SA DIVISION
Je n’entreprendrai pas ici l’histoire de la Chirurgie, ni son éloge, je ne saurais que rééditer des choses bien connues déjà et partout vantées. Confondue depuis Hippocrate jusqu’en l’an mil, sous le nom de Science de la médecine, elle n’avait pas encore cette dualité qui, de l’an mil jusque vers le xvire siècle, suscita tant de querelles et de rivalités. A cette époque, le même homme était à la fois médecin et chirurgien. Ce n’était pas encore, il est vrai, cette chirurgie telle que nous la comprenons aujourd’hui, où celui qui la pratique doit être tout à la fois un homme de science et un artiste ; mais c'était une connaissance déjà approfondie de toutes les maladies externes, aidée de l’emploi des instruments. Exercée tantôt par des hommes qui en faisaient leur unique profession, tantôt par des clercs et souvent par des prêtres, elle savait toujours soulager l’humanité et donner des résultats souvent merveilleux pour l’époque relativement barbare où elle vivait.
À partir de l’an mil, une scission s'opère parmi ceux qui s’occupent de l’art de guérir, et l’on voit naître la médecine pure, méprisant et laissant de côté la chirurgie, qui reste confiée aux mains des. barbiers. Médecins et chirurgiens, cependant jaloux les uns et les. autres de tenir la première place, luttent pour l'obtenir, et, comprenant bien que l’érudition seule leur donnera la priorité, ils se mettent à fouiller le corps humain et font des associations, dont la plus importante, la Confrérie de Saint-Côme, permet à la chirurgie de redresser la tête et de sortir des ténèbres profondes où la médecine l'avait confinée à dessein.
Je ne poursuivrai pas l’exposé de ces débats, qui semblent devoir