LES
en avril et mai 1878, éties-vous électeur qualifié à voter à cette élection ?
R.--Oui, monsieur.
Q.—Dans quelle paroisse résidies vous ?
R.— Dans la paroisse de Berthier.
Q.—-Vous éties catholique et vous l’êtes encore ?
R.— Catholique, monsieur,
Q.— Ka assistant aux grandes messes, les dimanches ou fôtes, pendant cette élection, mais avant la votation, avez-vous entendu le Révérenä Messire Champeau, curé de la paroisse, prêcher et parler de la politique et de cette élection ?
ÆR.—Ovi, je l'ai entendu à diverses reprises, sans me rappeler du tout au long. Je me rappelle de certaines choses.
Q.—Vous rappeles-vous à quoi il a comparé le Conseil Législatif et quelle comparaison il a faite à ce sujer?
R.—Le Conseil Législatif, il a prétendu dire qu'il avait une grande importance ; même il a rapporté un texte de la loi de Moïse, disant: ‘que Moïse avait appelé un certain nombre de Vivillards pour se former un conseil ; qu'il étiit d’une grande importance et que cela avait une grande utilité; que s'il n'y avait pas de Consil Législatif, il comparait l'Assemblée Législative à un char, qui s'en allait à toute vitesse dans le précipice, et que le Conseil Législatif servait comme de brakes puur arrêter le char qui s'en allait dans l’abime ; que c'étaient des gens qui étaient détachés de la politique, et passaient les choses pour être favorables au pays.”
Q.—M, le curé vous a-t-il parlé à vous-même ?
R.—I1 m'en a parlé dernièrement, et on a eu quelques ruisons à
r sujet-là, Je crois que c'est le 22 au matin que je suis allé au
presbytère... DETTES
Le Défendeur me ce que le témoin rapporte une conversation qu'il aurait eu avec son curé le 2? du courant, vu que cette preuve ne peut avoir aucune influence sur :e prneis litige.
des maintenue.
à cette
u fôtes, tendu le cher et
peler du Légisia-
wait une e Moïse, 'ivillurds rtance et de Conbhar, qui pseil Léqui s'en détachés bles au
uisons à s allé au
orsation preuve
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—Vous aves dit que le curé de Berthier avait pris la d éfenso du Conseil. Législatif un chaire ?
R.—Vui, monsieur, ,
Q.—Avez-vous approuvé les paroles qu'il a dites à ce sujet ?
R;,—Par moi-même,
R.—Oui ?
ÆR.— Nov; je ne les ai pas approuvées lorsqu'il disait que le ministre Joly, qui était au pouvoir, voulait que le Conseil-Législatif fût dé-
truit, et que les conservateurs étaient disposés à le luisser exister, Il donauit ses raisons pour que les électeurs donnent leur vote en faveur du parti conservateur, afin que s'ils revenaient au pouvoir, ils maintiennent le Conseil-législutif'; ceci était son point de vue. Même, il nous a parlé du coup-d'état du deux mars; si vous voulez que je vous en parle, je vais vous en parler ; si vous ne voulez pas, je ne vous eo parlerai pas ; je vous déclare nincèroment que si j'avais voulu douner connuissance de tout ce que je sais, à MM, les avoouts des Pétitionnzires, ils auraient été plus longs. Je n'ai pas voulu rien dire du tout ; comme vous êtes l'avocat de la défense, si vous me questionnez à ce sujet, je vous répondrai.
Q.—-Le curé ne vous parlait-il pas de la soumission À l'autorité, dans le temps ?
R.—C'est bien certain, puisqu'il a reféré à Moise.
Q.—Croyes-vous, vous, que l'autorité vient de Dieu ?
R.—Il n'y a pas de difficulté ; il ue faudrait pas être catholique.
Q.—Le curé ne vous disait-il pas, daus le temps, qu'il préfèrait un gouvernement avec une monarchie tempérée à une démocratie ?
R.—Ii n'a pas donné cesexplications-là ; il a dit les choses plus clairement que cela.
Q.—Ne vous a-t-il pas lu une partie de l'ouvrage de Mgr. Lafiè. che, sur les rapports de la société avec la religion et la famille, dans laquelle l'autorité du Conseil-Législutif est comparée à celle des viellards du conreil de Moïse ?
