‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 49 sur 56 · Etiez-vous catholique, comme vous l'êtes encore · texte numérisé non relu

Etiez-vous catholique, comme vous l'êtes encore

R.—Oui, monsieur.

Q.—Avez-vous e» occasion d'entendre prêcher le Révérend M. Archambeault, curé de cette paroisse, pendant l'élection et avant la æotation, sur la politique et sur cette élection en particulier, et qu'est-ce que vous vous rappelez qu'il a dit ?

Object: à celte question comme illégale, en autant que les paroles &u prêtre prononcées dans la chaire de vérité ne peuvent constituer ne influence indue, et que les faits qu'elle tend à prouver ne peuvent ævoir aucune influence sur le présent litige,

Æ©bgection réservée.

R.--Oui, monsieur.

‘Q.— Quelles sont les paroles dont vous vous rappelez le plus ?

R.—Ii nous a dit que le parti libéral était un parti condamné ar l'Eglise, et il a fait uue comparaison, que les libéraux étaient æn comparaison comme des œufs qu'on mettait couver sous uve «poule lorsqu'ils n’éclosaient pas, qu'on était pourri, qu'on avait le æœur pourri, et enfin beaucoup de choses qu'il a dit dunsle temps.

Q.—Quelle allusion a-t-il faite un jour en chaire, relativement @ ce qu'il avait dit antérieurement ou aux élections précédentes ?

ÆR.—Moi pour un, j'ui été trouver l'Evêque, alors il nous avait ‘iè qu’ou ne l’empêcherait pas de parler politique, alors op a pris es moyens pour, alors il a dit : ‘‘je ne suis pas pour vous en par- Aer, mais rappellez-voûs de ce que je vous ai dit.”

Q.—Etait-ce pendant cette dernière élection ?

B.—Ce n'était pas à lu dernière élection ; il nous a fait rappe- Ber qu'il vous avait beaucoup parlé de politique, de sorte qu’il ious msait dit qu'il s’en rappelait encore, voilà ce que j'ai interprêté,

Q.—Qu'est-ee que cela vous a rappelé, quand il vous a dit cela :

SF rappenz-vous ce que je vous ai dit ” ? ù

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dit cëla :

R.— (Ça m'a rappelé ce qu'il nous avait dit de s'en rappeler.

Q.—Qu'est-ce que c'est ?

R.— Il nous avait dit: ‘que les libéraux étaient coudamnés par l'Eglise, ct même qu'on était des serpents, et qu'il se fatiguait de vous instruire et qu'on ne voulait pas l'écouter ;”’ et il a dit : t‘ si vous voulez vous damner, damnez-vous,”?

Q.— Lui avez-vous entendu dire de qui les hbéraux étaient les enfants ?

R.— Oui, je lui ai entendu dire ; je ne pourrais pas dire si c'est dans la dernière élection contestée en question ou avant, mais il a dit ‘‘que c'était les enfants du diable,”

Q.— Les paroles dites pendant cette élection, vous ont-elles rappelé ce qu'il avait dit le premier dimanche après la votation, dans l'élection précédente de M. Sylvestre, à l'ouverture des Quarantes-Heures, à propos de Lucifer qui était sorti de l’enfer avec une liste électorale ?

R.—-Oui, je me rappelle que ça a été dit.

Q.—Comment vous rappelez-vous que ça été dit ?

R.—II à dit cela : “que Lucifer était sorti de l'enfer et qu'if allait parcourir les rangs rour enrégistrer les noms des libéraux.

Q.—II n’y avait que les libéraux qui avaient droit de vote sur cette liste-là ?

R.—Oui, monsicur,

x Q-—Pendant les élections précédentes, pendant les sermons 5ré: cédents où il parlait de politique, et dont il vous disait de vous rappeler, parlait-il des Pâques, et disait-il si les libéraux pourraient les faire ou non ?

R.--Je crois qu'il a dit qu'ils ne pourraient pas les faire,

Q.—Pendant l'élection en question en cette cause, mais avant la votation, êtes-vous allé à confesse à M. le curé Archambeault, ou au vicaire M. Brieu ?

R.—Au Vicaire.

Q.—Y étiez vous allé cette fois Jà dans le but de faire vos Pâques ?

R.—Non, la première fois, je n'y étais pas allé dans le but de faire mes Pâques.

Do DE

Q.--Hn deuxième fois, y étiez-vous allé dans ce but ?

R.— Oui, monsieur,

Q.—Pendunt votre confession, le révérend M, Brien, votre confesseur, alors vicaire de la parois-e de St. Barthélemy où vous résidiez, vous u-til purlé de politique et de cette élection, et, ri oui, dites quelles menaces, promesses ou refus, en rappoït avec votre religion et ses sacrements, il vous a faits à cause de vos opinions politiques, et pour vous engager à voter pour le Défendeur vu à vous abstenir de voter pour le candidat Sylvestre.

Hhjecté à cette question comme illégale, en autant qu'elle tend à prouver des faits relatifs à ‘la confession, et à divulguer le sacrement de la confession, et à prouver des communications confilentialles qui ne peuvent être prononcées devant celte Cour, et qui ne peuvent faire l'objet d'une adjudication de cette Cour, et ne sont nullement sous son contrôle, +

Objection maintenue, en autant que la question tend à obtenir du témoia une réponse qui divulguerait ce q'ai a été dit durant l’accomplissement de l'acte de la confession,

Les Pétitionnaires excipent respuctucus ement de la décision du Tribuna!.

Q.— Quel effet ont eu les prédications de M. le curé sur la votation à cette élection ?

R.—D'aider beaucoup à M, Robillard.

Q.—M. Robillard était-il connu dans vos.envirous ? ,

R.— Non, monsieur ,il n'était pas counu du tout,

Q.—M. Syivestre, était-il bien populaire et bien connu ?

R.—QOui bien conuu et bien populaire.

Q.--A qui a-t-on, généralement daosie public, attribué ce résultat, à l'influeuce de qui ?

R.--A l'influence du clergé.

Q --Quelle était la rumeur publique duns votre paroisse concervaut les libéraux et les Paques ?

R.—On disait que les libéraux ne faisaient pas de Pâques s'ils vou'aient voter; et il y en a bien qui ve les ont pas faites.

tre conus rési- , fi oui, votre rens poli- | à vous

le tend à icrement elles qui vent faire ent sous

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MAN | ?, dE

Q.—Etait-ce un fuit reconnu pub'iquement que les libéraux ne faisaient pas de Pâques dans la paroisse, J2.—C'était reconau,

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR SOUS RÉSERVE DES OBJECTIONS CI-DESSUS.

