranchemondigue avec M. Sylvestre, M. Tranchemontague avait plus de voix de majorité que M. Robillard ?

R.—Ça se peut bien, mais je ne m’eu rappelle pas. Q.—M. le curé vous a-til défendu de voter pour le parti auquel vous disiez appartenir ?

R.-—I1 me le défendait comme je viens de dire tout à l'heure; il me le défendait en disant que ce parti-là n’était pas bon, en disant, par exemple: ‘tu ne comprends pas, ct ton vote deviendra dangereux

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en soutenant des personnes de même, en soutenant ce protestant. là ga deviendra dommayeux.”

Q.—Ne vous a til pas dit de voter comme vous voudriez ?

ÆR.—1] m'a dit avant de pattir : ‘vas, et votes comme un joli garçon”; j'aidit: ‘“ je ne votes pas, je vous ai dit que je ne voterais pas, et je ne voterai pas, puisque mon vote deviendra dommageux”’ et il a dit : ‘votes, votes, votes pour le parti que tu voudras, votes pour Sylvestre ou pour Robillard, mais votes pour le parti du bon Dieu!" J'ai dit : “dites moi quel est le parti du bon Dieu”, ilne me l’a pas dit, et je n'ai pas voté.

RÉ-EXAMINÉ

Q.—Quel était le parti du bon Dieu, d’après ce qu'il vous disait ?

R.—CG'avait tout l'air que c'était le parti conservateur, d'après ee qu'il me disait.

Q.--Quel parti avez-veus compris que c'était ?

R.—ÇG'avait bien l’air d'être le parti conservateur, et je lui avais dit déjà auparavant que ce n'était pas mon opinion, par rapport aux taxes, et que je ne voulais pas voter de ce parti-là, parcequ'il dcmandait la taxe,

Q.—On vous a parlé des élections de monsieur Cuthbert et de monsieur Tranchemontagne, M. Cuthbert n’estil pas le seigneur de votre paroisse ? |

R.—Oui ; on lui paie rente.’

Q.—Est il populaire personnellement, bien connu et bien aimé ?

R.—Bien aimé, on le connait parfaitement bien, c’est un honnête homme.

Q.—Monsieur Tranchemontagne est-il bien connu et bien populaire personnellement ?

R.—il est bien connu. -

Q.—C'est un homme qui fait beaucoup d’affaires avec vous ?

R.— Oui ; c'est un bon marchand, un honnête homme,

Et le déposant ne dit rien de plus.

Révérend Messire Joseph St. Aubin,

Prêtre, Curé, de la paroisse de St Norbert, âgé de 67 ans. Lequel etc, etc., dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès. Q.— Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en uvril et mai 1878, de quelle paroisse étiez-vous curé ?

ÆR.—De St Norbert, monsieur,

Q.— Dans le district électoral de Berthier, n'est-ce pas ?

R.--Oui, monsieur,

Q.— Pendant l'élection, avez-vous eu occasion de rencontrer M. Robillard, le défendeur; de qui était-il accompagné, et où la rencontre a-t-elle eu lieu ?

R.—M. Robillard est venu chez moi, quelques jours avant les élections ; il était accompagné de M. Tarte, du moins il s’est nommé de même, moi, je ne sais pas qui c'était.

Q.—C'est M. Israël Tarte, n'est-ce pas ?

R.—Je ne puis dire si c'est M. Israël, il s’est nommé M. Tarte, je ne puis pas dire si c'est son nom.

Q.—Savez-vous quelle était l’occupation ou la profession de ce monsieur ? |

R.--Non, monsieur,

Q.— Avez-vous entendu dire, dans le temps, ce qu’il faisait, ce M. Tarte, quelle profession il exerçait ?'

R.—J'ai cutendu dire que M. Tarte avait ua journal, je n'ai jamais entendu dire quelle était sa profession.

Q.— Quel journal ?

R.—Je ne pourrais pas dire quel journal, je ne lai jamais reçu moi.

Q.--N'avez-vous pas entendu dire que c'était le Canadien, publié à Québec ?

R.—Il peut se faire que je l'aurais entendu dire, mais je ne me rappelle pas trop de cela.

Q.—Saviez-vous s'il était parent avec le défendeur, monsieur . Robillard.

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R.— Oui ; on m'a dit qu'il était le neveu de M, Robillard. Q.—Saviez-vons ce que M. Tarte faisait daus le comté,

relativement à cette élection et à la candidature de monsieur Robillard ?

R.--Je ne puis pas dire qu'est-ce que M. Tarto faisait, je sais qu'il était là en compagnie de M. Robillard; je suppose qu'il a dû favoriser M. Robillard de son mieux, je le crois bien, je ne sais pas ce qu'il a fait, car je ne l'ai pas suivi ; ilest venu chez moi avec M, Robillard,

Q.—N'avez-vous pas entendu dire qu'il était l’un des orateurs qui travaillaient au succès de M. Robillard ?

R.—Oui; j'ai entendu dire bien des choses dans le temps, j'ai entendu dire que M. Tarte était un orateur : est-ce vrai ? je n’en sais rien, peut-être que oui; et peut-être que non, je n’en sais rien moi.

Q.— Vous rappelez-vous à quelle heure de la journée cette visite a eu lieu ?

R.— C'est dans l'après-midi ; autant que je puis me rappeler,

Q.—Combien de temps a-t-elle duré ?