R.--Je me rappelle qu'il a amené le Conseil-Législatif en comparaison avec le conseil de Moïse, disant que de nos jours ce conseil
Législatif devait exister, et que le parti de M. Joly voulait l’ubolir mais que si on élisait des conservateürs, le conseil subsistérait encore.
Q.—Avez-vous désapprouvé cette partie-là ?
R.—Je ne l'ai pas désapprouvée parceque je n’en connaissais pas la valeur ; mais je sais que, si le Conseil Législatif avait été aboli, le Gouvernement aurait eu une somme assez ronde à verser dans’son coffre,
Q:— Je vous demande si vous avez approuvé la comparaison que le curé fuisait ?
R.—Jo viens de vousrépondre que non, que je no l'ai pas approuvée, parceque je n'en connaissais pas la valeur, parceque si cela avait été aboli, le gouvernement aurait eu une somme assez ronde a verser dans son coffre.
Q.—Si un évêque vous faisait la même comparaison, la croiriezvous?
R.— Dans le temps, uit l'évêque 8e présentera, on verra,
Q,—Ne vous a t-il pas lu le passage qui suit, duns l'ouvrage de Mgr. Laflècho :— ‘ Dans la Constitution Mosaïque, le chef de “L'Etat d'abord désigné sous le nom de Juge, et ensuite ‘€ connu sous le nom de roi, est aussi investi de l'autorité souverai- ‘≠ le Sanhédrio ou Conseil des Vieillards a voix dé ibérative, “et les Juges subalternes constitués dans les villes, et vivant au “milieu du peuple dont ils sont les représentants naturels, ont “ voix consultative, Eu présence de ces faits , ne Sommes-ncus pas ‘autorisé à conclure, avec le Grand St TEA d'Aquin. qué le ‘“ meilleur et le plus parfait des gouvernements est celui où le sou- {6 veraio, investi de l'autorité suprême, est assisté d'un sénat, dans lequel les premiers de la nation ont voix délibérative dans son “ conseils, et où le peuple, par ses réprésentants, a voix consulta- & tive.” Avez-vous quelque croyance que cela ait été lu ?
R.— Croyez-vous que, quand même j'aurais entendu lire cela, je pourrais me rappeler de tous les mots ?
. Q.—L'avez-vous entendu ?
R.—J'e ne m'en rappelle pas. Q.—Vous a-t.il lu quelque chôse de semblable ?
abolir ncore.
pas la Joli, le ns’$on
raison
pprousi cela , ronde
roiriez-
Ta,
rage de hef ; de ensuite uveraiérative, unt au ls, ont us pas que le le sou- , dans ns son pnsulta-
e cela,
R.—Il a lu; il a lu beaucoup l:
Q:--Croyez-vous que c'est Ja passage que je viens de lire ?
R.—Je crois tout ce qui doit être cru.
Q:—Donc, le passage que je viens de vous lite est correct ?
R.—Je ne l’approuverai que quand je saurai que le livre que vous avez en mains est approuvé,
Q.—A présent que vous l'avez vu, vous l’approuvez ?
R.—Je l’approuve, mais je vous dirai que je ne m'en rappelle pas. ‘
Q.—Ne dites-vous pas que c'est à peu près cela que le curé vuus a dit en chaire ? |
R.—Je ne puis pas le dire, je ne m'en rappelle pas.
Q.—Les paroles, ou ce que je viens de liré ? :
ÆR.—Je ne dis pas cela.
Q.—N'est-ce pas la même comparaison que le curé a faite, en comparant le conseil Législatif au conseil des vieillards de Moïse, et n'est-ce pas que le sens des paroles du curé avec le sens de la lecture que je viens de faire est la même chose ?
R.—Je ne puis pas dire que c'est la même chose.
Q.—Qu'est-ce que c'est qu'il a dit ?
R. — D'après ce qu'il a dit, j'ai compris que si les conservateurs gagnaient leur élection, le conseil Législatif ne serait pas aboli ; c'est là qu'il a fait cette comparaison à propus de l'engin, disant que, si on n'avait pas dé‘éoneil, c'était sembluble à un engin qui, n'ayant plus de brakes, pourrait s’en aller se précipiter avec rapidité dans l'âbime, disaût que o’étaient des viéillards détaohés de la politique. Mais cela ne l'a pas empêché de dire que le lieutenant-gouverneur était un rouge tout chaud, que M. Mackenzie avait placé lieuténaut-gouverneur.
