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CHAPITRE III

LES QUINZE CONSTITUTIONS DU PEUPLE FRANÇAIS : PRÉLUDES DE LA SEIZIEME. — L*EUROPE ET l' AMÉRIQUE EN TRAVAIL DE CONSTITUTIONS ET DE RÉFORMES. MALAISE UNIVERSEL.

Poup intéresser un public comme le nôtre aux études politiques, à ce que nous oserons appeler science du gouvernement, la première condition est de secouer la poussière des vieux auteurs, de renoncer aux traditions d'école, de mettre entièrement de côté l'érudition pédantesque, le style officiel et académique. Quel Français ne bâille à ce seul mot de Droit constitutionnel^ Qui pourrait se résigner, aujourd'hui, à engloutir toute une bibliothèque de publicistes, s'appelassent-ils Bossuet, Montesquieu, J.-J. Rousseau, Mirabeau, J. deMaistre, de Bonald ou Chateaubriand? Nos pères, si l'histoire n'est pas menteuse, se passionnaient, en 89 et 93, pour ces

:natit»rr\s îrdues. il »sï .-rai me.es débats de la Consrir.ianu 1 . k* la L'-iisîativo. de .a Convention. ■"■*iiMiui-ni»-* rempéiuous.: 1 :es Mirabeau , des Maury. u-, " r rru'iiiaau. i«-î a. oespieire. iea manitestariuiis du peunie souverain, tout >:e drame sangiaiu .»t pas.-iiMiiie de .a Révolution, servant d'inîerprèt.» . soutenait L'aLt^iiLion . avivait les intelligences. Mais, moins de dix ans après la convocation î.îs Eî-us rv.iéraux. oîî prenait toute cette àtiënture en àësfoùc ; le pays criait en masse : Aia porte î...

Depuis, nous avons jeté aux orties cette philosophie d*:::i jour ; nous avons oublié jusqu'à notre catéchisme. Prolétaires et bourgeois sont aussi incapables aujourd'hui de répondre sur les institutions de leur pays, sur les principes du gouvernement et les conditions de la liberté, que sur les articles de la foi chrétienne. Pas {.lus d'instruction politique que d'instruction religieuse: ce qui ne nous empêche pas de juger à tort et à travers In conduite des gouvernements, la marche des États, le droit des nations; de régenter l'Europe et l'Amérique, et comme électeurs, une fois tous

les six ans, de faire acte de souverain, en nous donnant des mandataires. Il est vrai que notre mandat est signé en blanc.

Il faut changer de méthode. La science politique ne peut être, après tout, qu'une branche de la science sociale, une division de l'anthropologie, une section de l'histoire naturelle. Traitons-la donc en historiens naturalistes : nous y gagnerons, d'abord, de nous débarrasser de tous les vieux fatras ;' puis, de parler une langue claire, portant sa certitude en elle-même, et pouvant défier, par la rigueur de sa logique, toutes les subtilités du scepticisme. Dans ces conditions, la politique; ou l'histoire naturelle des États, pourra le disputer d'intérêt à l'histoire naturelle des bêtes.

Savez-vous, lecteur, combien, fepuis l'année fatidique de 1789, il a été proposé officiellement au peuple français, par ses fondés de pouvoirs, de constitutions? quinze. Sur ce nombre, douze ont été décrétées ou votées, dix mises à exécution; la dernière, plusieurs fois modifiée, est en pleine voie de métamorphose. Ces quinze constitutions,

dont vous vous souciez comme des neiges d'anlan, forment le corps de notre droit public ; c'est le dépôt sacré de nos libertés et de nos garanties, l'arche de nos institutions et de nos destinées. Rien de plus respectable sous notre soleil : c'est de cela que nous vivons politiquement; c'est par là que nous sommes comptés pour quelque chose. Otez cette base, il n'y a plus de France : le territoire français et ses habitants ne sont plus, comme les contrées sauvages du centre de l'Afrique, qu'une expression géographique ; ils ne forment point un État; ils cessent d'avoir place dans les cadres de la politique. Souffrez donc, pour l'importance de la chose, que je vous donne ici, par dates, la nomenclature de ces quinze constitutions,» chapitre premier de notre catéchisme politique.

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