Q.— Ce que vous aves entendu dire au curé Archambeault dans la chaire cet que vous avez rapporté, a-t-il été dit duus les élections précédentes,

R.--C'est daus la dernière élection précédente.

Q.—Précédant celle-ci ?

Æ.—Qui, monsieur,

Q.— Dites ee qu'il a dit dans l'élection doat il est question maintenant ? *

R.—-Je l'ai dit qu'il avait fuit des comparaisons aus œufs pourris et aux serpents, .

Q.—N'est-il pas vrai que les comparaisons qu'il a faites aux serpents ou autres, ont été faites dans l'élection précédant celle ci ?

R.—II les a faites à la dernière élection et avaut,

Q.—N'est-il pas vrai que lorsque M, le curé Archambeault a parlé des serpents il commentait un wmandement conjuint des Evêques de la Province traitant du libéralisme catholique ?

R.—Oui, uae fois il l'a dit, et une autre fois il l’a réitéré sans waudement.

Q.—N'est-il pas vrai que lorsqu'il a parlé des œufs pourris, ça se trouvait dans l'élection précédant l'élection dont il est ques tion maintenant ?

R.—C'est dans la dernière élection contestée en question.

Q.—-N'est-il pas vrai que, lorsqu'il a parlé des enfants du diable, c'était dans l'élection précédent l'élection dont il est question maintenant ?

R.—Je crois qu'il en a parlé très souvent.

Q.—Vous rappelez-vous si c'est dans l'élection dont il est ma1iw tenant question ?

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J.—Il en a parlé dans la dernière élection en question, et il en avait parlé avant,

Q.—Le fait que’ le curé Archambeault aurait dit que Lucifer aurait parcouru {es concessions pour enrégistrer les votes des électeurs libéraux a-t-il eu, pensez-vous, une grande influence pour fairo voter les électeur à la dernière élection ?

R.—Je crois que ç'en a opposé beaucoup de voter en faveur de M. Sylvestre.

Q.—Les électeurs ont-ils cru, or en connaissez-vous quelques-uns qui aient cru, qu’en effet Lucifer serait allé dans les concessions de St Barthelemy pour eurégistrer les libéraux sur sa liste électorale ?

{jecté à cette question comme futile et d'aucune portée sur le litige,

Objection renvoyée.

#,—Je pense qu'il y en a qui l'ont cru, parceque ça les a opposés de voter ; mais moi, je ue l'ai pas cru, j'ai voté,

Q.— Eu connaissez-vous qui l’out cru ?

Æ.—Je pense en connaitre, parceque ça les a influencés.

Q.—Nowmez-en, si vous en connaissez ?

À.—Je vai pas les uoms là à la mémoire,

Q.— Vous ne pourez pas en nommer un seul ?

R.— Non, monsieur,

Q.—Croyez-vous qu'un seul électeur libéral de la paroisse de St Barthelemy ait craint que le fait de voter pour le parti libéral, ou son candidat, le rendrait enfant du diable ?

R—Oui, j: le crois.

Q.—Eu connaissez-vous qui ont cru cela ?

Æ.—Ceux qui u’ont pas voté, c'est ce qui les a influencés; ilest tout probable ; des gens qui avaient toujours voté de leur parti, et qui par des sermons sont influencés, il faut qu'il y ait quelque chose pour les empêcher de voter !

Q.— Pouvez-vous en nommer un seul ?

R.—Non:; je u’ea ai pas dans la mémoire,

Q.-—Pensez-vous que la comparaison des œufs pourris en a influencé b aucoup ?

R.—C'est si peu poli, ces affaires-là, que ça n'a pas ioflucnef grand monde ; ‘ça ne regarde pas le ciel, cela ?

Et le déposant ne dit rien de plus.

en — @—— — — —

Antoine Caisse,

Cultivateur, de Lanoraie, âgé de 54 ans.

Lequel ete., etc., dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès.

Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue ea avril et mai 1878, étiez-vous uu électeur qualifié à voter à cette élection ?

R.—Oui, monsieur,

Q.— Dans quelle paroisse résidiez-vous ?

R.--A Lanoraie, monsieur.

Q.—Vous étiez catholique, comme vous l’êtes encore ?

R.—Oui, monsieur.

Q.—Avez-vous entendu M, le curé Lorauger, parler en chaire de la politique et de cette élection, et qu'est-ce que vous lai avez entendu dire, le premier dimanche qu'il en a parlé après que la candidature de M, Robillurd fut aunoucée ?

R.—-Il a dit: ‘ de ne pas se prononcer ei tôt, qu'on pourrait le: regretter plus tard, et alors d’attendre les discussions que les orsteurs feraient à la porte de l’église, ct que ce serait plus facile pour” nous autres d'apprécier le parti pour lequuel on devrait voter ” ; quelque chose dans ce sens-là, autant que je puis me rappcker.

Q.— Vous rappelez-vous s’il a parlé ou non, qu'il reviendrait sur. le sujet, ou qu’il en parlerait de nouveau, lui ?

R.--Je n'ai pas mémoire, movsieur ; je ne m'en rappelle pas

Q.—Un autre dimanche, mais avant La votation, en préehaut,,

F'aves-vous entendu parler du bon parti et dire quel était le bon parti?

Æ&.— Oui, monsieur, dans ce sens-ci, le dimanche de la quasimodo, le 28 avril qui précédait la votation, il a dit : ‘ qué les électeurs ævaient un guide bien puissant, qui pouvait les guider bien facilement et bien sûrement, c'était le clergé; et qu'ils ne pouvaient ges se tromper, en suivant le clergé pour donner leur vote; que le flergé supportait le parti conservateur.”

Q.——C'est en chaire qu'il a dit cela ?

R.— Oui, en chaire; et il a ajouté: “les libéraux voudraient bien réclamer quelques prêtres, mais ils sont bien clair-semés, on pourrait des compter sur les cinq doigts de la main.” «

Q.—A:til dit, s’il en resterait encore, des doigts de la main, après avoir compté les prêtres libéraux ?

R.—-Je ne me rappelle pas bonnement ;....... je crois qu'il a dit qu'il en resterait,

Q.- Et il montrait ses doigts,en même temps.

K.—Oui, monsieur.

