Guernès, L'alcoolisme et la criminalité
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récidivistes, étaient des alcooliques invétérés. Les enquêtes de Lang, de Baër, de Bosco avaient donné des conclusions analogues pour l'Ail. magne, l'Autriche, la Suisse, la Hollande et les États-Unis. Ce n'étaient là toutefois que decoups de sonde, jetés dans un petit nombre de prisons par des criminalistes et des médecins. La valeur « crimogèné » de l'alcool, selon l'expressive formule de Legrain2, n'était pas contestable, mais elle restait imprécise parce que les observations n'avaient eu pour objet qu'un nombre trop restreint d'individus.
L'accroissement incessant, presque régulier, de la criminalité de sang depuis quelques années, la nécessité d'en déterminer les causes, amenèrent le Ministère de la Justice à ordonner, en 1906, l'enquête générale qui confirma ces premières expériences.
Une partie de l'opinion s'était persuadée que, si la criminalité augmentait, il fallait l'attribuer à l'indulgence des jurys, qui ne prononçaient plus que de rares condamnations à mort, et à la répugnance des chefs de l'État à laisser, même dans ces