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R.—Oui, monsicur.
Q.—Avez-vous eu une aussi grande majorité dans votre paroisse, à cette élection qu’à l'élection précédente ?
R.—J'ai eu un peu moins que dans l’autre élection précédente ; mais je dois vous dire qu’il y a eu des raisons ; c’est que plusieurs ont été annexés à la paroisse de l'Ile du-Pads, et des terrains ont été vendus, cela a amené des électeurs nouveaux, qui n'avaient pas/voté aux autres Élections et qui m'ont paru hostiles, parceque le nombre a été augmenté ; et ensuite, il y avait plusieurs autres dif. ficultés qui ne concernaient pas la politique, et qui, je crois, m'ont fait dcrmmage,
Q.—Le curé de votre paroisse a aussi travaillé pour vous, dans votre élection ?
ÆR.—Je crois qu'il n’a jamais travaillé pour ni contre ouvertement, mais je sais qu’il a voté; par son vote je crois qu'il m’a aidé, mais, je ne sais pes pour qui il a voté.
Q.—Avez-vous raison de croire qu'il a voté pour vous ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—N'avez-vous pas déclaré, immédiatement après la votation, que votre défaite était duc à votre propre paroisse ?
R.—Je ne le crois pas, parceque, voyez-vous, avoir été battu par 166, quand même il y aurrit eu ua changement d’une vingtaine de voix dans ma paroisse, ça n'aurait pas été la seule rause de ma perte; c’aurait été seulement une vingtaine de voix de diminution sur les 166. à i
Q.—N'avez-vous pas déclaré que c'était la principale cause de votre défaite ?
R.-Je ne le crois pas ; je ne m'en rappelle pas.
Q.—N'est-il pas vrai que la principale question qui s'est discutée, lors de cette élection, était le renvoi du ministère par le Lieutenant-Gouverneur ?
R.—C'était une des principales questions ; mais, il y avait la question des taxes, il y avait la question du bill du chemin de fer, qui étaient vues avec autant d'intérêt ici, surtout la question du
roisse,
dente ; usieurs errains ivaient rceque res dif- , m'ont
18, dans
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vait la de fer, ou du
chemin de fer; je dois dire que ça intéressait beaucoup de monde; je crois que, si on n'avait pas causé un préjugé religieux contre moi, c'aurait été une bonne créé pour moi.
Q.—N'est-il pas vrai qu’on vous reprochait d'être contre le chemin de fer ?
R.—Oui, mais c'était faussement ; je pense avoir soutenu d’une manière assez claire que je n'étais pas opposé au chemin de fer.
Q.—Ne croyez-vous pas que ces questions ont pu influencer les électeurs tout aussi bien q'« les discours du clergé ?
Æ,—Je ne puis pas croire cela; je crois que l’irfluence du clergé a été plus forte que toutes les questions soulevées,
Et le déposant ne dit rien de plus,
François Comertin,
Cultivateur, de St. Barthelemy, âgé de 58 aus.
Lequel etc., etc., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès.
Q.— Pendant l'élection dont il est question en ce tte cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à cette élection ?
R.—Oui, monsieur.
Q.— Dans quelle paroisse résidiez-vous ?
R.—A St Barthelemy.
Q.—De quelle religion étiez-vous et êtes vous encore ?
R.—J'étais catholique, comme je le suis encore. Q—Qui était le curé de cette paroisse-là ?
R.—M. Archambault.
Q.--Avez-vous eu occasion, en assistant à la grande messe les è dimanches ou fêtes, pendaut cette élection, mais avant la votation, d'entendre prêcher M, le curé Archambault, concernant la politique et cette élection ? 0
R.— Oui, mousieur,
Q.—Plusieurs fois ?
ÆR.--Presque tous les dimanches pendant un an.
Q.—Dans le moment, je vous demande seulement ce qu’il a dit peudant le temps de l'élection de M. Robillard aves M, Sylvestre ?
R,— Chaque sermon qu'il faisait, il commençait son sermon et le rachevait par la politique, sur le libéralisme ; les libérarx, vous savez, il les mettait au dernier point.
Q.—Comment étaient considérés les libéraux au point de vue de la religion, d'après ce qu'il disait ?
R.— Pour des déchaînés, des diables !
Q.— Lui avez-vous entendu dire de qui les libéraux étaient le enfants ?
ÆR.—Les enfants G' diable,
Q.— Luï' avez vous eut-ndu dire cela en chaire, et pendant la derpière élection ?
f.— Oui; eu chaire, dans ses sermons, dans les explications qu'il faisait.
Q.--Qu'est-ce qu'il a dit à propos de ce qu’il avait déjà dit antérieurement, aux autres élections ?
R.—[la dit qu'il était toujours le même homme,mais qu'il n'avait pas le droit de parler comme de coutume ; on a compris cela, qu'il était toujours le même homme ct qu'on savait ce qu’on avait à faire, que lui il n'avait pas bsoiu de nous expliquer tous les, jours ce qu'on avait à faire,
Q.—A:tl parlé de ce qu'il avait déjà dit, et qu'est-ce qu’il a dit à ce sujet là ? ;
R.—Comme je vous ai dit, il nous a dit qu'il n'avait pas besoin de nous expliquer tous les jours ce qu'il avait dit déjà ; qu’il nous avait déja dit qu'il fallait voter pour les conservateurs, il voulait nous fuire comprendre ce qu'il noùs avait expliqué,
Question posée par le Juge.