Q.—Ea dchors de l'Eglise, quel était le principal argument de cabale uu service des partisans du Défendeur ?

R.—Le principal argument des cabaleurs du Défendcur, était æelui-ci : alors on nous regardait, nous, comme des gens insociables, alors; un disait : ‘on a le clergé de notre cuté, nous sommes bien, et ces gens là sont des rebelles, ils ne sont pas avec les srêtres,” c'était la la-rumeur publique, je ne puis pus dire qui le disait ; c'était pres- -que général, cela, parmi les cabaleurs.

Q——C'était la principale cabule ?

R.—C'était la principale cabale, autant que je puis me rappeler.

Q.—Au sujet de la religion ?

R.—Oui, c'était un argument qui était trè. fort.

0.—Savez-vous quels préjugés, ou quelle; cpinions, en rapport avec la politique et la religion cela avait fait naître dans l'opinion d'un graud nombre d'électeurs, qui, uutreme nt, auraient été bien dis posés on faveur de M. Sylvestre ?

R.—Je pense que ga dû en empêcher quelques-uns de voter, et

e bon modo, cteurs facilevaient que le

nt bien ourrait

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r, était cibles, n, et ces était Ja t pres-

ppeler.

apport bpinion bien dis

pter, et

d’autres do les faire voter contre M. Sylvestre ; je le pense, un certain nombre.

Q.—Ca den empêcher quelques-uns de voter pour mousieur Sylvestre ?

ÆR.— Oui, en arrêter quelques uns, c’est mou opinion.

Q.— Pensez-vous que ça eu l'effet d'en fuire voter quelques uns pour M. Robillard ?

R.-Oui.

Q.—Quelle a été la différence dans le résultat de l'élection, dans la paroisse de Lanoraie, comparé avec celui de l'élection précédente, entre M. Sylvestre et M. Tranchemontagne ?

R.—Je ne me rappelle pas bien des chiffres, mais je pense que nous avions eu une majorité lors de l'élection de M. Sylvestre et de M. Tranchemontagne, en 1871, d’une trantaive de voix en faveur de M. Sylvestre; et je crois que la majorité de M. Robillurd « été de cent trente'et quelques voix, contre M. Sylvestre, autant que je puis me ruppeler, mais je ne puis pas préciser le chiffre,

Q.— Vous rappelez-vous de ce que M. le Curé a dit eo chaire, le Dimanche qui a suivi la votation, à l'occasion du triomphe ou du succès du Défendeur ?

Objecté à celte question cmme illégale.

Ohjection réservée par la Cour.

R.—M. le curé a parlé à peu près daus ce sens-ci : ‘‘que les vainqueurs ne devaient pas faire trop de réjouissances bruyantes, et que les vaincus devaient se consoler, qu’ils n'avaient rien à y perdre dans l'échange,” quelque chose à peu près dans ce sens-là.

Q.--Vous rappelez-vous s’il a parlé que quelqu'un luiattr buait lo résultât, et qu'est-ce qu'il a dit à ce sujet-là ?

R.—Je ne me rappelle pas de cela ?

Q.--Avant la votation, a-t-il, en prêchant, parlé de pluiutes que l’on avait portées à l'Evêque contre lui ou quelques autres membres du clergé dans le comté et qu'est-ce qu'il a dit à ce sujet-là ?

R.—Je me rappelle qu'il a dit, si je me rappelle bien, que M. Sylvestre avait été trouver l'Evêque et que l'Evêque lui avait dit:

‘#6est-ce qu'ils ont dit rien que cela,” après l'avoir entendu, et qu'il

avait ajouté : ‘“‘ils n’en ont pas encore dit assez.”

Q.—-En parlant de lui, M. le curé ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—II se moquait de Sylvestre et de ses plaintes ?

ÆR.—Je ne pourrais pas dire dans quel sens il le disait.

Q.—- Le jour de la votation, qu'est-ce qui s'est fait, ou qu'est ce que M. le curé a fait, tant à l'ouverture de la votation qu’à l’ouverture du poll ?

R.—Je ne connais rien de cela.

Q.—Savez-vous qu’il a chanté une messe, ce matin-là ?

R.—Oui, monsieur. ;

Q.--Et après la messe, quelle procession a-t-il faite pour aller au poll, qui était en tête de cette procession ?

R.—Je ue le suis pas, moi je vote au poll du village, et M. le curé vote au poll du haut de la paroisse.

Q.— Dans Lanoraie, était-ce bien connu que M. le curé faisait son possible pour faire élire M. Robillard ?

R.--Oui, c'était une opinion qui était répandue.

Q.--Pensez-vous que le défendeur pouvait ignorer que M. le curé de Lauoraie était pour lui ?

© R.—C'était impossible, pour moi.

Q.—C'est incroyable ?

R.— Pour moi, c’est incroyable !

Q.—Avez-vous vu M. Robillard, ou quelques uns de ses principaux partisans aller souvent au presbytère pendant cette élection-là ?

R.—Non, monsieur ; parceque je ne suis pas à la portée de voir cela, je reste en arrière du village un petit peu. C

Q.—Avez-vous vu M. Louis Adelard Sénécal pendant cette élection là ?

R.—Non ; mais j'ai entendu dire qu'il était dans le comté, et qu'il travaillait à son métier. é

Q.-—Quel était ce métier-là, d'après la rumeur publique ?

R.--Métier' d'acheteur de conscience, d'après ce qu'on dit.

Q.—Achoteur de votes ?

qu'il R.—Oui ; je n’y étais pas, je ne le sais pas. 00 Q.--De quel coté était-il, ce M. Senécal-là ? D. R.—J'entends dire que c'était la terreur du parti libéral, ce M h- Senécal-là.

Q.—C'est un ageat conservateur ?

à R.—Oui ; c'est un agent conservateur.

. 2e Q.— Avez-vous occupé queïque charge publique dans votre paroisse ? | R.—-Oui ; j'ai été maire de ma paroisse durant plusieurs années, et conseiller à différentes reprises.

Q.— Etes-vous juge de paix ?

aller R.— Oui, j'ai une commission de juge de paix depuis plusieurs années, M. le Q. —Etes-vous commissaires des petites causes ?

R,—Oui, monsieur, Q.— Dupuis quelques années ?

R.—Oui, monsieur, Q.—Avez-vous fait partie de l'œuvre de la fabrique, comme marguillier ?

R—Oui ; pendant trois ans.

