‹ Contre l'alcoolismeChapitre 25 sur 125 · Jbid · texte numérisé non relu

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' Tels qu'ils sont, limités à la consommation taxée, qui est loin d'être, comme on vient de voir, toute la consommation de l'alcool, les chiffres des statistiques du Ministère des Finances sont d'une éloquence terrible. Il n'y a pas de sophisme qui puisse prévaloir contre la constatation que, de 1876 à 1900, pendant que le nombre de débits s'élevait, hors Paris, de 346 à 435.000, la consommation de l'alcool passait d'un million à 1 million 700.000 hectolitres et la quotité moyenne par habitant, de 2 litres 71 à 4 litres 66. Malgré le fléchissement, dont nous avons montré les causes particulières, pendant la période de 1901 à 1907, nous restons, en 1909, avec la Belgique, le pays le plus alcoolisé du monde. En quarante ans, le nombre des débits s'est accru de plus de 24 % . A 3 litres 44, où elle est offi-

ciellement1, sinon effectivement descendue, la consommation moyenne reste supérieure d'un litre à celle de l'Angleterre, de deux litres à celles de la Norvège et de la Suisse.

Quelque familier qu'on soit avec les chiffres, on se représente difficilement 1 à 2 millions d'hectolitres d'alcool. — Il s'agit, comme on sait, d'alcool pur, puisque la régie tient ses écritures en alcool idéal à 100 degrés qui n'existe pas dans le commerce. L'eau-de-vie livrée au commerce pèse de 38 à 45, en moyenne 40 degrés. Quand on lit dans les statistiques que la consommation moyenne de l'alcool par habitant est, par exemple, de 4 litres 56, cela veut dire que 11 litres 40 d'eau-de-vie entrent réellement dans l'estomac des consommateurs2. 1.300.000 hectolitres d'alcool pur, qui ont été consommés en 1905, font 3 millions et demi d'hectolitres à 40 degrés, soit 350 millions de bouteilles d'un litre. — La distance de Paris à Châlons est de 175 kilomètres. Imaginez la route bordée des deux côtés par 10 files compactes, continues, de bouteilles à raison de 50 bouteilles par mètre surchaque

1. En faisant entrer en ligne de compte la consommation en franchise, évaluée, pour 1905, à 120.000 hectolitres, chez les bouilleurs, il faudrait augmenter la quotité moyenne de 30 centilitres. (Note du Ministère des Finances.)

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