R.—Peut-être un quart-d’heure ou une demi-heure; ces messieurs m’avaient l'air pressés ; je n’ai pas remarqué l'heure, mais ça n’a pas été obsolument long,

Q.—Est-ce le soir du même jour, que M. Tarte, en présence du défendeur, a adressé la parole à une petite assemblée d'électeurs, tenue à l’hotel Bâcon à St Norbert ?

R.—Je n'en sais rien, je n’ai pasété là, je reste à mon presbytère; je n'ai pas entendu M. Tarte de chez nous, je ne sais pas s’il a parlé ou s’il n’a parlé, je n’en sais rien.

Q.— Vous ont-ils dit qu'ils allaient tenir cette assemblée là ? vous ont-ils parlé de cette assemblée-là ?

R.—Non, monsieur,

Q.—Avez vous eu connaissance de cette nssemblée-là, de quelque façon ?

R.—Je l'ai toujours su, de ouï-dire ; j'ai entendu due qu'il y

avait eu une assemblée, et qu'ils avaient parlé, mais je ne sais pas sic'est vrai parceque je n’y étuis pas.

Q. —Sont-ils retournés au presbytère après cette assemblée ? R.—Ils sont venus chez moi une fois, daus l’après-midi, et ces messsieurs sont partis et je ue les ai pas revus, je ne sais pas où ils

ont été : je:ne sais pas s'ils ont été tenir des assemblées où s'ils n'en ont pas tenues; ilseont partis de chez moi, et je les ai pas revus.

Q.—£Eavez-vous si c'est ce soir-là qu'a eu lieu l'assemblée en question, d’après ce que vous avez entendu dire ?

R.—Je viens de le dire, je ne le sais pas, je n'y étais pas ; cela a pu se dire duns la paroisse, cela a pu se dire à Berthier, même à Sorel, M. Brousseau a pu en entendre parler, je ne le suis pas.

Q.— Avez-vous appris que cette ussemblée-là s'était tenue le même soir ?

R.—On ne m'a pas cité le quantième, ni l’heure,je ne sais trop si c’est le même jour ou si c’est un autre jour, muis je sais qu’on a dit qu'il y avait eu une assemblée, ça été un on dit qu’il y avait eu une assemblée à l'hôtel Bâcon, à St Norbert, où M. Tarte et M. , Robillard étaient présents ; mais est-ce le même jour, je n'en sais rien,

Q.—Avez-vous quelque raison de sroire que c'est, en effet, le même jour, que cette assemblée:là a eu lieu ?

R.—Oui; parceque je ne vois pas que monsieur Robi,'1rd soit venu bien des fois chez nous, duns la paroisse : ça peut bien se foire, mais toujours que, sous mon serment, je ne sais pas s’il y a eu dés discours, je ne les ai pas entendus, moi, mais.on l'a dit, comme on dit bien des choses, pour me faire faire serment d’une chose sur un ou-dit, je ne puis pas beaucoup faire serment de eela.

Q.— Avez-vous aucune raison de croire que, quand on vous a dit cela, on vous a trompé ?

R.—On peut me tromper là-dessus comme sur bien d’autres choses, sur un on-dit, je ne fais pas beaucoup de certitude.

Q.— Avez-vous quelque raison de croire qu'on vous a trompé, cette fois-là ?

R. -Je réponds qu'on a pu me tromper, cette fois-là, comme c'est un on-dit, croyez-vous que je crois tout ce.qu'on me rapporte ?

Q.—Cela veut:il dire que vous n’avez aucune raison pour ne pas croire ce qu'on vous a dit à ce sujet, ou cela veut.il dire que vous en avez ?

Q.—Eh bien ! Votre Honneur, je crois que je ne puis pas répondre mieux que cela, jo ne puis pas répondre autrement sous serment, Le savant avocat a b‘aucoup plus de latitude que moi, il n’est pas sous serment, mais L° faire serment, sur un on-dit, je n'ai jamais eu connaissance de cela encore.

Q.—Etait-ce la première fais que le défendeur allait vons rendre visite et vous annoncer sa candidature ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—Vous avait-il, auparavant, annoncé sa candidature quelque part uilleurs ?

R.—Je ne m’en rappelie pas, il peut se faire qu'ilen soit ainsi,

j'ai rencontré M. Robillard à plusieurs reprises sur les bâteaux ; peut-être qu'il aurait pu me parler qu'il avait l'intention de se préseuter, wais je ne m'en rappelle pas.

Q.—Lorsque vous avez ainsi rencontré M. Robillard, en cette occasion-là et à plusieurs reprises, vous at-il parlé de sa candidature et des chances de succès qu'il pouvait avoir ?

R.—Je ne me rappelle pas de cela.

Q:—M. Robitlard'et M. Tarte vous ont:ils dit où ils allaient eu laissant St. Norbert ?

R.--Ils peuvent l'avoir dit, mais je ne m'en rappelle pas.

Q.—Ont-ils parlé de St, Gabriel comme étant l'endroit où ils £e dirigeaient ?

R,— Je ne me rappelle pas de cela, et ils n'avaient pas de eompte à me rendre non plus, je ne :m’en rappelle pas.

Q.-—Savez-vous, ou avez-vous appris de quelque manière, où ils allaient en laissant St. Norbert ?

R,+.J'ai eutendu dire qu’ils avaient été à St Gabriel ; tout cela ce sont des on dit, j'ai entendu dire cela ; ils peuvent y avoir été et ils peuvent n’y avoir pas été aussi.

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