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR SOUS kÉSERVE DES OBJECTIONS CI-DESSUS,

Q.—Vous connaissez bien le défendeur en cette cause ?

R.—QOui, monsieur,

Q.—C'est un honnête homme ?

Æ,—Oui, monsieur,

Q.—C'est un homme qui jouit d'une bonne réputation dans sa paroisse ct dans le comté ?

R.—Oui ; au moins dans le comté, je le pense ; je ne connais pas les autres paroisses, mais je sais que dans la paroisse de Lanoraie, il jouit d’un excellent caractère. ‘

Q.— Vous vous attendiez lorsqu'il a posé sa candidature, vu qu’il

était de la paroisse, qu'il réuairait une grande majofité daos la pa roisse ? À

R.—Pas une grande, mais je pensais qu'il aurait une majorité un peu plus forte que M. Sylvestre, vu que c'était sa paroisse, ses amis et ses parents.

Q.—Avez-vous voté pour M. Sylvestre, la première fois qu’il s’est présenté, en 1871 ?

R.——Oui, monsieur.

Q.--M. Sylvestre était-il aussi connu que l'était M. Robillard à la dernière élection, lorsqu'ils’est présenté la première fois de tout, en 1871 ?

R—Non, monsieur, pas dans la Paroïsse de Lanoraie, au moins, je le crois.

Q.— Croyez-vous qu’il était aussi connu dans le comté en 1871 que l'était M. Robillard en 1578, lors de cette élection ?

R.—Sous le rapport du commerce, M. Robillard était plus connu, mais en politique M. Sylvestre était plus connu que M. Robillard.

Q.—Avez vous vu M. Sylvestre s'occuper de la politique avant ses élections à lui-même ?

R.--Je ue l'ai jamais vu dans ma paroisse, mais j'ai entendu parler qu’ils’occupuit de politique depuis un grand nombre-d’années, qu'il recevait un grand nombre de journaux, non pas comme orateur mais comme électeur,

Q.—N'est il pas vrai que le fait de s'occuper de politique dans sa paroisse, ne pourrait pas le faire connaitre aussi bien que M. Robillard dans sa paroisse,

R.—En fait de commerce, je crois que M. Robillard était plus connu, mais en fait de politique, M. Sylvestre était plus connu, parceque j'ai entendu parler que M. Sylvestre s’en occupait activement, qu’il recevait les journaux et qu'il s'occupait de la politique en général.

Q.—Vous connaissez Louis Adelard Senécal ?

R.—Non, mousieur, pas du tout ; ce que j'en ai dit, c'est de la. rumeur seulement ; je ne le conoais pas du tout,

s la pa

orité un ses amis

x’il s’est

illard à de tout,

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s connu, obillard.

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Q.—Les libéraux ont eu bien peur, quand ils ont su qu'il était dans le comté ?

R.—Certainement qu’ils ont.eu peur, RÉ-EXAMINÉ.

Q.—Comme membre du comité de M. Sylvestre dans Lanoraie, avez-vous, en controlant les listes avant la votation, fait des calculs sur le résultat probable de la votation dans cette paroisse, et quel était le chiffre que vous accordiez au Défendeur ?

R.--Je ne me rappelle pas bien de cela ; je sais toujours, que novs avuns éprouvé une défaite qu'on ne pouvait pas y croire, lorsque le vote a été douné; mais je ne me rappelle pas des chiffres précis en chequant les listes.

Q.—La majorité de M. Robiiurd a dépassé tous vos caleuls, n'est-ce pas ?

R.—Oui, monsieur.

Q.—A quoi avez vous attribué cette surprise ?

* R.—Je l’ai déjà dit ; je pense que M. Robillard devait avoir un plus grand nombre de votes que M. Sylvestre dans la paroisse de Lanoraie, parcequ'il était bien connu, étant un homme jouissant d’une bonne réputation ; et j'en attribue une partie aux prêches que M. le curé faisait en chaire, c'est pour moi-même, cela ; je ne le sais pas, c’est une opinion que j'ai.

Et le déposant ne dit rien de plus.

Louis Marion,

De Lanoraie, âgé de 47 ans.

Lequel eto., eto., dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès. Q.—Pendant l'élection dont il est questio. en cette cause, tenue

en avril et mai 1878, étiez-vous électeur qualifié à voter à cette élection ? . )

Q.— Dans quelle paroisse résidiez-vous ?

R.—A Lanoraie, i

Q.—De quelle religion étiez-vous et êtes-vous encore ?

R.—Catholique.

Q.--Qui était le curé en charge de cette paroisse ?

R.—M. Loranger.

Q.——Avez-vous eu occasion, pendant cette élection, mais avant la votation, en assistant à la grande messe des dimanches ou fêtes, d'entendre quelques sermons de M. le curé Loranger au sujet de la politique et de cette élection, et qu'est-ce qu'il a dit, surtout le premier dimanche, avant que la candidature du Défendeur fut annon. cée? -

ÆE.—J'allais à la messe, j'en manquais très-peu dans ce temps-là, chaque fois j'allais à la messe, Le dimanche après la dissolution des chambres, M. le curé.a monté en chaire, puis a fuit allusion au Lieutenart-Gouverneur qui avait dissous les chambres, et en même temps il a dit ceci: “ que le Lieutenant-Gouverneur Letellier avait commis un ucte de canaillerie ;”” j'ai remarqué cela.

Q.--Vous jurez qu'il a emp'oyé cette expression-là ?

R.—Oui ; il a dit aussi de ne pas se prononcer si vite, d’attendre ; qu'il reviendrait sur le sujct.

Q.—Après que la candidature du Défendeur eut été annoncée ou connue, est-il revenu sur le sujet, et qu’est:ce que vous vous rappelez de ses paroles ?

R.—Il est revenu sur le sujet scuvent, tous les dimauches, comme d'habitude par Je passé, il a dit: ‘que malgré qu'il avait été défendu aux prêtres de se mêler d'élection, il s’en mêleralt comme par le passé, qu'il savait ce qu’il avait à faire” Il a parlé souvent du parti libéral, il a dit: ‘‘que le parti libéral ici, était le parti libéral en France ; que c'était la même chose ; et que la révolution en France avait commencé par le parti libéral,” il. a dit: (‘c’est comme cela qu'il a commencé.” ;

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es, comavait été comme souvent i libéral tion en comme

Q.—A:til dit que c'avait commencé en France comme ça commençait maintenant ici ?