Q.—I1 vous disait que le meilléur gouvernement du peuple était une monarchie témpérée ?
R.—de ne me rappelle pas de ces chosés Jà.
Q.—Lorsqu'il compatait l'Assemblée Législativ * ‘in char et le
Conseil Législatif à un Brake, ne déclarait-il pas qu 4 mouvement
du char serait tempéré par la bruke ?
R.—II a dit que le Conseil Légialatit arrêterait la Chambre, si elle voulait passer des lois contraires aux lois et aux institutions divines, ou contraires à la religion, O'eet ce que j'ai compris d'après les explications qu’il a données.
Q.—Vous a-t-il dit alors, que le gouvernement de l'Eglise était aussi une monarchie tempérée ?
R.—Je ne me rappelle pas de cela,
RÉ-EXAMINÉ
Q.— Qu'est-ce que vous avez voulu dire, en réponse à une transquestion, en disant : il y a beaucoup d’autres choses que vous n’avez pas dites parcequ'on ne vous les a pas demandées ?
Objecté à cette quéstion comme illégats.
Objection maiutenue,
Et le déposant ne dit rien de plus.
ne EE papes ABS re es 2e
James $. Dixon,
Commerçant, de la ville, de Berthier, âgé de 48 ans.
Lequel, eto:, eto., dépose et dit ::
J'e'neisuis point. intéressé dans l'événement de,ce procès.
Q.--Pendant l'élection dont il est question en cette cause, en avril et mai 1878, mais avant la votation, avez-vous rencontré M. Charles Gravel, un électeur de la ville de Berthier, et qu'est-ce Li, vous a dit relativement à son vote à cette élection ?
KR.’ ai rencontré. M. Charles Gravel, la dernière semaine avant l'élection, après le dernier dimanche avant la votation. , On V'est mis à parler de l'élection et comme je le, connaissuis assez partisan de M. Sylvestre, je lui ai demaodé s'il votait pour nous autres; en parlant amicalement sur la question, M. Gravel m'a dit : (: M. Syl-
transn'avez
so, en ré M.
qu'il
avant
n ‘B'est rtisan
es; en
. Syl-
vestre et moi,nous sommes de grands amis,mais je ne peux pas voter
-pour lui, cela me fait beaucoup de peine ; je suis complètement. décidé, d'après de que j'ai entendu à la messe, hier ;: je ne puis pas -voter pour lui, d’après ma conscience”!
Q.— Vous at-il dit oe qu'il avait entendu à la messe, et qui avai: parlé de cela.?
R.—1I] ne m'a pas parlé de cela. : il, m'a seulement dit :, que c'était d'après ce qu'il avait entendu dire à l'église.”
Q.—A:til parlé de M le curé ?
Æ,—il a dit qu'il ne pouvuit pas fuire sa religion et voter pour M. Sylvestre, Moi, j'ai répété la chose naïvement, parceque je. considérais l'homme. très-hounête de.me répéter ces choses-là avant de voter. Nous étions des awis, M..Sylvestre et moi.
Q.—Paraissait-il vous dire la vérité, lorsqu'il vous a dit pole ?
R.—Très-certainement ; ça paraissait lui faire beaucoup .de
peine.
