ENTRECOUPÉS
Eh bien /..••• Pas possible, . • . Su • • .
Non. . . . Oui. . . . Moniteur. . .
Dans le cours de la journée , on rentre pour sortir de suite*
Qu apprend-on de nouveau ?
RIEN ; La nouvelle se confirme.
Qui Qoit-on dans les rues, sur les places publiques ?
Des Agens de police ;
Peu d'absolutistes (i).
Qu'entend-on ?
Autres mots entrecoupés.
Ministres. . . . Jésuites. . . . Le Roi. • . • // est trompé. . . Si. . Non. • . Oui. • • Ah ! . . • Nous verrons. . . •
li est minuit.
(t) Les Jésuites, novices et prêtres, se trouvaient si bien informes des coups d'Etat, que, ce mime jour, on les a vos, dès le matin, en redingoltes de couleur, et t n bottes.
(7*) L'incertitude agite ; Là douleur ne dort pas.
. L'heure sonne.
C'est le tocsin dans tous les cœurs Français.
Pakis y mardi 27. — // est cinq heures du matin.
Point de troupes dans les rues; morne silence.
// est g heures.
Troupes en mouvement, menaçant, brutalisant les passans. \
Saisie des presses d'imprimerie.
Irritation et indignation du peuple.
' Groupes nombreux , mais sans armes.
Point de cris , aux armes ; pas même contre les Ministres.
Seul cri : Vive la Charte !
11 est onze heures.
Groupes plus nombreux, et toujours sans armes.
' Il est trois heures.
Le sang coule ; les masses se réunissent spontanément ;
Vives résistances isolées dans la Ville, dans les Faubourgs , aux barrières.
// est nuit.
Les combattans se retirent.
Les citoyens veillent.
Avant et pendant la nuit les réverbères sont brisés; et, comme par enchantement, disparaissent, dans toutes les rues, les tableaux et emblèmes quelconques , ayant trait à la Maison des Bourbons.
PARIS : MERCREDI 28.—// est cinq heures du matin.
Les citoyens ont passé la nuit sur le seuil de leurs portes.
Sombre tranquillité !
Il est 9 heures.
On ne voit plus aucun emblème royal sur le devant des maisons et des édifices publics.
Nouvelle apparition de troupes , avec canons, mèches allumées.
Le bruit se répand que Paris est mis en état de siège.
Nouvelle et plus forte irritation.
Les masses se portent sur tous les points de la Ville et des Faubourgs, années, en partie , de vieux sabres. Elles s'organisent en un instant , partent et combattent avec des Chefs de leur choix.
// est 1 1 heures.
Point d'armes à feu»
Un cri s*êlèoe :
Nos ennemis en ont.
Plusieurs postes militaires sont enlevés et occupés par les citoyens. ^
Les troupes de mouvement attaquent , sont attaquées et repoussées.
Le sang a coulé de toutes parts.
Les citoyens de toutes les classes , amis de la Charte, ou ennemis du parjure, sont dans les rangs.
Bon nombre de citoyens, en tirailleurs , armés de fusils de chasse 9 sont embusqués de tous côtés, et font essuyer des pertes considérables & l'ennemi.
Il est* heurts après midî.
Des Citoyens recommandables par leur patriotisme (i), ont fait en vain des démarche pour concilier les intérêts du Pays , et arrêter l'effusion du sang.
Il est nuit,
Les combat tans se retirent.
Tous les Citoyens veillent sans cesse.
Les barricades ont commencé.
(1) M. Jrago, Membre de l'Institut, MM. J*<tffitte t Gérard, de Lobau , Casimir Perrier et Mauguin , Députés.
i 79 ) Elles s'achèvent pendant tQui& la nuit*
Paris , jeudi 29. — Il est 5 heures du matin.
L'Ennemi visite l'état des barricades ; ,
La connaissance qu'il en prend le déconcerte.
La Garde royale reçoit du. Roi. l'ordre de! se concentrer dans les cour et jardin du Château des Tuileries : elle avance dans la place du Carrousel, occupe avec du canon les, rues adjacentes, et prend position dans toutes les mai-? sons de la rue Saint-Honoré^ depuis le Palais-,
Royal, jusqu'à la rue de l'Echelle.
Dès le matin, les barricades sont consolidées et augmentées. ,
Pendant toute la nuit» on casse et on monte dès pavés dans les maisons. Les fermes, les, enfans sont au nombre des travailleurs.
Les masses se reforment ; .
Elles reprennent, leur organisation et leurs Chefs.
D'autres sont prêtes et se mettent en mouvement.
Les tirailleurs, armés de fusils de chasse, sont dans les rangs avec les masses.
Il s'en présente de tous côtés, en tirailleurs isolés.
On lie marche pas au feu; On y court. t
Cette fois, les femmes ne retiennent pas leurs maris, ni les pèresy leurs enfans.