R.—Oui ; il a dit: “ petit-à-petit, ça commencé comme cela ;" et il a dit : ‘* malgré qu'on dise que-le parti ici n’est pas comme celuide la France, petit-à petit c'est comme cela.”

Q:—A:til dit ce que les libéraux de France et d'Italie avaient fait aux prêtres ?

R.— II a dit qne c’étaient des révolutionnaires, et qu’ils occasion-

“waient du trouble pour la religion.

Q.——A:t-il parlé de Garibaldi et de Victor-Emmanuel ? Æ.—1] à parlé de Garibaldi, souvent et de Victor-Emmanuel. Q.—Sous quel jour les représentait-il, vis-à-vis la religion catho-

lique ?

R.—I1 représentait ceci : que Garibaldi était tout à fait contre-

le Pape et lu religion.”

Q.—Après la messe, à la sortie de l’église, à la suite d'ün de ces sermons, qu'est-se que les gens disaient ?

R.— Après la messe, c'était l'habitude, tous les gens nous disaient: “hein ? tu t'es fait arranger, tu vois !"’ tout le monde se disaient cela entre eux autres, c’est-à-dire le parti conservateur disait cela au parti libéral,

Q.—-Vous étiez montré au doigt ?

R.—Oui; et dans les discussions, dans la semaine, que nous avions avec nos adversaires, ils disaient : “ héin ? vous vous êtes fuit arranger ! ”?

Q.— Dans la cabale, pendant la semaine, quels étaient les princi-

paux argumeuts que les conservateurs faisaient valoir contre les libéraux ?

R.—1ls disaient : ‘ que le curé parluit coutre lo parti libéral, et.

qu'il valait mieux écouter son curé que d'écouter les autres, qu’il étaitle premier de la paroisse, et qu'il fallait l'écouter.” Ils disaient : “ sion ne veutpas écouter M. le curé, qui ést-ce qu'on va écouter ?" Q.—D'après vous, quel effet ont eu les sermons de M, le curé sur l’election, pirticulièrement'dans Lanoraie ? R.-—-C2 eu ua grand effet en faveur du parti conservateur.

Q.—Y at-il des gens qui se sont trouvés intimidés, au point de vue de la religion, par ces sermons-là ?

R--Oui ; j'en connais aussi.

Q.—En dehors de la chaire, quelle part M. le curé prenait-il en faveur de l'élection du Défendeur ?

R.—Il y prenait beaucoup de part; chaque fois qu'il pouvait rencontrer des amis, il discutait la question sur la voie publique, partout.

Q.—Où les amis de M, Robillard, et les principaux chefs de son parti dans Lanoraie, se réunissaient-ils très-souvent pendant cette élection ?

R.--1ls se réunissaient au presbytère ; Je les ai vu y aller trèssouvent, il y a un graud trottoir qui part du presbytère et qui communique à l’église, et le trottoir est très-élevé, à peu près deux pieds de haut.et on les voyait le soir qui passaient par filées ; je les ai vus, et j'en ai remarqué quelques uns.

Q.-— Avez-vous vu le Défendeur entrer souvent là, pendant l’élestion ?

R,—Oui, maintes et maintes fois.

Q.—L'en avez-vous vu sortir, ainsi que ses amis ?

Q.—A différentes heures du jour, et dans la soirée ?

R.—Dans la soirée, et qe fois le jour ; je ne puis pas dioter l'heure.

Q.—Lo Détendeur et ses amis y ont-ils été plus souvent dans ce tempr là, ou moins souvent, qu'ils avaient l'habitude d’y aller auparavant ?

Æ.—Je ponse qu'ils y ont été plus souvent, parceque je lés re. marquais exprès dans ce temps là.

Q.—C'était remarquable ?

R.—Oui, monsieur.

Q.--A part le temps de l'élection, le défendeur et ses amis avaient-ils l'habitude de se rencontrer ensemble, comme cela, chez le euré, aussi souvent ?

R. —Ils avaient coutume, comme ceci, dans le temps des élec-

TR

oint de tions locales municipales, ils y allaient souvent alors, parcequ'il était: cité que M. le Curé était à leur tête,et qu'ils ne marchaïent pas sane: l'avis de M. le Curé. a ait-il en Q.—Le Défendeur at-il toujours marché avec M. le curé, danse les affaires loeales ou municipales ?

pouvait ÆR.—T1 n’a pas toujours marché, il n’a marché que du printempe ue, par- Q.—Du printemps d'avant ?

R.—Du même printemps, parceque les élections ont eu lieu le s de son premier mai, et les élections municipales ont eu lieu en janvier, eë at cette c'est duns ce temps là que M. Robillard est venu dans la lutte‘pus. que.

er très- Q.— Avant cela, s'était-il mêlé de quelques affaires publiques, ui com- élections municipales ou autres, dans la paroisse ? s deux R,—Je ne m'en rappelle pas ; c’est un homme qui était tout à ; je les fait privé daus lu vie ; il ne se mélait d'aucune chose, il ne se mélait d'aucune affaire, tetlement que lorsque les candidats ou ses orateurs t l’éles- venaient À la porte de l'ézliss, il u'y prenait pas attention ; il ne se

mélait que de ses affaires.

Q.—Quel a été le premier acte, que vous avez observé, par les quel A. le curé de Lanoraie a commencé à préparer l'élection em

question, ou qu'il a fait en vue de cette élection, relativement am Défendeur ?

R.--C'est dans l'élection municipale, dons le même printemps,

R.—Etait-ce le printemps ou l'hiver; vous avez parlé du mois de janvier ?

Æ.—-C'est-à-dire dans l'hiver, du mois de janvier à aller au mois de mai; il a commencé en chaire, et il a dit : “qu'il fallait élire um conseil pour le suivre, pour préparer une bonne liste elcctorale,” j'ai compris cela que le conseil d'avant avait abusé, j'ai compris qu’il les accusait de cela, et M. Robillard a été élu conseiller et ensuite les cocseillers l'ont élu maire.

Q.—M. le curé s'était-il mêlé de cette élection de conseillers d’une manière assez active ?

R.—Beaucoup; et la majorité du conseil a été élu suvant som désir,

Q—%Y at il eu des procédés adoptés pour faire reviser la liste électorale fuite ulors, et u-t-elle été revisée ?

Z.— Certainement, uussitôt que le conseil a été élu.

Q.— Vous ruppelez vous du nombre des votes qui ont été retranchés de cette liste là ?

R.-Sur la liste, il en a été retrauché vingt-deux ou vingt-trois.

