EE
Si l’observation rapporte exactement les deux opérations subies par Barbu, ce qu’elle ne dit pas, ce sont les souffrances intolérables de ce malheureux, les cris et les supplications déchirantes qu’il nous adressait quand nous le pansions. Combien de fois n’a-t-il pas réclamé l’amputation jusqu’au jour où sa tentative de suicide nous y obligea? Mais, au lieu de lui couper la cuisse au lieu d’élection, pour économiser ® à 6 centimètres de fémur, on le laissa exposé à une seconde opération. Un appareil prothétique pouvait s’appliquer aussi bien, même mieux, dans le second cas que dans le premier. ‘Pour en arriver à la seconde intervention, le malade a subi toutes ces complications, qui ont retardé sa guérison et l’ont obligé à un séjour de sept mois et demi à l’hôpital, sans compter les huit mois de souffrances endurées au Sénégal. Ici, la temporisation devait être absolument exclue et l’amputation était, malgré la faiblesse du malade, la seule ressource qu’il eût de revenir à la vie, et qui lui permiît de faire dans le moins de temps possible les frais de répara-
tion qui l’épuisèrent pendant si longtemps en pure perte.