Dites les paroles qu'il a dites ?
R.—II nous disait: ‘ qu'il était le même homme, ct que ce qu'il avait dit il le maintenait encore.”
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Par ravocat. -
Qu'est-ce que vous avez compris, ou qu'est-ce que vous vous êtes rappelé en entendant ces paroles-là ?
R,—J'ai compris qu'on était toujours parcils avec lui, comme on était avant ; qu'on était toujours libéraux, et qu’on se trouvait dejetés comme avant ; j'ai compris cela.
Q.—Aveit-l parlé de cela auparavant ?
R.— Il y avait comme une couple d'années qu'il nous trimmoit cela dans ses prêches.
Q.—Vous avait-il parlé du libéralisme catholique et du Jibéralisme politique, ec qu'est ce qu'il disait de ces deux choses-là ?
1è.—1] disait : ‘‘que le parti libéral se portait toujours à détruire la religion.”
Q.--Pendant l'élection dont il est question ex cette cause, mais avant la votation, vous êtes-vous présenté pour vous confesser au
Révd. M. Archambault, curé de votre paroisse ?
R.—Oui. monsieur,
Q.—Après votre confession terminé, c’est-à-dire après l'absolution ou la bénédiction, avez-vous eu une conversation avec lui, et qu'est-ce qu’il vors a dit au sujet de cette élection ?
Objecté comme illégale en autant qu'elle tend à prouver des faits concernant la confession et des communications confidentielles qui ne peuvent faire l’objet d’une preuve.
Objection maintenue quant à toute partie de la question tendant à obtenir du témoin une réponse qui pourrait divulguer ce qui a éts dit durant l’accomplissement de l'acte de la confession, attendu que la divulgation d’une communicaticn privilégiée ne doit pas être permise
R,—La bénédiction qu'il m'a donnée, il s’est levé, et il ma dit : ‘ de m'en aller me damnsr avec mon parti,” U'est la bénédiction qu’il m’a donnée!
Q.—Qu'est-ce qu'il vous a dit après cela ?
R.—11 wa dit: ‘ de m'en aller me damner, de suivre mon parti comme j'avais coutume,” et je lui ai répondu que je lui disais bonsoir,
Q.—Et vous êtes-vous séparés là-dessus ?
R.—Oui ; c'est la politique qui nous a brouillés, Q.--Vous n'avez pas fait vos l'âques cette année là ? Æ.—Non, monsieur, “Q.— Avez-vous voté à cette élection là ?
R.—Oui, monsieur, j'ai voté Q.—M. le curé connaissait-il bien de quel parti vous étiez ? R.—-Oui, monsieur, Q.—II savait que vous étiez pour M. Sylvestre. R.—Oui, monsieur, Q.— Quel effet ont produit les prédications de M. le curé, dans cette paroisse, sur cette élection-là ?
ÆR--Ceux qui votaient pour M, Rabillard faisaient leurs Pâques, et ceux qui votaient pour M. Sylvestre ne les faisaient pas. Q.-—Quel effet ont eu les prédications, ou les sermons de M. le curé, sur le résultat de la votation ; cela a-t-il fait quelque chose de différencê, vu que Bi. le curé s’en mélait pour M. Robillard ? R.- -Oui ; il y en a plusieurs qui n’ont pas voté par rapport à
cela.
Q.—Y en a:t-il d’autres qui ont voté pour M. Robillard, à cause
de cela ? ù ‘
ÆR.—I\ y en a qui ont voté, et d’autres qui n’cnt pas voulu voter, qui aimaient mieux ne pas voter du tout.
Q.—Quelle a été la majorité de M. Robillard dans votre paroisse à cette élection-là ?
R.—Je ne puis pas dire au juste, c’est trente-trois ou trentequatre, je crois.
Q.—Quelle ava'' été la majorité de M. Sylvestre dans la derpière élection avant, quand il s'était présenté contre M. Tranchemontagne ?
R.— Une soixantaine, je crois, soixante et quelques voix,
Q.—Et l’homme contre qui il s’est présenté alors était-il plus populaire et plus connu que M. Robillard ?
R,—Oui, pour ma part, toujours.
Q.—Qui était-ce ?
R.—Je ne me rappelle pas son nom.
Q.—Etait-ce M. Tranchemontagne ?
, dans âques, > M. le > chose
rd ?
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Cause voler, aroisse rentea der-
inche-
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R.—Oui, M. ‘Tranchemontagne,
Q.—M. Robillard était-il un homme bien conuu ou bien populaire dans la paroisse ?
R.—I1 était connu par quelques uns, mais moi. je ne l'ai jamais vu ni connu ; je ne pouvais pas rien dire contre lui, je ne le conpaissais pas,
Q.—Y avait-il beaucoup de monde qui le connaissaient dans la paroisse de St. Barthelemy ?
