Code pénal, art
vations partielles, faites presque au hasard, avaient conduit depuis longtemps à penser que l'influence de l'alcoolisme doit s'exercer principalement sur la criminalité impulsive, brutalité immorale ou violence cupide ou meurtrière. En effet, l'homme en puissance d'alcool est sans empire sur lui-même; « en dehors des épisodes délirants », sa volonté et son sens moral ont été atteints beaucoup plus profondément que son intelligence1; il y a, chez lui, tout à la fois anesthésie morale et aboulie ; cette machine sans frein roule au hasard; incapable de se détourner, elle se jettera sur le premier obstacle qui barre sa route, l'enfoncera en se brisant elle-même. On rencontrera donc un plus grand nombre d'alcooliques dans les crimes et les délits dont l'accomplissement réclame moins de réflexion et d'astuce que d'emportement et de violence.
C'est ce qui était résulté notamment des fameuses observations du greffier Marambat à la prison de Sainte-Pélagie2. Sur cent détenus, plus de la moitié des condamnés pour meurtre, viol, attentat à la pudeur, plus des trois quarts des condamnés pour coups et blessures, rébellion contre les agents de la force publique, les deux tiers des