Q.— Par un jugement de la Cour, rendu à Sorel ?

R--Certainement.

Q:—Les vingt-deux ou vingt-trois voteurs qui ont été retranchés de-lu:liste, étuient-ils des vecteurs conservateurs ou libéraux ?

R.—C'étaieut des couservateurs, qui n'étaient pas sur la liste,

Q.-=Voulez-vous dire qu'ils n'étaient pas sur la liste, ou qu'ils n'étaient pas sur le rôle ?

R.--Iis n'étaient ni sur la liste ni sur le rôle.

@.—S'ils ont été retranchés de la liste, ils devaient y être ?

R.-—Je veux dire sur le rôle.

Q.— Ceux qui ont été retranchés, ceux dout vous venez de parler, ont-ils voté daux l'élection de M. Robillard ?

R:-Je pense que oui, parceque la décision de la Cour n’était pas.encore arrivée, «

Q.—Vousrappelez-vous s’il y a eu des voteurs qui ont été ajoutés à cette liste là par la décision de la Cour ?

R.- Je pence qu'il y en a eu quelques uns.

Q@—Et qui n'ont pas pu voter dans l'élection, non plus ?

R.--C'est-à dire, je pense qu'il y en a eu quelques uns aui ont voté.

Q.--Vous rappelez vous en quels teraies, M. le curé de Lanoraie a aunoncé le succès du Défendeur, à son prône, le dimanche qui a suivi la votaution ?

Objecté à cetle question comme illégale, en autant que le fait qu'on tend a prouver ne peut avoir aucune influence sur le présent litige.

Gbjectivu réservée;

R.—Le dimanche d'ensuite, après l'élection, M. le euré Loranger cstamonté en chaire et il a dit : “qu’on devait être heureux de voir

M. Robiiard élu,” à peu près dans ces termes-là ;.‘“ que c'était heu- .

a hste

étran-

t-troise

anchés ?

iste,

qu'ils

n'était

joutés

ui ont

uoraie qui à

reux pour le comté,” et il a dit: “ malgré que la paroisse avait morqué sa sympathie avant,is l'avaient élu comme Moïse,” et il a dit : “il y en a qui m’attribuent que c’est moi, par mon influence, qui ai fait élire M, Robillard, mais qu'importe, ce que j'ui fuit je n'en ai pas regret ;”” ou quelque chose dans ce sens-là,

Q.—Vous rappelez-vous s'il a dit qu'il était fier de ce qu'on Jui attribuait cela ? |

R.—Je ne m'en rappelle pas,

Q.—Le Défendeur, M, Robillard, n-til beaucoup parlé en pubiie pendant cette élection ?

Z,—1] n'a pas annoncé sa candidature ; il n’a pas parlé du tout.

Q.—Avez-vons été dans différents endroits où il se trouvait dups des assembiées publiques ?

R.--Nov, monsieur,

Q.—A Lanoraie ?

Æ,— Oui, à plusieurs places, à des assemblées de bas de paroisse ou de concessions, M, Robillurd était présent.

Q.—-Et jamais vous ne l'avez entendu parler ?

R.— Non, on le demaudait pour parler, c'était le Dr. Primeau qui parlait pour lui.

Q.— N'est-il pas vrai que dans certains endroits c'était considéré comine une insulte, lorsqu'on lui demandait de parier et d'expliquer sa politique ?

1é,— Dans la paroisse, je ve m'en rappelle pas,on me l’a dit pour Lavaitrie, mais je ne connais rien de cela.

Q. —Avez-vous vu M, Louis Adelard Senécal pendant cette élection ?

R.—- Oui, je l'ai vu avant l'élection venir trois fois à Lanoraie.

Q — Avant la votation, mais pendant l'élection ?

R.—Oui, monsieur,

Q.— Vous l'avez vu: plusieurs fois ?

R.--Trois fois,

Q.—Où ?

R,—dJe l'ai vu débarquer de voiture à l'hotel, et il a laissé la

voiture là et il s'est dirigé du côté du presbytère, je l'ui vu deux fers,

Q.-—-Et la troisième fois ?

Q.—La troisième fois, je ne me ray pelle pas beaucoup l'avoir vu aller au presbytère, je ne puis pas le jurer.

Q.—l'avez-vous vu sur le quai ?

R.—Je l'ai vu sur le quai en présence de M. le curé Loranger, de M, Lafontuine et de M, Poncin.

Q.—Le Défendeur était-il là sur le quai, cette fois-là ?

Lè.—Je ne m'en rappelle pas.

Q.——-Avez-vous eu connaissance d’une conversation qui a eu lieu dans le poil, pendant la votation, entre le Défendeur et M, Joseph Bouin ?

R.— Oui, mousieur ; je représentais M, Sylvestre dans le poll, et M. Bonin estentré pour voter,il s'est préseuté à la tuble, J'étais assis à la table avec les autres, et M. Robiilard était sur une chaise berçgante, M. Robillard était près de la porte, et puis le voteur est cntré comme cela, la porte se trouve à 1’ Ext, et il est venu à la table, à l'officier-rapporteur, et lui à demandé un bulletin, et il a été dans la chambre, et il a fait sa marque, je suppose ; toujours il est revenu avec son bulletin et il l'a douné à l’cfficier-rapporteur, et il. s’est retourné du coté de M. Robillurd, et, en se retournant du coté de M. Robillard, il a dit : ‘à présent que j'ai voté, est-ce que je puis avoir mon avoine ?” M. Robillard a hésité yn bout de temps, et il a dit : ‘je ne connais rien de cela,” et le voteur a hésité à son tour, et ensuite il a pris la porte et ilest parti.

Q.—M. Bonin at-il eu l'uir surpris lorsque M. Robillwd !: dit qu’il ne connaissait pas cela ?

R.—Oui, il a eu l'air surpris,

Q.—Avant la votation, M. le Curé a-t-il fait a ion, en chaire, à des plaintes ou à une plainte faite par le candidat Sylvestre auprès de l’Evêque, au sujet de la conduite du clergé à cette éleetion, et qu'est-ce qu'il en a dit ?

R.—Je ne puis pas jurer positivement si les chambres étaient dissoutes à Québec dans le temps, mais il est tout probable, au meil-

vu deux

avoir vu

oranger,

u eu lieu , Joseph

le poll, et étuis assis haise berrest entré la tuble, à été dans est revenu til s'est u coté de ue je puis mps, et il h son tour,

lard li

bn chaire, à tre auprès éleetiou, et

res étaient le, au meil-

leur de ma connaissance, que les chawbres étaient dissontes à Québec, et il a dit qu'on avait porté plainte à Montréal à l'Evêque, et. que l'Evêque avait fait réponse : ‘rien que cela ? ce n'est pas assez.”

