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se terminer vers 1731, époque à laquelle paraît l’Académie de chirurgie, dont Mareschal fut le président, etun peu plus tard, en 1776, l’Académie royale de médecine. Les guerres de la République renversent tout ; mais, après la guerre, médecins et chirurgiens reparaissent à l'horizon. Ils luttent encore quelque temps pour reconnaître enfin qu’ils ne peuvent vivre les uns sans les autres. A partir de ce moment, l'accord est fait et, toute lutte intestine étant éteinte, chacun se met au travail pour le plus grand bien de l’humanité. Notre siècle voit alors la chirurgie prendre un rapide essor et devenir cette science brillante dont les audaces et les succès ne se comptent plus.
Mais si la dualité avait cherché à s’établir entre la médecine et la chirurgie, dans cette dernière branche elle-même deux écoles se font jour : l’une veut opérer partout et toujours, n’attendant d’heureux résultats que de l’emploi du scalpel et du bistouri: c’est la chirurgie radicale ; l’autre, au contraire, cherche à conserver le plus possible, attendant de la thérapeutique et du temps des succès bien plus nombreux que de l'emploi des instruments.
Aujourd’hui encore, ces deux écoles ont leurs partisans. Laquelle vaut le mieux? Je ne saurai m’avancer au point de résoudre la question d’une manière absolue. « Après la bataille de Fontenoy, l’Académie de médecine mit à l’ordre du jour cette grave question : Lorsqu'un traumatisme impose le sacrifice d'un membre, fautil recourir à l'amputation immédiate ou à l'amputation secondaîre ? Suivant les traces de Bilguer, quoique d’une manière moins exclusive, Faure, dont le mémoire fut couronné, se déclara pour cette dernière; Boucher, au contraire, préconise l’amputation immédiate, qui finit par prévaloir. Ce problème complexe a été soumis depuis à de nouveaux examens, en tenant compte de tous ses éléments. La doctrine de Boucher a été adoptée ; mais on détermine les circonstances spéciales qui réclament la temporisation. (Diction-
naîre des Sciences médicales ; art. Chirurgie, de Boyer).
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Je suis loin de nier les avantages de la chirurgie conservatrice : je reconnais avec tout le monde que dans bien des cas, elle a donné les résultats les plus heureux, et je serai le premier à y recourir, étant placé dans les circonstances convenables et que je juge indispensables pour la pratiquer. Quelle gloire, en effet, n’y a-t-il pas à conserver un membre dont le malade avait déjà fait le sacrifice en s’exagérant l’importance de la lésion? A ce titre, la chirurgie conservatrice mérite donc nos éloges et doit être recherchée chaque fois qu’on en a la possibilité. Mais dans combien de cas aussi, voulant user de temporisation, n’a-t-on pas lieu de s’en repentir, soit en immobilisant les malades à hôpital pendant un temps indéfini, pour en arriver à l'opération radicale, qui les aurait guéris en quelques jours, soit en se laissant surprendre par une issue funeste, qu’on n’a même plus la facilité d’enrayer quand le malade est arrivé à un trop grand état de faiblesse ? Je ne veux parler ici que des Opérations qui se pratiquent sur les membres et ne point m’attaquer aux cures des organes internes. Et à ce point de vue même, je me hâterai de faire une distinction entre les membres supérieurs et les membres inférieurs, dont les fonctions et les usages sont loin d’être les mêmes ; je ne saurais mieux faire à ce propos, pour différencier le genre d'opération à pratiquer et l'avantage de la temporisation pour tel ou tel cas, que de m’appuyer sur la physiologie et le fonctionnement des membres. C’est ce dont je vais m'occuper dans le
paragraphe suivant.