R.—Je pense bien, mais pour moi je ne l'avais jamais vu.
Q.——S'est-il montré en public, a-t-il fait des discours ?
AR. —Je ne l'ai jamais vu.
Q.—Dans votre opinion, à quoi ce virement là est-il dû, dans la paroisse ?
R.—Bien, je crois bien que c’est M, le curé.
Q.— Qu'est-ce que l’on disait dans le public ?
R.—Oa disait que M. le curé revirait la moitié du monde.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR, SOUS RÉSERVE DES OBJECTIONS CI-DESSUS.
Q.—Est-ce que les chefs de la paroisse, les personnes les plus influentes n'étaient pas changé de politique dans ce temps-là, à la deruière élection ?
R.—Non, monsieur,
Q.—Le Dr Drainville était-il toujours de la même politique ?
R.—Le Dr Drainville avait changé l'année de devant, quand il s’est présenté,
Q.—I1 s'est presenté libéral pourtant ?
R.— Pardon, il ne s’est pas présenté libéral.
Q.--I1 s'est présenté conservateur le Dr. Drainvillle ?
ÆR.—Toujours qu'il le disait,
Q.—II était supporté par le Dr. Paquet, sénateur ?
R.--Je ne puis pas vous dire par qui il était supporté, je ne j'ai pas suivi.
Q.—Vous étiez pour le Dr Drainviie vous ?
R.—Pardon,
Q.—-Pour qui étiez-vous ?
R.--Je n'ai pas voté, Q.— Avez-vous toujours été libéral ?
R.--Oui, monsieur.
Q.—-Le curé at-il supporté le Dr Draiaville dans l'élection où à s'est présenté ?
R.—Je ne connais pas cela, je ne suis pas capable de vous dire s'il l’a supporté ou s’il ne l’a pas supporté.
Q.—-Vous dites que le Dr Drainville était le candidat des con-
ns ?
--: le pense; il n'a pas parlé dans la paroisse de St Bartheleiwy, 31 à conraillé les autres paroisses, mais je ue l'ai pas entendu y'rler à St Parthelemy.
… Q.=-i orsque te suré a parlé du libéralisme, ne commentait-il pas na mandement de | svêque ?
ÆR,—Oui ; il l'a commenté plusieurs dimanches, et il s’en servait longtemps.
Q.—Et cela, ce n’est pas pendant la dernière élection, pendant Félection dont il est question en cette cause ?
R.—Oui, dans cette élection-là. .
Q.—Vous jurez positivement que quand il a dit que les rouges étaient des déchainés, des diables, c'était dans l'élection dont il s’agit maintenant ?
R.—Comme de raison.
Q.— C'était dans cette élection-là ?
R.—Oui, monsieur.
Q.— Pendant que M. Robillard et M. Sylvestre étaient sur les rangs Ÿ
R.—Oui, monsieur.
Q.— Vous jurez cela positivement ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Vous jurez que quand il a dit que c'était les enfants du diable c'était encore dans l'élection dont il est question en cette eause ?
R.—QOui, monsieur.
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Q.—N'estil pas vrai que, dans l'élection en question en eetts cause, il n'a pas parlé de politique et qu'il n’u fait que dire aux gens de se rappeler de ce qu'il avait dit auparavant ?
R.—A la dernière élection avant celle-ci ?
Q.—Je vous parle de l'élection de monsieur Robillard, cette éleetion, ci ?
R— C'est à celle-ci, à l'élection de M. Robillard, qu’il a parlé de: cela, comme je vous l'ai dit tout-à-l'heure ; il a dit que ce qu'il avait dit qu'on vint s’en souvenir, qu’il était toujours le même homme.
Q.—Est ce tout ce qu'il a dit, pendant l'élection dont il est que mes en cette cause ?
À. - Oui, monsieur.
de que vous avez dit, à part des parc'es que le Guré a dites de se rappeler de ce qu’il avait dit auparavant, ne se rapporte pas à l'élection dont il est question en cette cause ?
R.—A vant l'élection, il nous prêchait rien que là-dessus, sur le politique, et quand le temps a été arrivé de clore;' il a dit qu'il ma pouvait pes nous expliquer, mais qu'il était toujours le même bomme ; c'est aisé à comprendre cela, ‘ qu’il était “oujours le même homme, et qu'on savait ce qu'on avait à faire,”
Q.—Mais pendant cette élection-là, est-ce tout ce qu'il a dit f
R.—Il ne pouvait pas aller plus loin, c’est tout ce qu'il a dit.
Et le déposent ne dit rien de plus.
25 Avril 1880.
Edouard Béland,
Cuitivateur, de St Barthelemy, âgé de 53 ans. Lequel etc., eto., dépose et dit:
Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès, Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue
mo ayril et mai 1878, éties-vous ua électeur qualifié à voter à cette élection ?
R.—Oui, monsicur.
Q.—Dars quelle parois-e résidiez.vous ?
Z2.—A St Barthelemy.