Q.—Qu'est-ce qu'il a dit ensuite, en parlaut des prêtres libéraux du comté ou de la Province de Québec ?

R.—Il a parlé des prêtres, il a dit : “un dit qu'il y a des prêtres qui ne partagent pas les mêmes opinions que les conservateurs, il y en a si peu, dit-il, qu’on peut les compter sur les cinq doigts, et il en restera,”

TRANSQU ESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR SOUS RÉ3ERVE DES OBJECTIONS CI-DESUS,

Q.—Lorsque Joseph Bonin a dit au Défendeur ceque vous avez rapporté daus votre examen en chef, le Défendeur a-t-il eu l'air surpris de cette question ?

R.—Ouni, monsieur, Q.—Kt il lui a dit qu'il ne connaissait pas cela ? R.—I1 a hésité un moment, et ensuite il a dit: ‘“ je ne connais pas cela ”; l'électeur a été surpris aussi par la réponse, et il a pris la porte et il est sorti.

Q.—Quel air avait-il, pour dire qu'il était surpris ? R.—dJ'ai compris qu'il était surpris, parcequ'il n'est pas parti de suite, il s'est mis à regarder M. Robillard, et j'ai compris par là qu'il était surpris.

Q.—-Vit-il encore, Joseph Bonin ?

R.—Noa, monsieur ; il est mort, Q.—Ne savez-vous pas que c’est un homme qui a coutume de ramasser de l'avoine tous les ans, peur ses semences ? R.—Par moi, je ne le sais pas ; mais plusieurs m'ont dit que quelqu'un lui donnait de l’avoine.

Q.—Ne savez-vous pas que le curé Loranger lui en a donné pendant plusieurs années ?

R.--Non, je ne le sais pas, mais il cst bien probable ; je ne puis pas le jurer, je n’ai pas été témoin quand il a été au presbytère. @

Q.—Lorsque la liste électorale a été contestée, ne savez-vous pas que quelques votes libéraux ont aussi été retranchés par 1: Cour ?

R.— Oui ; je pense qu’il y en à eu un ou deux, je ne suis pas bieu sûr; je pense qu'il y « uu M, Laurier qui à été retranché, je pense qu'il est le seul libéral, je ne le sais pas, mais je pense qu'il u'yÿ à que lui qui a été r tranché.

Q.-- Vous avez purlé des élections municipales qui ont eu lieu

duus Ja paroisse de F'anorvie, et si j'ai bien compris, vous avez

atttribué l'élection du Défendeur, comme conseiller, au travail de

M. le curé Loranger ?

22, —-Curtuinement,

Q.—- Voulez-vous dire combien de votes out été enrégistrés contre le Défendeur, à cette élection municipale ?

R.— C'est une chose que je ne me rappelle pas; combien de votes ? Je ue puis pas me rappeler ; si c'était il y a un mois ou deux mois, je pourrais m'en rappeler, mais il y a trop longtemps, je ne m'en rappelle pus.

Q.—Savez-vous qu'il n'y a eu que deux votes d'enrégistrés contre lui, et que ces deux votes sont le votre ct celui de votre frère, Joseph Marion ?

R.—Je ne me rappelle pas si mon frère a voté ou moi ; je ne dis pas que je u'ui pas voté, je ne m’eu rappelle pas ; nis'il n’y a eu que deux votes ou plus, mais M. Robillard a eu une grande majorité. On n'u pas é:é surpris, d’après ceque monsieur le curé disuit.

Q.--Vous avez parié de Garibaldi, savez-vous si Garibaldi est l'un des fidèles enfants de l'Eglise catholique ?

R.—-Je le crois catholique, mais dans tous les cas, il ne passe pas pour être fidèle.

@.—Savez-vous s'il est soumis au Pape ?

2.—11 est bico tout probabie, mais toujours qu'il ne passo pas pour être souiyis comme ceci, je ne connuis pas sa vie; maistoujours qu'il pisse duns le moude pour uu rebelle, et M, le curé en a parlé souvent, presqu'à tous ses rônes et dans ses serons,

& %—Ae savez-vous pas que Garibaldi est le principal meneur \ qui a contribué a détruire le Pape, et à lui enlever les états qu'il avait ?

Àè,—Pic IX ?

is pas Q.--Oui, monsieur ? jé

ché, je R.—Oui, cela, je le suis. |

e qu'il Q — Savez-vous si Garibaldi est excommunié ? | R.—Je pense qu'il l’a été, je n'en suis pis sûr, mais les journaux

eu lieu l'ont annoncé ; je ne suis pas s’il est relevé de son excommunica-

14 ATEZ tion, je n’en sais rien, c'est-plus que mes forces,

vail de Q.—Qu'est-ce que le libéralisme catholique ?

R.—Je pense que le libéralisme catholique, je l’expliquerai bien

duns mou seus, muis je ne suis pas assez instruit pour y arriver. s contre À

Objecté à cette question comme illégaie en autant que nox per-

> votes ? -tinente au litige.

mois, je Objection réservée,

’en rap- R.—Je pense qu'un libéral catholique ne veut pas croire ; quand le Pape a décidé quelque chose, il faut tout y croire, comme

rés con- l'Immuculée-Conception ou l'Iufaillibilité du Pape; je pense qu'il

diffère avec nous autres, je puis être daus l'erreur ; je pense que

re frère, d c'est cela, je ne puis pas aller plus loia, je suis au bout de mes for-

; je ne ces, ilu'ya Et le déposant ne dit rien de plus, grande

le curé

ldi est

Pierre Eustache Dostaller,

Conseiller Législatif, résidant en la ville de Berthier, âgé de 70 ans,

Lequel etc. etc., dépose et dit :

Je ne suis point iutéressé dans l'évènement de ce procès.

Q.— Avez-vous pris part, en faveur du Défendeur, à l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878.

Q.— Avez-vous travaillé pour lui, cet l'avez-vous accompagné quelque part?

#,— Je l'ai accompagné une fois ; je suis allé à St, Barthelémy «vec lui, une fois.

0—Etuit-ce un voyage politique que vous faisiez, ou bien étaitwe ua voyage pour quelqu'autre affaire ?

