Ch. Gide, loc. cit
42 CONTUE L'ALCOOLISME
besoin. — Dans l'année qui suit la promulgation de la nouvelle liberté, il s'ouvre plus de 10.000 débits1, Paris non compris2. — Apparemment, beaucoup de ces nouveaux débitants ont trop présumé de leurs ressources ou ils ont mal choisi leur terrain, car, l'année d'après, 5.000 d'entre eux ferment boutique1'. Mais l'année suivante, la poussée reprend, l'expérience a profité, des capitaux plus importants ont été réunis, et il s'ouvre. Paris toujours non compris, plus de 22.000 débits'. Il ne s'en était ouvert que 14.000 pendant les vingt années de l'Empire5. — A présent, le mouvement est bien parti, il ne s'arrêtera plus; l'alcool excite la soif, l'absintlie vient à la rescousse, le petit verre appelle le petit verre. — En six ans, dans le seul département du Nord, 8.000 débits de plus6. Dans le Lot:et-Garonne, en cinq ans, doublement du nombre des débits. Pendant les dix premières années de la loi, 56.000 débits nouveaux7; pendant la deuxième décade, 22.000 8, Paris toujours non-
1 Exactement 10.960 (de 356.863 à 367.823).
2. Les débitants parisiens, n'étant pas assujettis à la licence avant la loi du 29 décembre 1900, ne figurent point dans les statistiques antérieures à 1901.
S. 5.236 (de 367.823 à 362.587).