Q:— Vous êtes convainou qu il disait ta vérité 2 R.—Oui monsieur ; je le peuse bien, Et le déposant ne dit rien de plus,
Alexis Belisle,
Rentier, de la ville. de Berthier, âgé de 90 ans. Lequel, eto., eto,, dépose et dit :
J--ne suis poiut intéressé, dans l'évément de ce procès. | G.— Avez-vous voté à la dernière élection- de. #. Sd dont
‘il est question en oette cause ? |
R:r-Non, monsieur. TR : Q:— Pourquoi n'arez-vons ape t R —Pourquoi je u’ai pas voté ? je vais vous le dire; on ‘a murmuré que M. Sylvestre était devenu rouge, et on disait que les
” rouges viendraient à faire perdre la religion, et j'avais toujours woté pour lui tout le temps qu'il était en Chambre : j'ai connu cet
homme:là"bién plus ‘petit que mes petits enfants, et il était un
“homtne de religion, ua. honnête homme aussi bièn comme tout
autre, commé M.'Armstrong, pour qui j'ai voté tout le temps qu'il a été élu à Ste. Elizabeth; parceque dans: l'ancien temps, il n'y avait-pas toutes ces fépartitions-là 5 j'ai voté pour les Mousseau, pour M. de Jolictte de l'Industrie, et on ne parlait pas de cela ; mais à mesure que lé monde grandit, je crois qu'il grandit les paroles aussi et ils viendraient à être au-dessus de Dieu, c'est sécieux. Eh ! bien, toujours après avoir entendu dire ces choses-là il ÿ a M. Dostaler, le membre qui est venu chez nous, et qui voulait que je vins voter pour M. Robillard, j'ai dit : ‘non, je ne voterai poiar pour M. Robillard, ni pour Pierre, ni pour Jacques, parcequ'on dit qu’en votant pour les rouges, ça fait perdre la religion, on œurmure contre M. Sylvestre, mais moi je l'ai toujours connu comme un honnête homme, un gentilhomme, et bien d’autres que je connais aussi, et j'ai dit : ‘* moi, je ne vote plus, ni pour les rouges ni pour les bleus, je né vote plus ;” voilà ce que j'ai dit, un homme doit être solide il est maître de sa langue dès Lors qu'il se retient,
Q.——Par qui avez-vous ie dire cela, que les Rouges travaillaient contre la religion ?
R.—On murmurait que les prêtres parlaient de cela entre eux autres et qu'ils le repétaient en chaire ; eh ! bien, ça fait rester le monde tranquille ; pour moi toujours,
Q.—En allant à la wossa;- un jour,-aves-vous entendu dire cela par M. le curé, en chaire ?
R.—Oui, oui !: ék ‘éhaire, sans doute, lorsqu'il npetsit lui. même : ‘ah ! dit-il, il y en a qui vont dire que M. lo curé va trop loin, il répondait à cèlà ; il ne nous défendait pas de voter, mais ‘fl disait que ga viendrait à faire perdre la/réligion ; et noûs-auires, <onuait-on cela ? Un homme qui est à:la ‘tête d'une famille de
‘seize enfants, je n'étais pas pour courir en chambre pour saisir ce
qui se passait ; mais lorsqu'on'cst rende: là; on pout|metire ls cou.
toujours connu cet l'était un ame tout mps qu'il ps, il n'y Mousseau, s de oela ; randit les 1, c'est 86” hoses-là il zoulait que 1e voterai ues, parcereligion, on ours connu autres que ni pour les 4 j'ai dit, e dès lors
ouges tra-
entre eux it rester le
u dire cela
pétait lui- $ va trop roter, mais Düs-auires, famille de at saisir ce tre la cou.
PR tr, NU et ‘ # ê
verture qui sous plait, suivant moi :. mis est ce à nous. autres à
conduire tout celu ?
Q.—Si vous n'avies pas entendu dire si per monsieur curé, en chaire, pour qui aurics-vous voté ?
R-J'aurais voté toujours pour le même; dar je connaissais honnête homme, et je crois qu'il l'est eceore;: honnête
homme, . bien que. je ne lui aie.pns.reparlé depuis co tempslà ; 6 même, ça été ua homme qui avait une place dans l’église; j'aiété
gardien de l'église pendant asses longtemps, pendant huit uris, et il avait uo banc visä-vis là où on so mettait, nous autres: les
curés ne mentionnaient pas cela alors, iln'y:a rien que gs ed quel. ques années.
Le Défendeur décline de transquestionner.
Et le déposant ne dit rien de plus.
Pierre. Béliveau,
Obtamergens:st ultivatenr, de St Gabriel de. Brandon, âgé ; de 48
Loge etc., eto., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé daus l'évènement de 0e procès.
Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en.avril et mai 1878, éties-vous un électeur qualifié à voter. à cette élection ?
R.—Oui, monsieur.
Q.— Dans quelle paroisse résidien vous ?
: R.—A 8t Gabriel, de, Brandon.
Q.—Avesz-vouseu occasion de tie: ou de voir.le Déténdeur,
prie mené fetes
R.—Oui ; il.est venu chez moi,
HR PA Re a
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