‹ Contre-Indications de la Chirurgie ConservatriceChapitre 13 sur 34 · HAT · texte numérisé non relu

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que souvent la réunion par première intention ne s'effectue pas et que la suppuration s'établit dans la plupart des cas. Il n’est pas moins vrai cependant que cette suppuration est moins abondante et qu'ici les pansements antiseptiques, de Lister, par exemple, ou ouatés d’Alphonse Guérin, sont plus faciles à appliquer que lorsqu'il s’agit de protéger un membre entier.

Par la temporisation on voit des malades devenir hectiques, et alors pour guérir une plaie qui ne veut pas se fermer, une fracture comminutive avec esquilles, qui ne veut pas se consolider, un ulcère qui, après avoir rongé les parties molles, s’attaque aux os et poursuit son chemin malgré les cautérisations de toutes sortes, une suppuration qui devient fétide et d’une abondance extrême, on se voit souvent obligé de recourir à l’amputation qu’on avait différée dans l’espoir d’un meilleur résultat. Mais alors cette amputation est-elle pratiquée dans les conditions favorables qui se présentaient au début ? Non, à mon avis. Car le malade, affaibli par toutes les causes que j'énumérais tout à l'heure, ne peut plus.faire les frais d'un nouveau travail réparateur, et bien souvent lamputation secondaire n’est que la dernière étape du blessé vers une issue fatale.

Se basant sur les résultats ainsi obtenus, la chirurgie conservatrice a établi des statistiques de succès ou de mort dans lesquelles tous les éléments ne sont pas pesés avec la même impartialité, et, voyant que les amputations secondaires ne donnaient que peu d’heureux résultats, elle a avancé d’une manière générale, que les opérations causaient plus de morts que la chirurgie conservatrice. C’est une erreur ; la façon dont je viens d'examiner les choses doit faire comprendre la différence de la marche suivie, qui entraîne fatalement une différence dans les résultats.

A ce propos, je citerai ce passage d’une thèse soutenue à Paris par le docteur Mareschal, où ce chirurgien, s’appuyant sur l'autorité

de Spillmann, présente d’une autre façon la différence des résultats

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obtenus. « Spillmann fait observer avec beaucoup de raison, suivant nous, dit Mareschal, qu’il se fait une déplorable confusion lorsque l’on compare les résultats de la chirurgie conservatrice à ceux de la chirurgie éliminatrice. D’ordinaire, en effet, on ne met que deux faits en balance : la mortalité succédant aux essais de conservation, et celle qui suit l’ensemble des amputations. Aujourd’hui, l’on admet généralement que les opérations primitives réussissent souvent mieux que les secondaires. Or, ces dernières ne sont exécutées qu'après l'échec avéré des essais de conservation. Dès lors, quand, par une opération secondaire sur le membre, on obtient des résultats plus fâcheux que par une opération primitive, il est juste de mettre l'excédent de la mortalité de l’opération secondaire à la charge de la chirurgie conservatrice, puisque l'obligation de cette amputation vient précisément de l’insuccès des tentatives de conservation. » (Fractures par coups de feu, Thèse de Mareschal, Paris, 1868). , .

Je n’ajouterai rien à cette critique, et de tout ce paragraphe je conclurai qu’il y a avantage, quand l'indication s’en présente, à soustraire le malade, par une opération immédiate, à toutes les complications qui, chacun le sait, augmentent dans une grande proportion la mortalité des blessés, plutôt que de le laisser s’affai-

blir et courir à une mort que la gravité du traumatisme rend parfois si probable.

Je n’ai pas parlé de l’érysipèle, je n’en dirai que quelques mots. C’est encore un des accidents qui s’attaquent fréquemment aux grandes plaies. Je l'ai vu plusieurs fois amener une issue funeste, malgré l’amputation pratiquée loin du point envahi, et je connais des hôpitaux qui n’ont pas, quand ce genre de complication se présente, de salles distinctes pour pouvoir séparer les malades érysipélateux de ceux qui ne sont pas encore atteints. Dans ces conditions, quel ne doit pas être l’effroi du chirurgien quand il a à craindre la

contagion de cette affection pour les blessés nombreux qu'il a en

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traitement ; et quelle hâte ne doit-il pas avoir de les voir guérir rapidement et sortür d’un hôpital qui devient un foyer pestiféré et

mortel.

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