ÆR.—C'était un voyage politique ; M. Robillard allait voir quelques uus de ses amis électeurs, et il m'a demandé si je voulais l'ac- ‘0m pagner.

Q.—C'était un voyage purement polique ?

#.— Oui, purement politique.

Æ.—-Vous n'avez pas connaissance, qu'il ait parlé d'aucune auîre affaire que de politique ?

ÆR.— Oui, il a parlé d'autre chose chez M. Archambault, où nous avons diné; il a parlé d'achat de grain de sa dîme ; ils n’ont rien

termiué de cels, mais M. Archambault lui a parlé de lui vendre ‘80n grain.

Q.— Vous avez, tous les deux, diné chez M. Archimbeault, à St Barthélemy.

R.—Oui, monsieur,

Q.—Alors., vous êtes arrivés là tout äroit avec votre voiture, et vous avez detelé là ?

R.—Qui, monsieur,

Q.— D'après ce que vous avez entendu de la conversation, à propos de politique, entre M. Archambeuult et le défendeur, avez-vous compris que c'était la première fois que le défendeur lui parlait de sa candidature, ou avez-vous compris que M. Archambeault connaissait déjà la candidature de M. Robillard ?

R.--J'ai pensé qu'il connaissait la candidature de M. Robillard depuis plusieurs jours, car il y avait plusieurs jours qu'elle était an-

æoncée, et ils n’ont rien dit de particulier par rapport à la politique, ce jour-là.

Q.— Qu'est-ce qui vous a fait croire qu'il connaissait la candidature de M. Robillard ?

R.— Parceque les orateurs avaient annoncé la candidature da M, Robillard avant. C'était une chose publique,

Q.—M. le vicaire était-il présent à ce dîner là ?

rthelémy en était-

oir quel- 1lais l'ac-

ucune aut, où nous n’ont rien

lui vendre

eault, à St

oiture, et

iou, à proaveZ-VOUS pariait de eault con-

Robillard e était anpolitiques

a candida-

ure da M.

R.—Oui, monsieur,

Q.—Y en avait-il d’autres, à part de vous quatre ?

Æ.—Non, il n’y en avait pas d’autres.

Q— Vous connaissiez bien, vous même, M. Archambeault depuis longtemps, n'est-ce pas ?

R.—Je le connaissais de vue, mais je ne le convaissais pas per. sonuellement, je ne lui avais pas été introduit alors. Nous étions allé à St. Jacques chez un M. Sylvestre, et M. Robillard m'a dit : «j'ai faim, et il est midi, nous allons aller dîner chez M. Archam” beault ” ; etil a dit: “il n’y a pas de gè ne, je suis bon ami avec M. Archambeault, j'achète son grain depuis plusieurs années ” ; et aussi, ils m'ont eu l'air très amis. Ensuite, je dois dire qu'après dîoer, vous sommes allés voir plusieurs des amis de la cause de M, Robillard et nous sommes revenus ici.

Q.—Etes-vous retournés chez M. le curé, après avoir été voir vos amis ?

ÆR.—On a pris la voiture.

Q.——Dans le village, étiez-vous allés quelque part à-pied, avant de retouruer prendre votre voiture chez M. le curé ?

ÆR.— Oui; nous sommes allés chez M. Fauteux, chez M. Rouleau et M Edouard Hamelin.

Q.—Ce sont les trois seules visites que vous avez faites à pied, dans le viliage.

R.-—-Oui, monsieur,

Q.—Et après cela, vous êtes retournés chez M. le curé ?

R,—Oui ; et vous avous fuit atteler la voiture, et nous sommes revenus ici.

Q.—Après ces visites là, vous avez encore vu M. le curé de St. Barthelemy ?

ÆR.—Je ne me rappelle pas bien s’il était chez lui ; c'est plus que je peux me rappeler dans le moment, je ne m'en rappelle pas ; mais toujours, comme je vous l'ai dit, nous l'avons vu au diner, nous avons conversé avec lui en dinant,

Q.—Et vous avez compris que M. le curé semblait connaître déjà

depuis quelques temps, la candidature de M. Robillard. R.—Certuinement,

Q—-M, le curé lui at-il demandé des nouvelles de son élec. tion, comment ça allait dans les autres paroisses ?

R.--C'est plus que je puis vous dire, je ne m'en rappelle pas ; il s'est dit beaucoup de choses dont je ne me rappelle pas ; c’est probable, muis je ne m'en rappelle pis.

Q.— Vous jurez que vous ne vous rappelez pas qu'il ait été question de cela ?

R.—Non, je ne m'en rappelle pes; je crois que M. Robillard dans le temps, n'avait pas fait beaucoup de démarches encore ; c'était au début de sa candidature, et je pense qu’il n'aurait pas pu lui donner des nouvelles des autres places, parcequ’il n'en connaissait pas dans le temps, non plus.

Q.—Ea faveur de quel candidat M. le Curé était-il ?

R—11 était eu faveur de M. Robillard.

Q.— Vous l'avait-il dit avant ce jour-là, ou était-ce la première fois qu'il vous le disait ?

R,—Je ne l'avais jimuis rencontré avant,

Q.—Et, alors, c’est ce jour-là qu’il vous l’a dit, pour la première fois ?

R.—Oui, c'est ce jour-là.

Q.— Combien de temps êtes-vous resté chez le curé ?

Æ.—dJe suppose que c'est une demi-heure ou trois-quart d'heure; le temps de diner seulement ; nous sommes arrivés, il avait fini de diner ; il ne nous attendait pas, et le temps qu'ils ont pris pour nous donner à diner, et ensuite nous sommes partis pour aller chez les autres messieurs, et nous sommes revenus ; nous avons pris notre voiture et nous sommes revenus ici. 8

Q.— ‘ous dites qu'ils ont varlé de grain, le Défendeur et M. le

curé, muis ils n’ont fait aucuie affaire cette fois-là ? - R—Non; M, Archambault a demandé à M. Robilard sil voulait acheter sa dîme ; aïors, M. Robillard a dit : ‘il pourrait se faire, un peu plus tard, qu’on ferait des affaires, mais dans le moment le grain ne se veud pas, je vous le dirai s’il y a moyen plus tard.”

Q.—N'a:t-il pas dit aussi, qu'il n'avait pas alors le temps d’a-

| élec-

e pas ; ; c'est

é ques-

billard ncore ;

pas pu

opnais-

remière

emière

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