Pouchet, Leçons de pharmacodynamie, 2e série, p
le sang se porte à la peau et s'y refroidit au contact de l'air. — Pendant que se produit ce premier refroidissement, le buveur éprouve une vive sensation qu'il croit être une sensation de chaleur. L'alcool, dit-il, réchauffe. En effet, il y a poussée de chaleur vers les muqueuses, mais, au même instant, la température interne s'est abaissée, parfois d'un degré, pour descendre, dans l'ivresse profonde, au-dessous de 30 degrés centigrades1, et, si l'on met un thermomètre sous l'aisselle, le refroidissement s'y marque aussitôt. A force de se persuader que l'alcool lui donne chaud, l'alcoolisé ne s'apercevra pas que s° sensibilité thermique s'émousse «n même temps que sa sensibilité tactile et, ne sentant pas le froid, il ne cherc.iora nas à s'y soustraire et à réagir2.
Car c'est l'un des caractères propres de l'alcool qu'il ment toujours; toutes hs parties de l'organisme qu'il envahit sont convaincues, si l'on peut dire, qu'il poursuit la besogne exactement contraire à celle qu'il accomplit réellement, et cette illusion est d'autant plus dangereuse qu'il a commencé par produire un premier effet, parfois « quasi-mécanique », qui confirme ou semble con-