Il est sept heures du matin»
Bientôt après, deux Pairs de France (i) ar rirent à F Etal- Major, place du Carrousel, où se trouvent réunis les Ministres.
Ils se rendent à St.»Cloud,en même temps que les Ministres»
Ces généreux Citoyens sont admis chez le RoL
Il s'agit notamment de révoquer les Ordonnances.
Le Roi hésite et paraît céder, uniquement pour éloigner le danger que court*, suivant lui,, un Membre de sa famille (2).
Définitivement , le Roi refuse (3).
(i) MM. de Sémonville et è'uirgout.
(2) Madame, la Dauphine était en route, revenant de» eaux de Vichy. . •'
(3) L'instruction publique du procès contre les derniers ministres du Roi Charles X, atteste ces faits.
- - C'est sans publication officielle » ultérieure » qo'ont ét« signées, avec la date. du 29 juillet, des Ordonnances. portant formation d'un nouveau Ministère et la révocation des Ordonnances du a5.
Ce n'est enfin, que, comme docomem historiques qoe
Faire appuyer par les armes la violation de la Charte et des lois;
Persister daBS cette résolution au milieu des dangers imminens et sur le bord du précipice que signalent au Roi des Citoyens dévoués ;
Quelle volonté malheureuse!
Quelle puissance du fanatisme religieux !
Quelles idées se former de la faction jésuitique et de son pouvoir absolu !
A 6 heures du matin , le feu commence rue St.-Honoré; feu terrible , lancé des fenêtres des maisons f par les troupes , et auquel le peuple riposte vivement*
C'est un feu continuel jusqu'à 2 heures après midi»
A une heure , les portes sont enfoncées , les
maisons escaladées.
<* es Ordonnances dn 29 ont été insérées dans te Bulletin •des lois (deuxième partie, pages 617, 618 et 619). (Note ad hoc % audit Bulletin).
Eïi i59{, H«Nai iv, devenu catholique, et aux portes de la Ville de Paris, dit naïvement et sans ironie, ejue Paris valait bien une MESSE.
Certes , en t83o , un tr&n b de France $ occupé , valait bien le renvoi des Ministres et la révocation des Ordonnances de Juillet; seules choses demandées et définitivement refusées»
De toutes parts , dans Paris y même attaque et même défense meurtrières.
Le palais du Roi est envahi.
Xa Charte et les lois ont triomphé.
Que de flots de sang !
La liberté reprend ses couleurs.
Le despotisme fait retraite arec la sienne.
Le drapeau blanc , teint de sang, n'est plus, pour l'armée , qu'un drapeau tricolore»
Le trône de Charles X, fortement ébranlé, tombe et s'écroule dans le sang du Peuple français (i),
Paris, vendredi 3o.
On compte les milliers de morts et ie blessés.
La Faction secrète contemple arec son cœur de fer, ses victimes , et abandonne le Roi.
Telle est la grande semaine, dont k gloire est due à F héroïque courage de la- population Parisienne , au nom de la France entière , et pendant laquelle , les propriétés , les personnes
(i) Des Régimeas (officiers et soldais ) n'ont pM *«rala tirer &ar leurs coaciloyeai.
et les opinions ont été respectées {i\ et a été unanime, te bon esprit ita&i&Sté par les Journalistes, dont les feuilles étaient, à grands frais, reproduite* su? ions te* mur? de fo Capitale.
(i) Le Peuple me sVeeope pas des Minutées, gtr*il aurait pu arrêter dans Pari*
Tons le» citoyen? combattras , ou non combattant, épargnent la vie à gramd «ombre des adversaires , et soi* fiient leurs blessures*
: Branlais et éuaagevs rivalisent poor prodiguer des se- *otm de toute espèce aux virâmes An despotisme.
Quelques jours après, l'honneur français, qui avait garde* respect à l'inviolabilité delà personne <d« Roi , ve loi garde fidèlement jusqu'à Qherhourg, oîfc il j'embarque ■avec sa famille.
Dana ce voyage, les Commissaires. étaient : MM- le Maréchal Maison, de Schonen tlOdlHonr-liarrot.
On ne récompense pas les 4étits,4>n leforimes. 1 Mais les belles actions ont droit à la reconnaissance de la Patrie.
■'■ Bans toute la France, et même H'étranfeer, des dons ' sont offerts ans victimes 1 dans ces bèrdïquaè journées de 4«îlK'l.
Uoe loi leur a voté des pensions et des secours, en y comprenantleurs veuves , "leurs entahs* et pirens; . ,. Jjtofe^rrastation (h»rs de Pari*}d* quatre des derniers Ministres de Charles X; leur Procès, et Arrêt de la Cour des Pairs. {V. cet Arrêt, n .*, 4es Jocumens historiques.)